[CRITIQUE] : Reconnu Coupable
Réalisateur : Timur Bekmambetov
Acteurs : Chris Pratt, Rebecca Ferguson, Annabelle Wallis, Kylie Rogers,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Action, Drame, Science-fiction, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min
Synopsis :
Dans un futur proche, un détective est accusé du meurtre de sa femme. Jugé par une intelligence artificielle ultra-performante, qu'il a lui-même contribué à mettre en place, il n'a que 90 minutes pour prouver son innocence... avant qu'elle ne scelle son sort.
Que peut-on attendre d'un film de Timur Bekmambetov en 2026 ?
Vous avez quatre heures... en fait non, deux secondes : pas grand chose, comme en 2008.
Blague à part, il y avait tout de même une certaine curiosité malsaine à l'idée de voir un Chris Pratt habitué aux bousins science-fictionnels hors Marvel (c'est paradoxal mais oui, heureusement que le MCU est là pour lui), mais surtout une Rebecca Ferguson qu'on aurait aimé retrouver ailleurs (faut payer ses impôts, après tout), crapahuter devant la caméra frénétique d'un cinéaste qui a toujours pensé son cinéma plus divertissant qu'il ne l'est (même si l'absurdité folle qui s'en dégage, vaut parfois son maigre pesant de pop-corn), pour un projet qui cherche maladroitement à s'inscrire dans l'ombre imposante de Minority Report - à la lisière du rip-off mal luné - avec un doigt de Judge Dredd, du Fugitif et de Searching.
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| Copyright Amazon MGM/Sony Pictures Releasing France |
Soit Reconnu Coupable donc qui, sur le papier, avait la volonté plus que louable de chercher à composer un thriller dystopico-cybernétique explorant les dangers de l'essor de l'intelligence artificielle, avec toutes les angoisses contemporaines et les maladresses d'une humanité n'ayant pas conscience de sacrifier le peu de droits/libertés qui lui reste, pour un sentiment artificiel de sécurité - plus actuel, tu meurs.
Mais demander un tant soit peu de moelle substantielle et de profondeur politique au papa de Day Watch, est de ces petits miracles que même le père Noël n'a pas au fin fond de sa besace, quand bien même le Timur tente de booster l'aspect le plus rebutant concept (imaginez mater un film avec Chris Pratt le cul vissé sur une chaise pendant 95% du temps), en enchaînant mignon les courses-poursuites, les fusillades et autres révélations faussement surprenantes (le tout excessivement mal cadré), pour tenter de maintenir un minimum l'intérêt d'un spectateur déjà largué au virage du premier quart d'heure.
Tout du long, on reste cloué aux basques d'un flic alcoolique plus où moins repenti impliqué malgré lui dans un programme judiciaire expérimental - Mercy Capital - qui voit l'accusé être immobilisé sur une chaise et présenté devant un juge IA, avec 90 minutes et pas une de plus pour prouver son innocence, avec un pannel de joker digne de Qui veut gagner des millions ? (tout un cloud de vidéos surveillances, appel à un ami,...).
Son crime : le meurtre de sa femme qu'il n'a, évidemment, pas commis et s'il parvient à réduire sa probabilité de culpabilité à moins de 92 %, il est acquitté sinon, dans le cas contraire, il est exécuté sur le champ...
De pas dégueulasse, Mercy en VO (pourquoi s'emmerder ?) vire très vite sur la voie du divertissement insignifiant et plus réac qu'il n'en a l'air, en ne dépassant jamais la superficialité lisse de son concept de départ : jamais il n'aborde les notions tortueuses du libre arbitre comme de la volonté trouble d'une humanité prête à tout sacrifier pour une société vendue comme plus juste et sécuritaire, tout en ne questionnant même pas la potentielle pertinence d'une justice laissée aux mains virtuelle de l'intelligence artificielle (plus prompt à aggraver les choses qu'à les améliorer).
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Tout est abordé sans la moindre profondeur et encore moins la moindre envie, à l'image même des partitions sans âme de son duo vedette (qui ont tournés leurs scènes séparément... et ça se sent), notamment un Pratt acculé qui ne dégage ni tension ni colère malgré sa situation plutôt corsée (un flic littéralement au bord du gouffre, endeuillé et sur le point d'être exécuté).
Plat, prévisible et sous influences (il semble tout droit sorti des 90s, et de la pire maniere qui soit), Reconnu Coupable comme Timur Bekmambetov nous intime à ne jamais juger autrui sur des apparences : c'est con, on avait tout juste sur son film avant même de l'avoir vu...
Jonathan Chevrier



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