[CRITIQUE] : Mortal Kombat 2
Réalisateur : Simon McQuoid
Acteurs : Karl Urban, Lewis Tan, Jessica McNamee, Josh Lawson, Joe Taslim,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Action, Arts Martiaux.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h56min.
Synopsis :
Les champions plébiscités par les fans – désormais secondés par Johnny Cage en personne – s’affrontent dans un tournoi ultime, sans foi ni loi, pour tenter de renverser le règne de Shao Kahn, un tyran qui menace l’existence même de l’Earthrealm et de ses partisans.
Même avec bientôt trois décennies au compteur, le premier passage sur grand écran du monument de la castagne sur console Mortal Kombat, chapeauté par un Paul WS Anderson qui n'avait pas encore laissé ses penchants nanardesques posséder tout son cinéma, tient toujours furieusement bien la route, autant pour ses qualités indéniables (jolie distribution, combats entraînants et bien montés, le tout enrobé d'un production design appliqué) que pour ses défauts aujourd'hui charmants, puisque passés à la moulinette du prisme de la nostalgie - sa suite ne peut vraiment pas en dire autant.
Il y avait donc une certaine attente, même si mesurée soyons honnêtes, à l'idée de découvrir une nouvelle itération 2.0, même privée de salles obscures en pleine pandémie du Covid-19.
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Échoué à Simon McQuoid - dont c'était le premier long-métrage -, Mortal Kombat (pourquoi s'emmerder ?) évitait scrupuleusement la confrontation avec son ainé de 1995, une volonté louable qui se transformait pourtant comme une sacrée épée de Damoclès au-dessus de sa pellicule, puisqu'en ne voulant pas jouer la carte du divertissement décomplexé et imaginatif (le jeu n'épouse t-il pas lui-même, une certaine idée du cinéma d'exploitation bien régressif des 80s ?), il tombait dans un péché un poil trop familier, celui du divertissement ronronnant ne voulant fâcher/frustrer personne, sans forcément emballer les mirettes pour autant.
Au-delà d'un combat final qui checkait toutes les chicanes du fun/plaisir de fans (en gros, tout ce qu'on pouvait attendre d'un fight Scorpion vs Sub Zero) et d'un prologue intrigant au coeur Japon du XVIIe siècle, Mortal Kombat se laissait évidemment regarder sans trop de déplaisir mais n'atteignait jamais véritablement tout son potentiel de B movie friqué à forte tendance Z dans ses envolées sanglantes, même s'il faisait preuve d'une sacrée maîtrise pour son maigre budget (50M$, et des SFX bien mieux torchés que la majorité des blockbusters).
La faute, sans doute, à une hégémonie de la méthode Marvel qui a tellement façonné le cinéma grand public contemporain, que plus personne ne cherche à déborder de ce cadre ni même avoir une quelconque illusion de grandeur/originalité (puis bon, bâtir une franchise sur des combattants qui ne sont pas construit au-delà de tout attachement nostalgique des initiés, mais surtout un film qui sert uniquement mise en bouche assumée, avant que le véritable Mortal Kombat ne commence... ok).
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Bonne nouvelle, pour la suite, toujours avec McQuoid à la barre, le fusil a sensiblement changé d'épaule quand bien même l'on brosse encore le fan - plus où moins hardcore - du jeu dans le sens du poil, avec quelques passages obligés/clins d'œil criards (reste que le tournoi débute enfin, et c'est tout ce que l'on demandait), puisque Mortal Kombat 2 joue (abusivement) la carte du bigger and louder brutal et déglingué, avec un scénario tenant encore un peu plus sur une feuille de papier cul Lotus que son ainé, dont il reprend peu où prou la même structure, sans les tunnels de dialogues d'exposition ni la présentation à rallonge de son roster de combattants - pourtant plus conséquent.
Et force est d'admettre que cela marche, car en poussant les potards au maximum et en allant encore plus à l'essentiel (moins de dialogues, plus de personnages - reléguant le héros d'hier, Cole Young, au statut de second couteau de luxe -, plus de combats, un humour encore plus régressif grâce à un Karl Urban en charentaises, et une créativité sanglante un poil plus exacerbée), en assumant ses absurdités tout en ne cherchant plus à être frappé par le sceau de la cohérence, le film tutoie l'esprit que toute adaptation de licence videoludique culte - où pas - devrait pourchasser : du fun, de la folie et encore du fun.
Mais dans cet océan de castagnes plutôt réjouissantes et (majoritairement) bien chorégraphiées, tout n'est pas parfait, loin de là, la faute à un McQuoid pas toujours prompt à emballer - comme monter et découper - correctement ses séquences (bouffées par une bande originale omniprésente, et qui était déjà l'un des soucis du premier opus), au coeur de décors puant le fond vert dont les CGI limités vont de pairs avec des fatalities loin d'être fifous (quand Hollywood va comprendre que le gore numérique n'est jamais la bonne solution...).
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Pas de quoi saloper la fête pour autant (Mortal Kombat 2 surclasse gentiment son ainé et mérite un peu plus son oesant de pop-corn), mais difficile de ne pas se laisser aller à imaginer ce qu'un vrai faiseur de bis chevronné (où un bon cinéaste avec un tant soit peu de créativité, tout simplement) pourrait faire avec une telle licence énervée et irrévérencieuse : il n'y aurait pas que les Kombats qui seraient mortels...
Jonathan Chevrier




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