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[CRITIQUE] : Les fous du pickeball


Réalisateur : Josh Greenbaum
Avec : Jake Johnson, Mary Steenburgen, Ed Harris, Aaron Chen,...
Distributeur : Apple TV
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h42min.

Synopsis :
En essayant de sauver un club en crise et de gagner le respect de son père, un joueur de tennis professionnel est forcé de faire la seule chose qu'il avait juré de ne jamais faire : jouer au pickleball.




Au rayon de la comédie sportive US savamment déglinguée (en même temps, seul Hollywood a réellement arpenter le chemin avec un minimum d'assiduité, le génial Shaolin Soccer de Stephen Chow n'ayant pas vraiment su faire de petits), il y a un roi indiscutable, Will Ferrell (le pape du White Trash, même s'il semble en quête de son mojo perdu depuis trop longtemps), quelques chevaliers aux grands cœurs et à la potacherie affûtée - Adam Sandler et Ben Stiller -, et une petite liste de tentatives difficilement défendables qui se sont copieusement cassés la raquette - voire plus -, en tentant de copier la formule magico-absurde d'un Dodgeball, d'un Happy Gilmore où encore d'un Les Rois du Patin et d'un Ricky Bobby, roi du circuit (Rocky Bobby dans nos veines, et à jamais).

Copyright Apple+

Que Josh Greenbaum, à la carrière cinématographique jusqu'ici pas forcément jouasse (le chouette Will & Harper, les moins mémorables Backstreet Dogs et Barb and Star Go to Vista Del Mar), quand bien même il a un joli C.V. sur le petit écran, s'essaye à ce sous-genre particulièrement complexe, sous l'adoubement d'un Stiller producteur qui s'offre même un petit caméo à la distribution, avait néanmoins de quoi intriguer mignon, ne serait-ce parce qu'il promettait d'aborder un sport qui nous était jusqu'ici méconnu : le pickleball, rejeton direct du tennis et cousin du paddle (que les pratiquants de ces deux sports jugent, apparemment, gentiment ringard, mais qui connait un vrai boom chez les seniors), qui se pratique avec une balle en plastique creuse perforée - on ne pouvait que dormir moins con à sa vision, donc.

The Dink aka Les fous du pickeball par chez nous (shame...) donc, que l'on peut intimement voire comme une sorte de rip-off plus où moins assumé au Happy Gilmore du Sandman (également cité plus où moins de loin, dans la série The Hawk fraîchement dégainée par Netflix, avec Will Ferrell en vedette... décidément) avec un doigt de Dodgeball (pour la mise en lumière humoristique - mais néanmoins respectueuse - d'un sport mineur), où un ancien enfant prodige du tennis, Dusty Boyd (un excellent Jake Johnson), bossant en tant que coach pour un paternel qui le prend pour un raté (le trop rare Ed Harris), s'offre l'opportunité de briller sur le tard, en pleine quarantaine, alors qu'il est éduqué aux bienfaits du pickeball, par les précieux conseils d'une ravissante septuagénaire (Queen Mary Steenburgen)...

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Ne tapant jamais un revers au-delà les limites fragiles d'une écriture certes sans fioritures (même ses enjeux dramatiques sont taillés à la serpe) et allant strictement à l'essentiel mais avant tout et surtout douloureusement prévisible, qui convoque de jolies références sans jamais réellement se donner les moyens de boxer dans leurs catégories, le film joue la carte d'un divertissement rythmé, léger et agréable, jamais trop agressif ni totalement incisif dans son humour (malgré une irrévérence et une potacherie marquée, la popote aurait peut-être mérité d'être encore plus outrancière), qui suscite la sympathie avec une bonhomie et une énegie sincères, tout en étant pleinement conscient qu'il ne pète pas trois cordes au cordage d'une raquette déjà cassée.

Du pickable " watchable " donc (même pas pardon) mais point mémorable...


Jonathan Chevrier