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[CRITIQUE] : Scary Movie


Réalisateur : Michael Tiddes
Acteurs : Anna Faris, Regina Hall, Marlon Wayans, Shawn Wayans,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Comédie, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h35min.

Synopsis :
Vingt-six ans après avoir échappé à un tueur masqué étrangement familier (« Ghostface »), les héros emblématiques de la saga sont de nouveau dans la ligne de mire du meurtrier, et aucune franchise de film d’horreur n’est à l’abri.





La question n'était pas tant de savoir ce que l'on pouvait attendre des frères Wayans en 2026 (les mecs n'ont pas changés, et ce n'est pas le poids des années qui influencera quoique ce soit), vingt-six ans après un premier Scary Movie qui a tout autant éteint la seconde vague déclinante du slasher, que ranimer la flamme des parodies turbo-débiles issues tout droit des 80s (cocasse de se dire qu'à l'instar de Scream - qu'il prend pour modèle principal - avec tous les héritiers du néo-slasher, le film de Keenan Ivory Wayans n'a jamais vu les films lui emboîtant le pas, lui arriver à la cheville), mais bien si cette dite veine parodique made in America, passé le saccage au coeur des années 2000/2010 orchestré par David Zucker et sa bande (pensez aux âneries navrantes de Jason Friedberg et Aaron Seltzer, produites par yn Peter Safran désormais co-président de DC Studios avec James Gunn... tout est possible à Hollywood), allait pouvoir se relever et retrouver un minimum de son aura d'antan, avec le soutien de quelques-uns de ses meilleurs ambassadeurs.

Copyright Paramount Pictures

La réponse ne met pas longtemps à être dégainé par les frangins Wayans, pourtant amputés de Keenen Ivory à la réalisation : oui, cette veine, désormais moins propice à déconstruire les codes d'un cinéma horrifique américain loin d'être au meilleur de sa forme et facile à dégommer (le coeur même, pourtant, des deux premiers Scary Movie), est encore capable d'offrir un vrai moment de rigolade complice à son spectateur, en alignant à la pelle les références plus où moins bien senties à la pop-culture (K-pop Demon Hunters prend cher), quitte à larguer au bord de la route les cinéphiles les moins avertis.

Une petite déception donc, quand bien même ce gros film à sketchs qui retrouve la saga Scream pour lui reprendre sa structure méta (ici le legacyquel de Radio Silence), joue intelligemment la carte d'un fan service amusé et potache (quitte même à taper - et à raison - sur les deux efforts de Zucker), tout en n'ayant jamais peur de taper sur les travers de la société/politique locale (Trump, Einstein, ICE, transphobie,...), ni à pousser les curseurs à un niveau tel qu'il ferait passer les deux premiers films pour des opus vides en références.
Les retrouvailles sont déglinguées et généreuses, vachardes et imparfaites, sans le moindre fil narratif mais avec une envie sincère de divertir et de renouer avec un public auquel ils avaient intimement manqués : on n'en demandait pas forcément plus.


Jonathan Chevrier