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[CRITIQUE] : Microstar


Réalisateur : Léopold Kraus
Acteurs : Abraham Wapler, Félix Lefebvre, Raïka Hazanavicius,...
Distributeur : Moonlight Films Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h27min

Synopsis :
Influenceur beauté fauché, Gabriel Rose rêve de devenir comédien. Mais il n’a ni le talent ni les contacts. Après un énième casting raté, il rencontre Stanislas, un fils à papa de la jeunesse dorée, qui lui propose de lancer une marque de bijoux. Gabriel y voit l’opportunité d’accéder au gotha parisien, où tout semble facile, en apparence… En parallèle, il se lie avec Pauline, une jeune chercheuse en écologie politique. Tiraillé entre deux mondes, Gabriel cherche sa place entre image et réalité, désir d’ascension, et besoin d’amour.





Mine de rien, même si son nom n'explose pas encore à la face du spectateur lambda (même si le cinephile de bon goût de fait déjà l'un des visages les plus passionnants à suivre du moment), il y a une vraie petite hype qui se construit autour du talentueux comédien Félix Lefebvre qui, en l'espace d'une poignée d'années et de quelques péloches mieux que bien choisies (L'Heure de la sortie de Sébastien Marnier, Rien à perdre de Delphine Deloget, Le Domaine de Giovanni Aloi ou encore L'Épreuve du feu d'Aurélien Peyre, en attendant Moulin de Lazlo Nemes), est gentiment passé du stade révélation affûtée devant la caméra amoureuse de François Ozon, à potentielle next big thing d'un septième art hexagonal qui ne les compte pas par dizaines.

Clairement de ces jeunes talents capables de te pousser à payer ta place dans une salle obscure, et dont on espère que l'ascension ne connaîtra pas de creux - c'est bien parti pour, en tout cas.

Copyright Moonlight Films Distribution

C'est au détour d'un premier long-métrage qu'on le retrouve en ce mercredi de juillet bien trop ensoleillé pour notre bien, avec Microstar de Léopold Kraus, qui s'inscrit plus où moins franchement dans la droite lignée de l'excellent Diamant Brut d'Agathe Riedinger - avec un humour sensiblement plus développé, certes - et du sympathique The Giaccomo de Baptiste Drapeau, dans son portrait à la fois d'une Gen Z le besoin d'être admiré et désiré pour gagner sa vie et exister, a supplanté toute idée d'être soi-même, et encore plus sous le diktat écrasant des relations virtuels qui impose une exposition artificielle du paraître, tout en renforçant de facto notre solitude comme nos angoisses/insécurités et nos incertitudes.

Une dénonciation jamais trop virulente du superficiel tout en si perdant un brin, cloué aux basques d'un influenceur beauté fauché qui rêve de gloire et de cinéma, Gabriel Rose (dont la destinée est loin de l'être... LOL), dont la jeune existence tout en illusions va se confronter à une jet-set parisienne déconnectée (avec un discours sur la lutte des classes assez fragile), mais aussi à la dure réalité d'une vie placée sous le désir des autres.
Imparfait, moins la faute à une mise en scene plutot bien tenue qu'à une narration un poil bordélique, plombé par des sous-intrigues dispensable comme une écriture pas assez incisive et restant trop en surface des thématiques qu'il aborde, ce premier effort vaut néanmoins gentiment son pesant de pop-corn, autant pour sa légèreté et son auto-dérision assumée (qui n'a pas peur de jouer la carte du cringe), que par l'attachement étonnant qu'il suscite.


Jonathan Chevrier