[CRITIQUE] : Dry Leaf
Réalisateur : Aleksandre Koberidze
Acteurs : Irina Chelidze, Otar Nijaradze, David Koberidze,...
Distributeur : Norte Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Allemand, Géorgien.
Durée : 3h06min
Synopsis :
Lisa, photographe sportif, disparaît, laissant une lettre dans laquelle elle demande de ne pas la chercher. Comme elle était partie photographier les terrains de football de villages éloignés, son père Irakli, équipé d’une liste de lieux donnée par son rédacteur en chef et aidé d’un ami à elle, part à sa recherche à travers les vastes et riches paysages géorgiens.
On avait laissé le cinéma cotonneux d'Alexandre Koberidze sur une petite merveille, Sous le ciel de Koutaïssi, qui incarnait plus qu'une simple réflexion sur l'improbabilité de l'amour ou sur l'attraction magnétique qui nous enveloppe et nous entraîne vers l'autre : une ode à l'importance de l'affection et du bonheur sous toutes ses formes si familières, autant qu'à l'émerveillement insouciant qui doit être préserver en chacun de nous, trompant sans forcer l'aspect intimidant de sa durée foisonnante - 2h30 -, par une narration et un montage purgé de toute scène superflue.
Une merveille de conte de fées magique et réaliste, fantaisiste et généreux, à la poésie singulière passionnante, pas si éloigné du cinéma d'Otar Iosseliani, sous couvert d'un hommage aimant et rafraîchissant au cinéma muet.
Quatre ans plus tard, le voilà de retour avec Dry Leaf en nous poussant encore un peu plus à stimuler notre imaginaire et à questionner notre rapport au septième art, avec une oeuvre dont la patine abîmée, fruit d'un tournage avec un viel Sony Ericsson (instant nostalgie) - mais avec une texture sonore impeccable -, agit comme une véritable profession de foi sur l'essence même d'un road movie où l'espace et les paysages supplantent le voyage et la caractérisation des personnages : l'érosion du temps et de la mémoire, la perception subjective et fragile - voire déformé - du monde, transformant la quête d'un père inquiet (qui part à la recherche de fille perdue, une journaliste et photographe sportive chargée de photographier des terrains de football vétustes de la Géorgie rurale), en un pèlerinage nostalgique et poignant vers l'absence et le néant habités par l'invisible, dont le flou n'est qu'une invitation à la (re)découverte du monde, à ré-imaginer ce que les images masquent, floutent, peinent à révéler
Peinture impressionniste entre Tuner et Cézanne prompt aux disgressions et aux rencontres, où la quête d'un enfant perdu n'est qu'un MacGuffin pour contempler la désolation humaine d'un monde que l'on ne prend plus le temps de regarder, d'apprécier avant que le temps ne se dérobe à nous; Dry Leaf est une merveille de séance sensorielle et discursive qui intime de briser notre conscience linéaire de l'espace et du temps, pour nous pousser à mieux nous reconnecter avec ce(ux) qui nous entoure et nous-mêmes.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Irina Chelidze, Otar Nijaradze, David Koberidze,...
Distributeur : Norte Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Allemand, Géorgien.
Durée : 3h06min
Synopsis :
Lisa, photographe sportif, disparaît, laissant une lettre dans laquelle elle demande de ne pas la chercher. Comme elle était partie photographier les terrains de football de villages éloignés, son père Irakli, équipé d’une liste de lieux donnée par son rédacteur en chef et aidé d’un ami à elle, part à sa recherche à travers les vastes et riches paysages géorgiens.
On avait laissé le cinéma cotonneux d'Alexandre Koberidze sur une petite merveille, Sous le ciel de Koutaïssi, qui incarnait plus qu'une simple réflexion sur l'improbabilité de l'amour ou sur l'attraction magnétique qui nous enveloppe et nous entraîne vers l'autre : une ode à l'importance de l'affection et du bonheur sous toutes ses formes si familières, autant qu'à l'émerveillement insouciant qui doit être préserver en chacun de nous, trompant sans forcer l'aspect intimidant de sa durée foisonnante - 2h30 -, par une narration et un montage purgé de toute scène superflue.
Une merveille de conte de fées magique et réaliste, fantaisiste et généreux, à la poésie singulière passionnante, pas si éloigné du cinéma d'Otar Iosseliani, sous couvert d'un hommage aimant et rafraîchissant au cinéma muet.
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Quatre ans plus tard, le voilà de retour avec Dry Leaf en nous poussant encore un peu plus à stimuler notre imaginaire et à questionner notre rapport au septième art, avec une oeuvre dont la patine abîmée, fruit d'un tournage avec un viel Sony Ericsson (instant nostalgie) - mais avec une texture sonore impeccable -, agit comme une véritable profession de foi sur l'essence même d'un road movie où l'espace et les paysages supplantent le voyage et la caractérisation des personnages : l'érosion du temps et de la mémoire, la perception subjective et fragile - voire déformé - du monde, transformant la quête d'un père inquiet (qui part à la recherche de fille perdue, une journaliste et photographe sportive chargée de photographier des terrains de football vétustes de la Géorgie rurale), en un pèlerinage nostalgique et poignant vers l'absence et le néant habités par l'invisible, dont le flou n'est qu'une invitation à la (re)découverte du monde, à ré-imaginer ce que les images masquent, floutent, peinent à révéler
Peinture impressionniste entre Tuner et Cézanne prompt aux disgressions et aux rencontres, où la quête d'un enfant perdu n'est qu'un MacGuffin pour contempler la désolation humaine d'un monde que l'on ne prend plus le temps de regarder, d'apprécier avant que le temps ne se dérobe à nous; Dry Leaf est une merveille de séance sensorielle et discursive qui intime de briser notre conscience linéaire de l'espace et du temps, pour nous pousser à mieux nous reconnecter avec ce(ux) qui nous entoure et nous-mêmes.
Jonathan Chevrier


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