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[CRITIQUE] : Dix pour Cent, Le Film


Réalisatrice : Émilie Noblet
Acteurs : Camille Cottin, Laure Calamy, Thibault de Montalembert, Nicolas Maury, Liliane Rovère, Grégory Montel, Vincent Macaigne, Laetitia Casta,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h59min.

Synopsis :
Cinq ans après la fermeture de l’agence ASK, Andréa veut devenir réalisatrice. Mais la perte de son acteur principal à quelques jours du tournage la force à réunir son ancienne équipe ce qui ravivera leurs amitiés et leurs rivalités.




Alors oui, niveau hit imposant, France Télévision avait Capitaine Marleau sur la dernière décennie (ne juges pas ce que tu ne comprends pas... mais juges-le un peu quand-même) mais aussi et surtout Dix pour Cent créée par Dominique Besnehard et Fanny Herrero, petit séisme a t'en renverser la camionnette de Louis la Brocante façon descente cynique et cocasse dans les coulisses du septième art et du show-business français, sans véritablement passer par la case glamour et paillettes, aux plus près des figures hautes en couleurs de chez ASK, une agence artistique parisienne continuellement sur le vif où une poignée agents/requins pas toujours mordants (mais attachants), passent leurs journées - mais pas que - à éteindre les incendies (crises existentielles, d'égo, de jalousie, les caprices à foison et tutti quanti) tout à protéger et servir les précieux (et quasiment tous ingérables) talents sous leur garde - et les belles commissions qui vont avec.

Copyright Netflix

Un petit bijou d'écriture savamment axée sur ses personnages, jonglant autant par amusement que par nécessité (une légitimité par sa connexion, réelle, aux stars du métier avant d'en créer par elle-même : Camille Cottin, Laure Calamy,...), avec un esprit méta qui lui permettait d'enchaîner les caméos d'exception dans des versions souvent outrancières - mais pas trop - de leur image publique, tout en autodérision essentielle.
Un hommage vibrant, vivant, drôle et profondément amoureux au cinéma, qui valait décemment son pesant de pop-corn, comme il mérite son petit binge-watching de révision à l'occasion - c'est sain, ça ne mange pas de pain.

Morte de sa belle morte en 2020 (pas au goût de tous cela dit), la série se voit pourtant offrir une renaissance/exhumation à coups de gros billets, par une firme au Toudoum jamais bien servie par les bonnes idées, pensant se la jouer Sex and The City (quoique, le premier film avait au moins pour lui de ne pas saboter son excellent - et satisfaisant - final, avant le saccage opéré conjointement par le second film et And just like that... sur trois saisons).
Et comme toutes les déclinaisons improbables que nous pond Hollywood à longueur de saison, Dix pour cent, le film bah c'est comme le Port Salut, c'est écrit dessus : plus c'est long, moins c'est bon où, tout du moins, ça ne justifie jamais son retour par le pire des formats possibles pour elle, que ce soit par la finesse de sa plume (qui réserve quelques sympathiques moments, certes) et encore moins par la justesse sa caméra, symphonie en anecdotique majeur dont la magie ne pouvait jamais prendre sur une déclinaison en long-métrage.

Copyright Netflix

Passé une introduction servant de lourde scène d'exposition, avant de tourner autour d'un pitch qui rabat mollement les cartes tout en jouant à fond les ballons sur la nostalgie, le film laisse vite poindre les limites de son concept, une aventure limitée et limitante, qui ne peut jamais faire évoluer ses personnages (personne n'a véritablement de place pour exister, exceptés Andrea et Noémie, incarnées par les deux plus grosses stars de sa distribution... doux hasard) tout en roulant tête baissée sur une voie balisée et prévisible, jusqu'au moindre de ses rebondissements artificiels - fin niaise too much as hell à la clé.
Un très long (presque deux heures au compteur) épisode passable tout au mieux, mais surtout aussi vite vu qu'oublié, malgré le plaisir évident de retrouver toute la bande de feu Ask... comme le Port Salut qu'on vous dit, et ça nous emmerde mignon.


Jonathan Chevrier