[CRITIQUE] : Him (G.O.A.T)
Réalisateur : Justin Tipping
Avec : Tyriq Withers, Marlon Wayans, Julia Fox,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h36min.
Synopsis :
Un jeune athlète prometteur est invité à s'entraîner avec la star d'une équipe bientôt à la retraite.
Assez ironique - où tragique, c'est selon - que de voir deux films tels que Ella McCay de James L. Brooks et Him (G.O.A.T. pendant un temps en France... shame on us) de Justin Tipping, dont les sorties en salles ont été annulées par leurs distributeurs, à la suite de critiques assassines outre-Atlantique (et de résultats au box-office pas forcément fifous, aussi), être bazardés dans l'hexagone en même temps, avec à peine vingt-quatre heures d'intervalles.
Mais si le dernier Brooks n'aura sans doute pas les honneurs d'une exploitation physique (il a été catapulté directement sur Disney Plus), Him peut au moins se targuer d'être un hypothétique objet de collection pour quiconque avait vu son intérêt un minimum titillé, par ce qui était promis comme un morceau de cinéma horrifico-psychologique esthétiquement ambitieux, flanqué dans l'univers du football américain professionnel et avec pour figure tutélaire, un Jordan Peele pas toujours finaud côté production (pensez les inégaux - mais loin detre inintéressants - Candyman de Nia DaCosta et Wendell & Wild d'Henry Selick).
![]() |
| Copyright 2025 Universal Studios |
Et sur le papier, on ne pouvait pas faire plus Peele-accurate : une plongée expérimentale dans les arcanes d'un microcosme friqué et opaque assez rarement abordé sur grand écran (L'Enfer du dimanche n'a pas tant fait de petits que cela), enrobé dans un récit initiatique tortueux au propos politique affirmé (la toxicité des rapports de pouvoir dans la société américaine, la violence inhérente d'une nation née dans le sang,...), cloué aux basques d'un jeune quarterback annoncé comme le plus talentueux et prometteur de l'histoire, qui va avoir le malheur de vouloir côtoyer au plus près son idole.
Mais quelque chose cloche vite dans ce symbolisme de façade pourtant séduisant dans ces premières séquences (qui installe, sans trop de heurts, toutes les pièces d'un puzzle en apparence solide), dans cette tentative maladroite de nouer le faste artificiel comme la brutalité du sport le plus populaire du pays de l'oncle Sam (dont il trouve le moyen de barder sa peinture de quelques incohérences assez folles), à la violence historique et inhérente de toute une nation, au coeur d'une structure textuelle et métatextuelle qui n'ouvre nullement la porte à la réflexion (à la différence du cinéma de Peele, justement), mais joue pleinement la carte d'une surenchère sensorielle affreusement confuse que ne relève ni une écriture affreusement didactique, ni une mise en scène tape-à-l'oeil (même si certains plans marquent la rétine, à mettre au crédit de la belle photographie de Kira Kelly), et encore moins les performances pourtant investies de Tyriq Withers et Marlon Wayans.
![]() |
| Copyright 2025 Universal Studios |
Cherchant à choquer psychologiquement son auditoire sans jamais donner de corps ni de profondeur autant à ses incursions dans l'horreur pure (du body horror faiblard as hell), qu'à ses parallèles historiques (même sa critique du système, est cruellement inconsistante en comparaison à la pépite d'Oliver Stone citée plus haut) et encore moins à ses références religieuses (familières et mal amenées), Him, à l'image de son bain de sang final gratuit et amorphe, est l'exemple parfait du film de genre décousu qui ne croit ni en l'horreur qu'il compose, et encore moins à ce qu'il cherche à délivrer à son auditoire.
Une grosse déception.
Jonathan Chevrier



.jpg)




