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[CRITIQUE] : Vaiana, la légende du bout du monde


Réalisateur : Thomas Kail
Acteurs : Catherine Laga'aia, Dwayne Johnson, Rena Owen,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Aventure, Comédie, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h56min

Synopsis :
Répondant à l’appel de l’océan, Vaiana s’aventure pour la première fois par-delà le récif de son île de Motunui. Accompagnée du célèbre demi-dieu Maui, elle embarque pour un voyage inoubliable destiné à permettre à son peuple de retrouver sa prospérité…






On se répète certes, mais bien que certains des remakes en prises de vues réelles et à (très) gros budget des classiques du catalogue animation de Disney, aient solidement performé au box-office - souvent au-delà du milliard de dollars de recettes -, tous (où presque) ont uniformément lutté sur le plan créatif pour exister par eux-mêmes et encore plus justifier leurs transpositions, englués dans les eaux de l'opportunisme d'une firme aux grandes oreilles créativement plus lessivée que jamais - et qui ne s'en cache même plus.
Seul le fantastique Peter et Elliott le Dragon de David Lowery (on peut également cité Jean-Christophe et Winnie de Marc Forster, bien qu'il ne s'inspire pas directement d'un film d'animation) peut réellement se targuer d'avoir apporté un vrai vent de fraîcheur et une émotion bouleversante, à une histoire que l'on pensait pourtant connaître sur le bout des doigts; l'unique réinvention digne de ce nom d'une machine de destruction massive au recyclage éhonté.

Copyright 2026 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

Passé un Lilo & Stitch de Dean Fleischer-Camp ayant totalement sappé l'aura géniale et craquante de son matériau d'origine, place donc désormais au remake live action de Vaiana échoué à Thomas Kail, à peine dix ans après la sortie de son pendant animé chapeauté par le talentueux tandem John Musker et Ron Clements (le symbole criant d'une mécanique lessivée qui ne cache même plus son manque cruel d'originalité), dont le seul attrait - pervers - semblait uniquement résider dans la nostalgie de tout amateur de la WWF/WWE, à l'idée de revoir Dwayne " The Rock " Johnson avec des cheveux - et une sacrée belle tignasse pour l'occasion.

Le spectateur fait donc face à la même popote, sans la magie enchanteresse - tout en poésie et en couleurs vivantes - de l'animation, sans la moindre envie aussi bien du côté d'une mise en scène affreusement lisse (qui perd tout son souffle épique comme toute sa saveur surréaliste par son souci de réalisme) et sans dynamisme, que d'une écriture qui ne dénote jamais du simple processus de copier-coller, laissant très (trop) vite transparaître toutes les fêlures inhérentes à ses transpositions à la fois paresseuses et opportunistes, chères à la firme : un besoin impérieux et absurde de recréer et/ou de recontextualiser toutes les scènes et dialogues mémorables du dessin animé titre (quitte à ce qu'elles perdent de leur sens dans un contexte manquant sérieusement de développement), sans jamais chercher à offrir quelques disgressions salutaires qui lui permettrait d'affirmer un minimum de personnalité.

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Pire, tout son humour y est proprement devitalisé (comme son émotion) et ses personnages, à l'alchimie fuyante, oscille entre une inertie gênée et une molesse effarante là où la moindre interaction animée transpirait d'une énergie à la fois enthousiasmante et entraînante.
Énième recréation bâclée qui ne se suffit pas à elle-même et qui assume tout du long sa nature dispensable, à défaut de chercher à incarner une vraie adaptation pensée et authentique : à ne jamais vouloir se mouiller au-delà des chevilles ni à nager trop loin du bord, Vaiana, la légende du bout du monde se noie dans son propre bassin dans l'indifférence générale, même Disney n'ayant pas cherché plus que de raison, à pousser sa promotion face à deux hits maison - Toy Story 5 et Spider-Man : Brand New Day - assurés de faire péter le milliard au box-office...


Jonathan Chevrier