[CRITIQUE/RESSORTIE] : Boogie Nights
Réalisateur : Paul Thomas Anderson
Avec : Mark Wahlberg, Burt Reynolds, Julianne Moore, Heather Graham, William H. Macy, John C. Reilly, Don Cheadle, Philip Seymour Hoffman, Luis Guzmán, Philip Baker Hall, Alfred Molina, Thomas Jane,…
Distributeur : Park Circus France
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h33min
Date de sortie : 18 mars 1998
Date de ressortie : 17 juin 2026
Synopsis :
En 1977, le jeune Eddie Adams est plongeur dans une boîte de nuit à la mode de San Fernando Valley, banlieue de Los Angeles. Sa vie de famille n'est pas rose entre un père muet et une mère hystérique qui lui reproche d'être un raté. C'est alors qu'il fait la connaissance de Jack Horner, qui va le propulser dans le monde du cinéma porno. A une époque où le sexe est un plaisir sans danger et le plaisir une industrie, Eddie devient une star internationale sous le nom de Dirk Diggler.
C'est comme le Port Salut, c'est (presque) écrit dessus : à l'instar des films mis en boîte par son homonyme Wes Anderson (pas Paulo W.S., respectes-toi un minimum cher lecteur), toute péloche signée par l'inestimable Paul Thomas Anderson (PTA pour les intimes, où ceux qui ne cherchent pas à gratter quelques caractères supplémentaires dans leurs mémoires : on vous voit !), s'apprécie et se savoure pour tout cinéphile un minimum endurci et ce, quand bien même son cinéma n'est pas forcément accessible à un très large public.
Parce qu'il faut l'admettre, en tout bon peintre du septième art dont chaque œuvre n'est qu'une succession de toiles faisant la part belle à des histoires denses et complexes comme à personnages vivants et infiniment bien croqués, le bonhomme prend son temps pour structurer toute la complexité de sa prose, ce qui pourrait irriter le spectateur moyen chipotant face à plus de deux heures d'une séance qui les mérite amplement, là où il ne broncherait pas forcément sur un blockbuster peut-être encore un peu plus étiré en longueur, mais avant tout et surtout définitivement moins enrichissant et plus décérebré (on vous voit bis).
Du cinéma exigeant, qui offre autant qu'il implique un investissement sans réserve.
Second long-métrage et déjà coup de maître, Boogie Nights use habilement de la mécanique familière du Rise and Fall pour dégainer un portrait meticuleux et exubérant de l'âge d'or d'un porno américain dont l'explosion populaire marquait au fer rouge son inévitable déclin, au plus près de l'entrejambe de l'une de ses jeunes étoiles les plus brillantes et éphémères, véritable symbole bandant d'une ère où personne ne voulait véritablement voir la rudesse de l'avenir, tous trop enivrés par la gloire, la fortune et les plaisirs de la chair - mais pas que(ue) - du présent.
Eddie Addams aka Dirk Diggler (Marky Mark Wahlberg, peut-être dans la meilleure prestation de toute sa carrière, que son ami Leonardo DiCaprio, un tant en pôle pour le rôle avant de voguer vers Titanic, avait suggérer au cinéaste) le premier donc, gamin à la gueule d'ange mais au membre hors norme, dont la particularité physique exceptionnelle et son (très) haut potentiel cinégenique ne pouvait pas rester longtemps dans l'ombre d'un pape du X, Jack Horner (feu l'immense Burt Reynolds, au sommet de ses capacités), qui l'a fait passé de la plonge d'un restaurant à star du business que tout le monde s'arrache en deux temps, trois coups de hanches, au point que le succès lui est vite monté à la tête, englouti par les vérités d'une industrie elle-même foudroyée par la réalité des 80s : balayé des salles de cinéma, le porno est relegué au marché de la vidéo et les idéaux de ses artisans, au caniveau.
