[CRITIQUE] : Les Matins merveilleux
Réalisatrice : Avril Besson
Avec : India Hair, Raya Martigny, Eric Cantona,...
Distributeur : Arizona Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h27min
Synopsis :
De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand-mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques ressusciteront les pas de danse de sa mère dans les yeux humides de Titou, caviste rêveur, ni qu’une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve son idéal de liberté dans la pizzeria du village. Pour l’instant, elle roule.
Il y a la douceur comme la candeur des premiers efforts gravés dans le marbre de la pellicule, qui se dégage du premier long-métrage de la wannabe cinéaste Avril Besson, Les Matins merveilleux (adoubé par la dernière réunion cannoise, en Séance Spéciale), qui laisse déjà modestement poindre une singularité joliment enthousiasmante, une sorte de délicat mélange entre une légère fantaisie burlesque et une poésie plus ou moins gentiment affirmée, avec une narration à la fois fermement ancrée dans notre quotidien tout autant qu'elle semble régit par sa propre cohérence, sa propre logique, sa propre poésie.
Reprenant aussi bien ses comédiennes vedettes - India Hair et Raya Martigny, à l'alchimie palpable - que la délicate romance queer (qui tissait ses liens sous fond de... vente de matelat, true story) au coeur de son court-métrage Queen Size, le film se fait une modeste et tendre comédie romantico-intemporelle, balade pittoresque chevillée au corps et au coeur d'une poignée d'âmes en quête de connexion et d'ailleurs.
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| Copyright Arizona Distribution |
Et plus particulièrement Charlie, traductrice célibataire un brin lunaire mais attachante qui bouffe le bitume bien de chez nous en Twingo vers le Var, avec des vieux disques disco en bandoulière et le deuil de sa grand-mère qui, comme la mélancolie des tubes d'époque, n'est pas encore totalement décidé à la quitter alors qu'elle a pris en charge tout son enterrement - et les petits à-côtés.
Un engagement total qui va l'amener à croiser la route de Titou, figure mélancolique du passé de son aînée à qui tous les vinyls sont légués (un Éric Cantona absolument génial en roi du disco solitaire), mais aussi et surtout l'énigmatique Martina qui, tout comme elle, aspire a plus que ce que son quotidien de serveuse dans une pizzeria lui offre, et rêve d'un nouveau départ plein de promesses et d'inconnues...
Trivial et éphémère comme un amour d'été (sa facture, au demeurant conventionnelle, à presque des allures de feuilleton estivale tout droit sortie du catalogue TF1 des 90s), véritable bulle réconfortante fragile et sucrée au charme merveilleusement rétro, Les Matins merveilleux ne révolutionne rien - et n'affirme jamais vouloir le faire -, mais fait un bien fou à sa vision, tant on en ressort charmé autant par la tendresse folle et la candeur touchante qui s'en émane (l'itinéraire improvisé d'une jeune femme qui trouve sa place en dansant - littéralement - dans les pas d'une mère qu'elle n'a jamais réellement connue), que par la partition exaltée d'une distribution totalement vouée à sa cause.
Le shot cinématographique réconfortant dont on avait tous bien besoin.
Jonathan Chevrier









