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[CRITIQUE] : Billie Melody

Réalisatrice : Christine Paillard
Acteurs : Roschdy Zem, Bonnie Bouriche Troutaud, Julia Faure,...
Distributeur : The Jokers Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h35min.

Synopsis :
Suite à la perte de son père dans un accident aux circonstances troubles, Billie, 14 ans, déménage dans une nouvelle ville avec sa mère et son frère. Alors que ces bouleversements accentuent les tensions familiales, elle fait de nouvelles rencontres et se raccroche à la musique qui la relie encore à son père. Billie se lance alors dans une quête qui pourrait aussi bien la sauver que faire voler sa famille en éclats.




Preuve de son imprévisibilité assez marquée (mais aussi, dans le même mouvement, de ses choix pas toujours adroits si l'on se oenche un minimum sur les films cités), après avoir récemment incarné rien de moins que l'iconique Yves Montand devant la caméra de Diane Kurys - Moi qui t'aimais -, un bidasse à Kaboul pour Martin Bourboulon -13 jours, 13 nuits -, où encore l'avocat d'une meurtrière dans le drame judiciaire à la lisière du polar du dimanche soir L'Affaire Zanetti de Leonardo Di Costanzo ((tiré d'un fait divers qui a capté l'intention du cinéaste, survenu en Italie en 2009 : l’histoire de Stefania Albertani, condamnée pour le meurtre de sa sœur); Roschdy Zem, plus insaisissable que jamais, nous revient en musicien raté et écorché vif/papa rockeur disparue dans des circonstances on ne peut plus trouble, au coeur d'un drame socialo-familiale sauce récit initiatique chargé comme mule, Billie Melody, estampillé premier long-métrage en solo de Christine Paillard, qui avait déjà indirectement croisé sa route par le passé - elle était co-scénariste du sympathique Le Principal de Chad Chenouga, où le comédien campait un cousin (pas si) lointain de Jonathan Shale de The Substitute.

Copyright Sésame Films-Mille et une productions

Partant d'une mélodie pas forcément moins alléchante qu'une autre sur le papier (une gamine de quatorze piges, dont la vie vient d'être littéralement bouleversée après la mort mystérieuse de son paternel, cherche à se reconstruire sous le poids d'un deuil insondable et des tensions familiales croissantes - elle pense que sa mère n'est pas du tout innocente dans cette disparition soudaine -, tout autant que des réponses dans les silences et les non-dits des adultes qui l'entourent), la narration peine néanmoins assez vite à ne pas pointer les limites d'un groove confus, beaucoup trop familier et redondant pour son bien, où les fausses notes (son pendant fantastique à la symbolique éculée, sa mise en scène sans ampleur, un Roschdy Zem qui cabotine mignon) tout autant que les engueulades artificiellement répétées (mari et femme comme mère et fille), de personnages qui ne semblent uniquement croqués que pour se déchirer (par maladresse comme par pur égoïsme), viennent rythmer une balade au demeurant touchante quand elle laisse la sensibilité brute de sa jeune héroïne, campée avec justesse par la nouvelle venue Bonnie Bouriche Troutaud, dévorer chaque bord du cadre.

Not quite our tempo donc, et le mot est faible.


Jonathan Chevrier