Il n'est qu'une victime parmi tant d'autres d'un aveuglément général (comme la douce Amber - incroyable Julianne Moore -, matriarche de ce petit monde de fesses et de cœurs, dévastée par la douleur insondable de ne pas pouvoir physiquement l'être, éloignée qu'elle est de son fils par une justice la punissant pour ses choix de carrière; où même Little Bill - un William H. Macy touchant -, bras droit de Horner dont l'existence désespérée est cruellement et cyniquement marquée par les innombrables tromperies de sa femme érotomane), un môme déscolarisé et authentique désireux de brillé mais bouffé par son propre orgueil (et la cocaïne aussi, certes) et son déni d'une fin tragique et inéluctable : dans un monde de strass et de façade, il est encore plus facile de vous faire jouir et monter au septième ciel, que vous ramener brutalement sur terre.
Avec : Mark Wahlberg, Burt Reynolds, Julianne Moore, Heather Graham, William H. Macy, John C. Reilly, Don Cheadle, Philip Seymour Hoffman, Luis Guzmán, Philip Baker Hall, Alfred Molina, Thomas Jane,…
Distributeur : Park Circus France
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h33min
Date de sortie : 18 mars 1998
Date de ressortie : 17 juin 2026
Synopsis :
En 1977, le jeune Eddie Adams est plongeur dans une boîte de nuit à la mode de San Fernando Valley, banlieue de Los Angeles. Sa vie de famille n'est pas rose entre un père muet et une mère hystérique qui lui reproche d'être un raté. C'est alors qu'il fait la connaissance de Jack Horner, qui va le propulser dans le monde du cinéma porno. A une époque où le sexe est un plaisir sans danger et le plaisir une industrie, Eddie devient une star internationale sous le nom de Dirk Diggler.
C'est comme le Port Salut, c'est (presque) écrit dessus : à l'instar des films mis en boîte par son homonyme Wes Anderson (pas Paulo W.S., respectes-toi un minimum cher lecteur), toute péloche signée par l'inestimable Paul Thomas Anderson (PTA pour les intimes, où ceux qui ne cherchent pas à gratter quelques caractères supplémentaires dans leurs mémoires : on vous voit !), s'apprécie et se savoure pour tout cinéphile un minimum endurci et ce, quand bien même son cinéma n'est pas forcément accessible à un très large public.
Parce qu'il faut l'admettre, en tout bon peintre du septième art dont chaque œuvre n'est qu'une succession de toiles faisant la part belle à des histoires denses et complexes comme à personnages vivants et infiniment bien croqués, le bonhomme prend son temps pour structurer toute la complexité de sa prose, ce qui pourrait irriter le spectateur moyen chipotant face à plus de deux heures d'une séance qui les mérite amplement, là où il ne broncherait pas forcément sur un blockbuster peut-être encore un peu plus étiré en longueur, mais avant tout et surtout définitivement moins enrichissant et plus décérebré (on vous voit bis).
Du cinéma exigeant, qui offre autant qu'il implique un investissement sans réserve.
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| © Copyright 1997 - New Line Cinema - All rights reserved // Metropolitan FilmExport // Park Circus France |
Second long-métrage et déjà coup de maître, Boogie Nights use habilement de la mécanique familière du Rise and Fall pour dégainer un portrait meticuleux et exubérant de l'âge d'or d'un porno américain dont l'explosion populaire marquait au fer rouge son inévitable déclin, au plus près de l'entrejambe de l'une de ses jeunes étoiles les plus brillantes et éphémères, véritable symbole bandant d'une ère où personne ne voulait véritablement voir la rudesse de l'avenir, tous trop enivrés par la gloire, la fortune et les plaisirs de la chair - mais pas que(ue) - du présent.
You're not the boss of me, Jack. You're not the king of Dirk. I'm the boss of me. I'm the king of me. I'm Dirk Diggler. I'm the star. It's my big dick and I say when we roll.
