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[FUCKING SERIES] : Spider-Noir : Nic Cage is a Dark Knight


(Critique - avec spoilers - de la saison 1)


C'était, typiquement, le genre de projet auquel on ne pouvait pas franchement croire, tant Sony Pictures (comme Marvel, la déclinaison de Spider-Man avec Jon Watts à la réalisation et Tom Holland en vedette, n'est pas franchement ce qui est arrivé de mieux au Tisseur sur grand écran) n'a eu de cesse de saboter les aventures de Peter Parker en live-action sur grand écran (là où son pendant animé en revanche, semblait sensiblement mettre les petits plats dans les grands), passé la trilogie mère - pas exempt de maladresses aussi - de Sam Raimi : une série en prises de vue réelles Spider-Noir, suite au succès de sa partition dans le roster des Spideys de Spider-Man : New Generation, chapeauté par le tandem Sony/Amazon MGM Studios et développée par Oren Uziel (scénariste de 22 Jump Street et... The Cloverfield Paradox, comme quoi), avec Nicolas Cage en vedette - qui incarnait déjà vocalement le personnage dans le film signé Bob Persichetti, Peter Ramsay et Rooney Rothman.

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Rien ne semblait véritablement aller dans ce cocktail de la mort et, pourtant, le show est définitivement ce qui est arrivé de mieux à Spider-Man depuis très, très longtemps : une production qui n'a que faire de toute notion de multiverse (pour le moment, on n'est pas à l'abri d'un virage à 180° catastrophique), qui se focalise pleinement sur son personnage titre et sa mythologie (qui tranque avec le coté " relief comique " que New Generation avait instauré), tout en apportant un soin tout particulier à son univers qui épouse joliment l'atmosphère comme la mélancolie des films noirs de l'âge d'or Hollywoodien (tout en s'amusant avec ses tropes et ceux du genre super-héroïque), même si son approche stylistique est définitivement plus moderne.

Une sorte de pastiche rétro à la Dick Tracy qui n'aurait pas peur de virer vers le thriller d'espionnage sordide comme le body horror (mais qui surtout, assume les caricatures en son coeur), divertissement à la fois verbeux (dans le bon sens du terme) et franchement drôle (même dans ses clins d'œil conscient à son auditoire), qui perd tout son intérêt comme sa puissance dans sa version - artificiellement - colorisée (même si intelligente dans le fond, pour racoler un public absurdement allergique au noir et blanc), clouée quelle est aux basques de Ben Reilly, un vétéran de la Première Guerre mondiale devenu un détective privé plutôt malchanceux qui peine à joindre les deux bouts/justicier masqué à la retraite et doté des pouvoirs habituels liés aux autres hommes araignées (mais aussi des tragédies qui y sont liées, lui qui a perdu la femme qu'il aime pour le compte de Spider-Man), qui va devoir reprendre durement du service face à une vague de mutants déferlant sur une Grosse Pomme loin d'être prête.

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Frappée d'un rythme certes décousu mais jamais meilleure que lorsqu'elle assume jusque au bout toutes ses excentricités et sa kitscherie naturelle, qu'elle donne de la consistance autant à un Nicolas Cage plus Bogartien que jamais (et qui s'éclate dans une atmosphère 30s qu'il affectionne sincèrement, mais aussi avec un rôle qui lui permet de laisser s'exprimer son excellent timing comique), qu'au tandem qu'il forme avec Lamorne Morris (absolument génial), cette première salve d'épisodes est un petit bonbon certes perfectible mais rafraîchissant en bouche, pas forcément appelé à durer dans le temps (plus de deux, trois saisons serait gourmand) mais qui réussit là où Sony s'était sensiblement planté depuis un bon moment : donner du corps et du cœur à son Spidey, s'intéresser à la figure derrière le masque comme à son univers, sans le laisser être parasiter par des velléités de franchises/connexions multiverselles.

Et ça fait toute la différence.


Jonathan Chevrier