[CRITIQUE] : Hope
Acteurs : Hwang Jung-min, Zo In-sung, Hoyeon, Michael Fassbender, Alicia Vikander,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Action, Science-fiction, Thriller.
Nationalité : Sud-coréen.
Durée : 2h36min.
Synopsis :
Alors que les secours sont mobilisés ailleurs et que toute communication est interrompue, les habitants de Hope doivent faire face seuls à une menace grandissante. Tandis que certains tentent de protéger le village, d’autres s’aventurent dans la montagne… mais deviennent à leur tour des proies. L’ignorance et la peur déclenchent une spirale incontrôlable aux conséquences dévastatrices.
Au sein d'une Compétition cannoise cuvée 2026 où il avait tout d'un put**** d'OFNI (comme d'une production sud-coréenne où il incarne le film le plus cher de l'histoire), Hope n'avait pas vocation à aller chercher une place dans le palmarès et encore moins, de tenter le braquage d'une Palme d'or qui, de toute manière, n'est pas encore prête pour soutenir ce genre de propositions (et ne le sera sans doute jamais, peu importe le jury), mais purement et simplement d'incarner une vraie et monumentale claque, rare et pleinement anti-Hollywoodienne dans son excentricité affirmée comme dans sa propension à embrasser tous les extrêmes; un ride dans l'ombre de celui, monumental, qu'à pu incarner Mad Max : Fury Road de George Miller sur la décennie précédente et qui n'a jamais réellement eu d'héritière depuis - pas même son Furiosa : Une saga Mad Max.
Un film à la hauteur même du cinéma à part et généreux du définitivement trop rare Na Hong-jin, qui éreinte son auditoire tout autant qu'il flatte sa rétine à travers un sens du cadre chirurgical, un jeu d'équilibriste entre les genres et une propension à tâter du montage qui s'amuse sournoisement avec notre rythme cardiaque; une figure à part d'une industrie sud-coréenne aux productions pas toujours aussi flatteuses que sa belle réputation cinéphile le prétend, mais qui a le mérite de constamment se remettre en question et de bifurquer vers des terrains qui ne sont pas toujours siens - comme avec Hope.
Dix ans déjà après son cauchemar boueux et chamanique The Strangers, où il auscultait de beaucoup trop près la folie humaine comme le mal absolu à la racine (avec une exécution de tout ce que l'horreur cinématographique où presque, est capable d'offrir de plus efficace et déroutant), le bonhomme ne s'est décemment pas pris les bobines dans le tapis rouge cannois, il lui a roulé dessus avec une ambition encore plus démesurée, une envie de tout embraser quitte à brûler ses propres ailes dans la bataille.
Partant d'un pitch faussement ramassé (une petite bourgade, Hope Harbor, coupé du monde et de toute communication, fait face à une mystérieuse menace prête à tout emporter sur son passage), prétexte évident pour que le cinéaste s'amuse avec tous genres qui lui passent sous la main (le cinéma d'action/catastrophe à forte tendance Hollywoodienne - jusque dans ses VFX pas toujours bien intégrés -, la science-fiction, la comédie potacho-burlesque, le thriller paranoïaque, le western, le film de monstres...), mais encore plus avec les codes du cinéma populaire à grand spectacle (un héroïsme traditionnel qu'il rend gentiment décousu et maladroit, personnages aux choix douteux, déclinaison des notions de courage et de résilience, perspectives d'une humanité confrontée à l'apocalypse et à des monstres qui n'en sont in fine pas réellement), Hong-jin déroule un pur exercice de style nerveux, bruyant et brutal (sa première heure, dans sa manière de jouer avec comme de filmer l'invisible, frise gentiment avec la leçon de cinéma) où l'excès est un code de conduite (là encore, la référence à George Miller n'était pas anodine), où le moindre impact électrisant et déstabilisant est méticuleusement et intensément calculé dans un mouvement perpétuel, furieux et inépuisable mais d'une fluidité et d'une clarté toujours entière même dans le chaos.
Tragédie cosmique et explosive tout en démesure et en absurde, aussi férocement imprévisible qu'elle est viscérale, qui emprunte autant au monde du jeu vidéo qu'aux totems du cinéma de science-fiction (impossible de ne pas penser, dans son premier tiers haletant, autant à Predator - jusque dans son rapport à la nature et au sentiment d'être traqué par une entité inconnue - qu'à Alien, le huitième passager dans leur manière de jouer avec leur menace - invisible - et une tension constante), le film est à l'image même des précédents efforts du cinéaste, qui n'a pas peur de brutalement changer de ton pour faire bifurquer son roller-coaster vers un réalisme moins organique, un penchant existentiel et philosophique plus affirmé où, après avoir sondé l'extraordinaire capacité du dépassement de soi humain (sans avoir besoin de développer plus que de raison la psychologie de ses personnages, dominés par les excellents Hwang Jung-min et Jung Ho-yeon), il en expose les limites dans une autopsie aux rapports de force fluctuants (renforçant l'empathie pour ses extraterrestres anthropomorphes, même si la mythologie amenée s'avère plus brouillonne que voulue), plus crue mais paradoxalement plus maladroite dans sa manière de ramener l'humanité à ses propres travers (les fantômes du colonialisme et de la notion d'agresseur, la xénophobie et l'égoïsme exacerbé, la légitimité de la violence à travers ce qui n'est, in fine, qu'une vengeance brutale face à la pire perte qui soit).
