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[CRITIQUE] : Marsupilami


Réalisateur : Philippe Lacheau
Acteurs : Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Tarek Boudali, Julien Arruti, Corentin Guillot, Jamel Debbouze, Alban Ivanov, Jean Reno,...
Distributeur : Pathé Films
Budget : -
Genre : Aventure, Comédie, Famille.
Nationalité : Français.
Durée : 1h39min.

Synopsis :
Pour sauver son emploi, David accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess, son fils Léo, et son collègue Stéphane, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos !
La bande à Fifi est de retour et elle s’est fait un nouveau copain…





Il est toujours aisé de tirer sur l'ambulance de la comédie française, surtout quand celle-ci prend les contours d'un bus britannique au rouge criard avec un gros aimant à balles sur son toit, et qu'elle s'échine à ne pas bouger d'un iota pour que toutes les critiques faciles et autres haters sans réflexions poussées, puissent vider leurs chargeurs - la quasi-totalité du temps à blanc.
Pourtant, force est d'admettre que toutes les productions de la Bande à Fifi, enfin surtout celles chapeautées par Philippe Lacheau (disons simplement que Tarek Boudali est résolument moins doué que son comparse), réservent toutes plus où moins leurs lots de rires bien gras et plutôt fédérateurs, en bons divertissements régressifs qu'ils sont - et qui ne mentent jamais sur la marchandise.

Mieux, avec un chéquier un peu plus fourni, ils font même preuve parfois d'une ambition étonnante (que ce soit Nicky Larson où  Super-Héros malgré lui qui, mine de rien, suivait sans trop boîter le sillon creusé par l'excellent Vincent n'a pas d'écailles et le moins défendable Comment je suis devenu super-héros, dans le giron du film de super-héros made in France), qui nous rappellerait presque aux bons souvenirs de leurs vignettes bricolées et pleine d'inventivité de leur période Canal.
Les voir s'attaquer cette fois frontalement au roi Chabat (en attendant un futur film Astérix ?), avec un film Marsupilami quatorze ans après le pas fifou - restons poli - Sur la piste du Marsupilami, avait quelque chose d'assez intriguant sur le papier (présence de Jamel Debbouze comprise, histoire de faire le lien entre les deux péloches), quand bien même il était évident que comme pour son aventure super-héroïque, la popote qu'il composerait serait hautement familière.

Copyright Christophe Brachet / 2026 PATHÉ FILMS - BAF PROD - TF1 FILMS PRODUCTION - ARTEMIS PRODUCTIONS

Soit une sorte de cocktail entre le divertissement popcorn dans sa forme la plus contemporaine (nostalgique et - excessivement - référencé au cinéma US et à la pop culture, mais avec, paradoxalement, une vraie identité française) et la sauce Fifi, un film de potes volontairement régressif et brouillon - voire prétexte -, avec un humour sensiblement ciblé sous la ceinture.
Contre toute attente, la limonade fonctionne plutôt bien tant elle est totalement assumée jusque dans ses travers (surtout potaches), simili rip-off bien luné de E.T. bordélique mais attachant qui redonne un peu de couleurs tachetées à une comédie populaire qui s'interdit de divertir avec ambition.

Sans prétention autre que de faire rire, Lacheau, pas manchot ni paresseux (qui verra le film comprendra... et aura aussi la référence à Zootopie) caméra au poing, commence gentiment mais sûrement à se rapprocher des divertissements made in Happy Madison (après tout, Épouse-moi mon pote était un pompage mignon de Quand Chuck rencontre Larry) : du film de potes turbo-débile, burlesque et inoffensif qui enchaîne tête baissée les gags (pas toujours réussis, certes) avec une gourmandise folle, et qui s'avère joliment réconfortante dans sa stupidité comme sa nostalgie - référencée - totalement assumée.
Et pour les amoureux du Sandman que nous sommes, ce n'est pas un petit compliment...


Jonathan Chevrier