Breaking News

[CRITIQUE] : Voicemails for Isabelle


Réalisatrice : Leah McKendrick
Acteurs : Zoey Deutch, Nick Robinson, Nick Offerman, Lukas Gage, Leah McKendrick,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Romance, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h55min.

Synopsis :
Pour affronter la mort de sa sœur, Jill lui laisse des messages vocaux où elle se confie sur sa vie chaotique à San Francisco. Lorsque le numéro est réattribué à son insu, un agent immobilier insaisissable d’Austin se met à recevoir ces messages à la fois drôles et profondément intimes.




À sa vision, il n'y a rien de plus évident que de dire que la comédie romantique Voicemails for Isabelle de la scénariste et réalisatrice Leah McKendrick (qui s'offre également un petit rôle à l'écran), est furieusement facile et convenue, dans le sens où elle épouse sans la moindre réserve et avec gourmandise tous les tropes du genre, d'autant qu'il ne cherche même pas à masquer sa révérence marquée au cinéma (béni) de Nora Ephron (elle pille gentiment Vous avez un message et Nuits Blanches à Seattle).

Mais surtout, elle assume pleinement ce qu'elle est, tant elle est incroyablement sérieuse dans son exploration de la romcom, expurgée de tout cynisme méta à la mode ni d'une volonté putassière de se moquer/jouer de ses personnages pour mieux nous faire rire/chavirer.
Une approche pure et simple qui ne ment jamais sur la marchandise et qui incarne totalement ce que l'on veut voir (et peut-être encore plus en cette période de l'année, où la romance est sensiblement plus absente des radars, pour revenir en force dès le printemps et l'hiver) : une péloche certes sans grande ambition mais qui a suffisamment d'humour et de coeur pour être une vraie séance réconfortante.

Copyright Netflix

D'un pitch presque prétexte (pour affronter la mort de sa sœur malade, une jeune femme, Jill, continue de lui laisser des messages vocaux où elle se confie sur sa vie chaotique à San Francisco, mais tout bascule lorsque le numéro est réattribué à son insu, à un agent immobilier insaisissable d’Austin, Wes, qui se met à recevoir ces messages à la fois drôles et profondément intimes...) qui ne souligne pas plus que de raison la dangerosité du comportement toxique de sa figure masculine (séduire une femme à partir de confessions que l'on n'est pas censé savoir, tout en cachant son identité, aussi noble que soit les sentiments... un aspect glauque très 80s/90s, certes), le film tire toute sa force autant du portrait doux et attachant d'une héroïne aussi charmante et désespérément triste que la vie endeuillée et désordonnée, que de l'alchimie naturelle qui se dégage d'un pétillant tandem Zoey Deutch/Nick Robinson (deux comédiens rompus au genre), qui crapahute dans un San Francisco de carte postale - et un personnage à part entière de l'histoire.

Alors oui, le film a tout d'un vrai bonbon générique comme ce n'est pas permis, qui ne manque pas de foncer tête la première vers l'issue inévitable et réconfortante promise, mais il y a une tendresse rétro qui se dégage de cette proposition cotonneuse et - volontairement - insignifiante, qui ne réinvente absolument en rien la formule si familière qui l'anime, tout en sachant avec intelligence nous la servir sans (grosses) fausses notes.
Pas une petite gageure pour une production made in firme au Toudoum...


Jonathan Chevrier