Eddie Addams aka Dirk Diggler (Marky Mark Wahlberg, peut-être dans la meilleure prestation de toute sa carrière, que son ami Leonardo DiCaprio, un tant en pôle pour le rôle avant de voguer vers Titanic, avait suggérer au cinéaste) le premier donc, gamin à la gueule d'ange mais au membre hors norme, dont la particularité physique exceptionnelle et son (très) haut potentiel cinégenique ne pouvait pas rester longtemps dans l'ombre d'un pape du X, Jack Horner (feu l'immense Burt Reynolds, au sommet de ses capacités), qui l'a fait passé de la plonge d'un restaurant à star du business que tout le monde s'arrache en deux temps, trois coups de hanches, au point que le succès lui est vite monté à la tête, englouti par les vérités d'une industrie elle-même foudroyée par la réalité des 80s : balayé des salles de cinéma, le porno est relegué au marché de la vidéo et les idéaux de ses artisans, au caniveau.
Il n'est qu'une victime parmi tant d'autres d'un aveuglément général (comme la douce Amber - incroyable Julianne Moore -, matriarche de ce petit monde de fesses et de cœurs, dévastée par la douleur insondable de ne pas pouvoir physiquement l'être, éloignée qu'elle est de son fils par une justice la punissant pour ses choix de carrière; où même Little Bill - un William H. Macy touchant -, bras droit de Horner dont l'existence désespérée est cruellement et cyniquement marquée par les innombrables tromperies de sa femme érotomane), un môme déscolarisé et authentique désireux de brillé mais bouffé par son propre orgueil (et la cocaïne aussi, certes) et son déni d'une fin tragique et inéluctable : dans un monde de strass et de façade, il est encore plus facile de vous faire jouir et monter au septième ciel, que vous ramener brutalement sur terre.
La star n'est qu'un objet organique mais jetable, que l'on peut user et abuser jusqu'à ne plus en avoir besoin; une poupée datée même sans avoir pleinement embrassé sa vie d'adulte, un produit vite obsolète, jamais réellement une vie.
La question n'est alors jamais réellement de savoir pour qui sera la chute - puisqu'elle est promise à tout le monde -, mais bien comment chacun est appelé à la négocier.
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| © Copyright 1997 - New Line Cinema - All rights reserved // Metropolitan FilmExport // Park Circus France |
What can you expect when you're on top? You know? It's like Napoleon. When he was the king, you know, people were just constantly trying to conquer him, you know, in the Roman Empire. So, it's history repeating itself all over again.
Et c'est là tout le sel de cette balade immersive en deux temps/groove bien distinct (la première partie, sensiblement plus légère, est la descente d'Alice/Eddie dans le terrier du lapin tout beau, tout rose tandis que la seconde elle, laisse entrevoir l'enfer et la perversion derrière les illusions de cet univers flirtant dangereusement avec le néant), que le cinéaste pense moins comme un portrait sans concession mais comico-émoustillé du monde de la pornographie, que comme une magnifique et saisissante fresque familiale sur des âmes hantées par leurs échecs mais solidaires (si personne ne trouve totalement sa place dans la réalité de l'Amérique de la fin des 70s/début des 80s, mais tout le monde trouve la sienne dans la bulle de fantaisie érotico-jouissive de Jack Horner), retranscrivant avec une justesse rare l'esprit intense comme la moralité déclinante de toute cette époque.
Le fruit béni de l'union d'un PTA et de son sens inné de l'image (des travellings méticuleux à en tomber par terre), épousant fougueusement la photographie démente de Robert Elswit (l'arme absolue de toute sa filmographie, avec le monteur Dylan Tichenor), qui vibre, virevolte au plus près des corps, comme pour presque en devenir un elle-même, s'humanisant étrangement dans la beauté du vice comme dans la tendresse de la démesure.
Le tout appuyé par une bande originale entraînante et fiévreuse, presque omniprésente mais mûrement choisie car plus qu'un Quentin Tarantino que l'on a un peu trop tendance à ériger comme un maître de la playlist jukebox (le plus grand cinéaste de la musique est et restera David Lynch, et Anderson en est l'un des plus beaux et éclectiques héritiers), PTA pense ses titres pour qu'ils soulignent l'action, pour qu'ils vivent avec, existent avec et pour elle.
L'apanage d'un grand faiseur de rêve, le panache d'un très (très) grand moment de cinéma.
Jonathan Chevrier