Débridé et régressif, palpitant et maladroit, outrancier et démentiel, Hope est l'expression même du cinéma boulimique et singulier de son auteur, un pur film d'exploitation aux moyens démesurés qui se nourrit jusqu'à l'indigestion de ses excès et de ses répétitions, un chaos tout autant furieux que d'une élégance rare.
Na Hong-jin continuera de diviser parce qu'il ne se refuse rien, comme il ne refuse rien à son auditoire, et c'est la plus belle conclusion que l'on puisse faire en sortant de la salle.
Jonathan Chevrier
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| Copyright Plus M Entertainment / Forged Films / NEON |
Un film à la hauteur même du cinéma à part et généreux du définitivement trop rare Na Hong-jin, qui éreinte son auditoire tout autant qu'il flatte sa rétine à travers un sens du cadre chirurgical, un jeu d'équilibriste entre les genres et une propension à tâter du montage qui s'amuse sournoisement avec notre rythme cardiaque; une figure à part d'une industrie sud-coréenne aux productions pas toujours aussi flatteuses que sa belle réputation cinéphile le prétend, mais qui a le mérite de constamment se remettre en question et de bifurquer vers des terrains qui ne sont pas toujours siens - comme avec Hope.
Dix ans déjà après son cauchemar boueux et chamanique The Strangers, où il auscultait de beaucoup trop près la folie humaine comme le mal absolu à la racine (avec une exécution de tout ce que l'horreur cinématographique où presque, est capable d'offrir de plus efficace et déroutant), le bonhomme ne s'est décemment pas pris les bobines dans le tapis rouge cannois, il lui a roulé dessus avec une ambition encore plus démesurée, une envie de tout embraser quitte à brûler ses propres ailes dans la bataille.
Partant d'un pitch faussement ramassé (une petite bourgade, Hope Harbor, coupé du monde et de toute communication, fait face à une mystérieuse menace prête à tout emporter sur son passage), prétexte évident pour que le cinéaste s'amuse avec tous genres qui lui passent sous la main (le cinéma d'action/catastrophe à forte tendance Hollywoodienne - jusque dans ses VFX pas toujours bien intégrés -, la science-fiction, la comédie potacho-burlesque, le thriller paranoïaque, le western, le film de monstres...), mais encore plus avec les codes du cinéma populaire à grand spectacle (un héroïsme traditionnel qu'il rend gentiment décousu et maladroit, personnages aux choix douteux, déclinaison des notions de courage et de résilience, perspectives d'une humanité confrontée à l'apocalypse et à des monstres qui n'en sont in fine pas réellement), Hong-jin déroule un pur exercice de style nerveux, bruyant et brutal (sa première heure, dans sa manière de jouer avec comme de filmer l'invisible, frise gentiment avec la leçon de cinéma) où l'excès est un code de conduite (là encore, la référence à George Miller n'était pas anodine), où le moindre impact électrisant et déstabilisant est méticuleusement et intensément calculé dans un mouvement perpétuel, furieux et inépuisable mais d'une fluidité et d'une clarté toujours entière même dans le chaos.
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| Copyright Plus M Entertainment / Forged Films / NEON |
Tragédie cosmique et explosive tout en démesure et en absurde, aussi férocement imprévisible qu'elle est viscérale, qui emprunte autant au monde du jeu vidéo qu'aux totems du cinéma de science-fiction (impossible de ne pas penser, dans son premier tiers haletant, autant à Predator - jusque dans son rapport à la nature et au sentiment d'être traqué par une entité inconnue - qu'à Alien, le huitième passager dans leur manière de jouer avec leur menace - invisible - et une tension constante), le film est à l'image même des précédents efforts du cinéaste, qui n'a pas peur de brutalement changer de ton pour faire bifurquer son roller-coaster vers un réalisme moins organique, un penchant existentiel et philosophique plus affirmé où, après avoir sondé l'extraordinaire capacité du dépassement de soi humain (sans avoir besoin de développer plus que de raison la psychologie de ses personnages, dominés par les excellents Hwang Jung-min et Jung Ho-yeon), il en expose les limites dans une autopsie aux rapports de force fluctuants (renforçant l'empathie pour ses extraterrestres anthropomorphes, même si la mythologie amenée s'avère plus brouillonne que voulue), plus crue mais paradoxalement plus maladroite dans sa manière de ramener l'humanité à ses propres travers (les fantômes du colonialisme et de la notion d'agresseur, la xénophobie et l'égoïsme exacerbé, la légitimité de la violence à travers ce qui n'est, in fine, qu'une vengeance brutale face à la pire perte qui soit).
Débridé et régressif, palpitant et maladroit, outrancier et démentiel, Hope est l'expression même du cinéma boulimique et singulier de son auteur, un pur film d'exploitation aux moyens démesurés qui se nourrit jusqu'à l'indigestion de ses excès et de ses répétitions, un chaos tout autant furieux que d'une élégance rare.
Na Hong-jin continuera de diviser parce qu'il ne se refuse rien, comme il ne refuse rien à son auditoire, et c'est la plus belle conclusion que l'on puisse faire en sortant de la salle.
Jonathan Chevrier



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