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[CRITIQUE] : Verity


Réalisateur : Michael Showalter
Acteurs : Anne Hathaway, Dakota Johnson, Josh Hartnett, Ismael Cruz Cordova,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Drame, Romance, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h54min.

Synopsis :
Lowen Ashleigh est une écrivaine solitaire. Peinant à vivre de son métier, elle accepte de devenir le prête-plume de l'autrice à succès, Verity Crawford, et s'installe dans sa propriété isolée des regards. En découvrant ce qui semble être les notes personnelles de Verity, la jeune Lowen se retrouve confrontée à des révélations troublantes et inquiétantes concernant Jeremy, le mari de Verity. Elle peine alors à distinguer la fiction de la réalité, la manipulation de l'attirance, le trouble de l'obsession.


Assez cocasse - où tragique, c'est selon - de se dire que s'en même avoir lu une seule ligne de son œuvre littéraire (ce qui est le cas de l'auteur de ses mots), il est d'une aisance rare pour tout cinéphile un minimum averti d'être atteint d'une Colleen Hoover-ite aiguë passé la vision des trois premières adaptations sur grand écran de ses hits alambiqués sur papier, du pas folichon et réchauffé (voire gênant) Jamais Plus - It Ends With Us de Justin Baldoni, dont les coulisses de sa production se sont avérées nettement plus captivantes, à l'affreusement mielleux et absurde à tous les degrés (de sa narration à son montage, en passant son interprétation générale où chacun semble jouer dans un film différent que les autres) Regretting You de Josh Boone, en passant par la grosse tartine de glucose sentimentalo-faisandée Reminders of Him de Vanessa Caswill, séance plus mineures que ses aînées et au rythme encore plus sinueux (dérive tout en moues boudeuses et dépressives, en confrontations effroyablement théâtrales et en interludes musicaux abusivement suggestifs et mièvres).

Toutes des affaires, cela dit, suffisamment - voire excessivement pour le premier - lucrative au box-office pour motiver des adaptations futures.

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Autant dire donc qu'il était difficile (impossible ?) de péter un minimum d'enthousiasme à l'idée de se fader Verity d'un Michael Showalter à la filmographie déjà peu reluisante, qui ne semblait pas forcément vouloir s'écarter du chemin balisé par les précédentes adaptations : bonne pioche - donc mauvaise, en réalité -, puisque le film a tout du thriller sensuelo-mélodramatico-ampoulé à la tension molle de la fesse gauche, sous-Gone Girl « mais pas totalement » aussi vénéneux et subversif que pouvait l'être La Femme de Ménage de Paul Feig (comprendre : pas du tout, malgré le vertige accrocheur qui pouvait être induit par sa fin - faussement - ouverte), dont le pitch à peine prétexte (une romancière à succès devenue muette et paralysée suite à un accident de voiture, fait appel à une auteure en difficulté pour terminer ses romans et vient vivre chez cette dernière, rêvant de son existence auprès de son mari à la cuisse fragile) jouant sans envie sur les limites d'un double jeu biaisé (l'autrice à elle-même tué tout suspense quand à la « version » qui est vraie ou fausse) et de l'écriture comme un moteur de manipulation, permet à l'intrigue, non sans rebondissements prévisibles, de rouler sa bosse sur la voie d'une divertissement programmatique as hell au rythme pachydermique et aux dialogues forcés.

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Pire, plombé par un montage maladroit (restons poli) et une mise en scène sans entrain (que tente de booster une musique criarde qui se rêve Herrmannienne), pas même relevé par le plaisir de voir un trio Anne Hathaway/Josh Hartnett/Dakota Johnson cabotiner comme des sagouins (si Hartnett, qu'on adore - nostalgie teen movies Miramax oblige -, n'a d'alchimie avec personne et pas même avec lui-même, Hathaway fait elle ce qu'elle peut pourtant, comme Amanda Seyfried dans La Femme de Ménage), le film n'arrive jamais vraiment à revendiquer une seule once de culpabilité du plus coupable des plaisirs coupables érotico-kitsch du genre pondu au coeur des 90s.

Et promis, c'est la stricte verity (même pas pardon)...


Jonathan Chevrier