[CRITIQUE/RESSORTIE] : Les hommes préfèrent les blondes
Réalisateur : Howard Hawks
Avec : Marilyn Monroe, Jane Russell, Charles Coburn,…
Distributeur : Park Circus France
Budget : -
Genre : Comédie Musicale, Comédie, Comédie Dramatique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h31min
Date de sortie : 30 juillet 1954
Date de ressortie : 27 mai 2026
Synopsis :
Une blonde explosive, croqueuse de diamants et une brune foudroyante éblouie par les muscles des beaux messieurs s'embarquent pour la France. Sur le paquebot se trouvent le richissime Piggie et les athlètes américains de l'équipe olympique.
The Diamonds are a girl's best friends…
Plongée dynamique au coeur du milieu des danseuses de revues façon comédie des contraires, qui opposent deux femmes/comédiennes aux caractères dissemblables (une Marilyn/Lorelei Lee qui assume pleinement être une « Material Girl » uniquement intéressée par les hommes riches - elle est fiancée à un futur héritier blindé -; une Jane Russell/Dorothy Shaw à la répartie affûtée, qui tombe amoureuse d'hommes certes honnêtes mais fauchés comme les blés), mais liées par une amitié indéfectible et sincère (peut-être l'une des plus belles amitiés féminines du cinéma ricain, aux côtés des légendaires Thelma et Louise de Ridley Scott), décidées à découvrir notre chère capitale tout en faisant chavirer un maximum de têtes d'athlètes olympiques et de cœurs, durant la Croisière les menant vers le vieux continent.
Un homme riche, c'est comme une jolie fille. On ne se marie pas avec une fille seulement parce qu'elle est jolie. Mais, mon dieu, cela aide un peu.
Faussement désuète mais joliment sarcastique dans sa manière d'incarner plus fièrement qu'elle ne le laissait présager, autant une satire plutôt en jambes des relations hommes/femmes qu'une célébration moderne de la féminité auprès de deux femmes faussement naïves et confiantes qui affirment leurs personnalités comme leurs émotions et leurs désirs (même si leur dépendance est toujours sous condition), face une caméra totalement amoureuse - et à raison - d'elles et qui sait mettre en valeur (d'autant que l'alchimie entre Monroe et Russell est particulièrement cinégénique), totalement consciente qu'elles peuvent captiver l'attention des hommes comme des spectateurs, par un simple regard (tout le statut de sex-symbol de Marilyn Monroe est bâti dès ce film, et elle tire joliment la couverture vers elle).
Gentiment culotté (soutenir l'avidité plus que le romantisme, sacrément subversif au coeur de l'Amérique puritaine des 50s, et encore plus dans une oeuvre subtile où les personnages masculins, totalement secondaires, n'existent qu'à travers ses deux héroïnes vedettes) mais aussi et surtout merveilleusement burlesque, lui qui n'a pas peur d'enchaîner les séquences improbables pour provoquer le rire comme appuyer son propos; Les hommes préfèrent les blondes et ses numéros aussi spectaculaires et mémorables qu'exigeants, est une merveille de séance à la fougue et au charme déconcertant.
La cerise sur le gâteau d'un mois de mai incroyablement denses en ressorties immanquables.
Jonathan Chevrier

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