[CRITIQUE] : Deep Water
Réalisateur : Renny Harlin
Avec : Aaron Eckhart, Ben Kingsley, Molly Belle Wright, Nashi, Angus Sampson, Li Wenhan,...
Distributeur : Canal + / MyCanal
Budget : -
Genre : Thriller, Action, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain, Chinois.
Durée : 1h46min.
Synopsis :
Un avion long courrier est contraint d'atterir en urgence dans des eaux infestées de requins.
Avec : Aaron Eckhart, Ben Kingsley, Molly Belle Wright, Nashi, Angus Sampson, Li Wenhan,...
Distributeur : Canal + / MyCanal
Budget : -
Genre : Thriller, Action, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain, Chinois.
Durée : 1h46min.
Synopsis :
Un avion long courrier est contraint d'atterir en urgence dans des eaux infestées de requins.
L'amour à ses raisons que la raison elle-même ignore (à ce qu'on dit hein, mais qui à raison, au fond, dans ce monde où la déraison est reine... t'as raison, trop de fois le mot raison, ce n'est pas raisonnable mais il faut bien combler les lignes d'une critique de film où l'on a strictement rien à dire de positif, j'ai pas raison aussi ? Quel tunnel déraisonnable...) et, en ce sens, nous aimons un petit peu trop le finlandais fou Renny Harlin où, soyons plus précis, nous chérissons avec un peu trop de nostalgie maladive ses efforts passés (Prison, 58 minutes pour vivre, Cliffhanger, L'île aux Pirates et même Peur Bleue bordel, avec la plus belle scène de fabrication de sushis de requin depuis Les Dents de la mer de Spielberg !), pour continuer à nous laisser berner par la potentielle découverte de toute nouvelle péloche du lascar, même terminée à la pisse avec une décontraction qui flirte un peu trop gentiment avec le trollage en règle.
Ouais, on a vraiment des goûts de chiotte en amour... cinématographique, entendons-nous bien.
Cinématographiquement mort - où pas loin - depuis qu'il a lui-même enterré la Carolco (et qu'il a décidé de larguer son efficacité redoutable pour une paresse de plus en plus abyssale), mais trouvant néanmoins le moyen de s'offrir une tournée d'adieu aux séduisantes courbes de walk of shame ambulant et permanent - coucou la trilogie The Strangers -, le bonhomme, décidé à offrir des divertissements en mode salade/tomates/oignons et supplément olives (et pas l'aliment... même pas pardon) à ses fans, est donc revenu à l'un de ses premiers amours - le film de requins à l'opposé du totem Jaws -, pour nous délivrer un petit bonheur de (pas totalement, vu son budget) bis décomplexé et décérébré : Deep Water, pur produit des années 90 à la lisière du troll ambulant, fusion absurde entre le film catastrophe à l'ancienne (avec tout le sérieux que sa fatalité impose) et le shark movie déglinguo-sanglant.
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| Copyright Magenta Light Studios |
Chapeauté plus d'un quart de siècle après Peur Bleue, tournant autour d'un pitch prétexte savoureusement débile (le boeing du duo Ben Kingsley/Aaron Eckhart s'écrase en mer entre Los Angeles et Shanghai, et ils doivent tout faire pour protéger les survivants d'une bande de requins fifous et affamés) mais qui prend un peu trop son temps pour entamer son verdant régressif, le film joue la carte d'un divertissement décérébré et vachard, entre Instinct de survie, L’Aventure du Poséidon et un mauvais Roland Emmerich sauce Sully 2.0 (déjà avec Eckhart, pas de hasard), avec des mises à mort spectaculaires et kitsch (mais clairement moins violentes et tendues que pour Deep Blue Sea) venant rompre la linéarité d'une intrigue ronronnante et mise en boîte avec un manque de volonté/fluidité effarant (même pour un Harlin post-années 90, quand bien même le crash d'avion à la fois violent et terrifiant qu'il compose, nous ferait presque croire à un retour inespéré), allant de pair avec une direction artistique étrange, pour ne pas dire douteuse (allant bien au-delà des CGI foireux et de l'étalonnage des couleurs).
Mais, étonnement, ce roller coaster turbo-débile, bourrin et sensiblement friqué (un DTV sino-américain qui a tout de même eu les honneurs d'une exploitation en salles) arrive à faire son office, de ses personnages caricaturaux judicieusement taillés à la serpe pour que l'on se moque qu'il passe à la casserole (quitte à même, en faire disparaître quelques-uns sous le tapis), à sa manière de joliment rythmer les débats pour que l'on ne soit pas trop tenter de piquer un léger roupillon, entre deux apparitions de requins un poil dégueux, mais plus féroce que chez la concurrence - coucou Tommy Wirkola.
Alors oui, Renny Harlin a perdu son mojo et Deep Water ne dépassera jamais le stade du simple visionnage complice (là où Peur Bleue lui, vaut toujours son pesant de pop-corn), mais pour une séance directement dégainée sur Canal +, et à une heure estivale où les héritiers des " péloches du samedi soir " se font étonnamment absent, ça mérite quand-même son petit coup d'œil nostalgico-déviant.
Jonathan Chevrier


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