[CRITIQUE] : Ce qu'il reste de nous
Réalisatrice : Cherien Dabis
Avec : Saleh Bakri, Cherien Dabis, Adam Bakri, Maria Zreik,...
Distributeur : Nour Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Allemand, Chypriote, Palestinien, Américain, Jordanien, Émirati.
Durée : 2h25min.
Synopsis :
De 1948 à nos jours, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où Histoire et intime se rencontrent.
Depuis un an et demi, et les attentats du 7 octobre, le génocide en Palestine fait les gros titres. Mais cette tragédie date de bien plus loin. Si pour nous, occidentaux, ces sujets semblent récents, pour les Palestiniens du monde entier, cela fait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et avec les années, les traumatismes et les horreurs se transmettent de génération en génération. C’est ce qu’essaie de représenter Cherien Dabis dans Ce qu’il reste de nous.
De 1948 à 2022, la réalisatrice américaine, née en Ohio d’un père palestinien et d’une mère jordanienne, retrace la vie d’une famille qui s’est vu être dépossédée de ses terres et contraint à l'exil par les occupants. Dabis s’inspire du récit de sa propre famille pour son récit. La réalisatrice s’attarde à raconter la grande histoire de ce conflit à travers la petite histoire de cette famille. Sans jamais tomber dans le pathos, et tout en sobriété, elle filme magnifiquement les instants d’allégresse et de joie, mais aussi les horreurs.
Mais, devant ce genre d'œuvre, une question se pose : comment retranscrire la peur constante de ces populations vivant sous les bombardements, prêts à voir leur vie basculer à chaque instant ? Dabis a trouvé une astuce de mise en scène très simple ; appuyer sur la soudaineté des catastrophes à chaque instant. Dans les premières minutes du film, on assiste à plusieurs scènes joyeuses entre la famille qui se trouve interrompue en un instant, sans aucune annonce, par une explosion ou des coups de feu. Et tout au long du film, elle va réutiliser ce processus, que ce soit dans la mise en scène, mais aussi dans le scénario. Des longues séquences de bonheur qui se terminent par une tragédie. Le spectateur se retrouve à avoir constamment peur pour le destin des personnages et à être surpris par le déroulé de chaque séquence. Une peur qui est présente dans chaque plan, chaque scène. Dabis compose ses images en mélangeant tout le temps l’espoir et la beauté des populations avec les horreurs de la guerre.
Avec Ce qu’il reste de nous, Cherien Dabis s’intéresse ainsi à la mémoire des populations en guerre depuis plusieurs générations, à comment ces familles se construisent autour de ce conflit et aux conséquences que cela peut avoir. Est-il sain pour la famille de rester “bloqué” dans le passé, se battre pour préserver sa mémoire ? Et à l’inverse, comment est-il possible d’oublier ce passé, et ce qui a été perdu ? Elle met en conflit des générations et des façons différentes de penser ces questions, mais sans figer ses visions.
La réalisatrice explore aussi de nombreuses autres interrogations philosophiques notamment sur les rapports entre les populations et si elles peuvent vraiment vivre ensemble. Peuvent-elles se pardonner et avancer ensemble ? Elle souligne les contradictions et dilemmes que chacune et chacun peuvent vivre dans ce genre de situation.
Fresque historique où la grande et la petite histoire se mêlent, Ce qu’il reste de nous est avant tout un récit touchant et bouleversant d’une famille ayant vécu la guerre sur plusieurs générations. Une famille portant les espoirs, les peines, et les blessures d’un peuple qui a été dépossédé de son histoire et de sa voix.
Livio Lonardi
Avec : Saleh Bakri, Cherien Dabis, Adam Bakri, Maria Zreik,...
Distributeur : Nour Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Allemand, Chypriote, Palestinien, Américain, Jordanien, Émirati.
Durée : 2h25min.
Synopsis :
De 1948 à nos jours, trois générations d’une famille palestinienne portent les espoirs et les blessures d’un peuple. Une fresque où Histoire et intime se rencontrent.
Depuis un an et demi, et les attentats du 7 octobre, le génocide en Palestine fait les gros titres. Mais cette tragédie date de bien plus loin. Si pour nous, occidentaux, ces sujets semblent récents, pour les Palestiniens du monde entier, cela fait depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et avec les années, les traumatismes et les horreurs se transmettent de génération en génération. C’est ce qu’essaie de représenter Cherien Dabis dans Ce qu’il reste de nous.
De 1948 à 2022, la réalisatrice américaine, née en Ohio d’un père palestinien et d’une mère jordanienne, retrace la vie d’une famille qui s’est vu être dépossédée de ses terres et contraint à l'exil par les occupants. Dabis s’inspire du récit de sa propre famille pour son récit. La réalisatrice s’attarde à raconter la grande histoire de ce conflit à travers la petite histoire de cette famille. Sans jamais tomber dans le pathos, et tout en sobriété, elle filme magnifiquement les instants d’allégresse et de joie, mais aussi les horreurs.
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| Copyright Nour films |
Mais, devant ce genre d'œuvre, une question se pose : comment retranscrire la peur constante de ces populations vivant sous les bombardements, prêts à voir leur vie basculer à chaque instant ? Dabis a trouvé une astuce de mise en scène très simple ; appuyer sur la soudaineté des catastrophes à chaque instant. Dans les premières minutes du film, on assiste à plusieurs scènes joyeuses entre la famille qui se trouve interrompue en un instant, sans aucune annonce, par une explosion ou des coups de feu. Et tout au long du film, elle va réutiliser ce processus, que ce soit dans la mise en scène, mais aussi dans le scénario. Des longues séquences de bonheur qui se terminent par une tragédie. Le spectateur se retrouve à avoir constamment peur pour le destin des personnages et à être surpris par le déroulé de chaque séquence. Une peur qui est présente dans chaque plan, chaque scène. Dabis compose ses images en mélangeant tout le temps l’espoir et la beauté des populations avec les horreurs de la guerre.
Avec Ce qu’il reste de nous, Cherien Dabis s’intéresse ainsi à la mémoire des populations en guerre depuis plusieurs générations, à comment ces familles se construisent autour de ce conflit et aux conséquences que cela peut avoir. Est-il sain pour la famille de rester “bloqué” dans le passé, se battre pour préserver sa mémoire ? Et à l’inverse, comment est-il possible d’oublier ce passé, et ce qui a été perdu ? Elle met en conflit des générations et des façons différentes de penser ces questions, mais sans figer ses visions.
La réalisatrice explore aussi de nombreuses autres interrogations philosophiques notamment sur les rapports entre les populations et si elles peuvent vraiment vivre ensemble. Peuvent-elles se pardonner et avancer ensemble ? Elle souligne les contradictions et dilemmes que chacune et chacun peuvent vivre dans ce genre de situation.
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| Copyright Nour films |
Fresque historique où la grande et la petite histoire se mêlent, Ce qu’il reste de nous est avant tout un récit touchant et bouleversant d’une famille ayant vécu la guerre sur plusieurs générations. Une famille portant les espoirs, les peines, et les blessures d’un peuple qui a été dépossédé de son histoire et de sa voix.
Livio Lonardi








