[CRITIQUE] : Le Vertige
Réalisateur : Quentin Dupieux
Acteurs : Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier, Jean-Marie Winling,...
Distributeur : Diaphana Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h07min.
Synopsis :
Jacques se rend chez son ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…
Une année ciné sans un canevas de la douce bizzarerie du cinéma de Quentin Dupieux n'est pas totalement une année ciné française, et si 2025 s'était montré un peu moins gourmande qu'à l'accoutumée avec une seule séance - le sympathique L'Accident de Piano -, 2026 s'inscrit sur un tempo plus traditionnel (deux films par an) et à la qualité déjà appelée à être disparate, si l'on en suit les retours cannois pour Full Phil; symbole plus où moins criant, à l'image de plusieurs de ses précédents efforts, d'un cinéaste qui n'hésitait plus vraiment à laisser transparaître l'idée loin d'être glorieuse qu'il n'avait plus grand chose à nous dire tout en ayant, paradoxalement, une vraie volonté de s'inscrire pleinement dans des questionnements contemporains et de caricaturer notre époque (on n'est pas à un paradoxe près avec son cinéma).
Il faut dire, voilà déjà vingt-cinq printemps que le bonhomme, dont la dynamique/frénésie créative Mocky-esque est venue complètement corriger son statut de faiseur simili-punk de la comédie hexagonale, pour en faire un trublion décemment plus institutionnel et abonné régulier des festivals, qui hante et anime le septième art hexagonal par son génie absurde.
Un édifice démarré tout en nuances avec Nonfilm - tout est dans le titre -, sorte de mise en abyme où le film, tout comme Dupieux, réfléchissait - encore - à son propre processus de création.
Il y a des réminiscences de cet esprit qui se dégage du bien nommé Le Vertige, même s'il ne renouvelle absolument pas sa popote si familière, à ceci près que ses questionnements philosophiques sont sensiblement plus prononcés : partir d'une idée complètement abstraite mais fascinante pour mieux disséquer les interactions complexes comme les maux humains, au coeur d'une fable sociétalo-absurde.
L'idée abstraite ? Poussez la perception d'une réalité figée dans ses apparences en faisant du monde une immense simulation (sorte de Sims saccadé et rudimentaire sauce GTA : Vice City sur PS2), où l'artificialité n'est plus qu'un simple effet, une curieuse et intime impression mais bien une vraie condition existentielle ou chaque personnage, piégé sans réellement l'être, est totalement vidé de toute substance : l'humanité n'y est plus elle-même, elle est caricaturé, absente, presque sous pilotage automatique.
Et c'est là tout le sel, au-delà d'une avalanche de séquences délirantes et de gags plutôt bien sentis (couplé aux prestations géniales du trio Alain Chabat, Jonathan Cohen et Anaïs Demoustier), du parti pris du cinéaste qui masque son pessimisme coton derrière une bonne couche de burlesque, à savoir pointer comment la société contemporaine n'est plus que l'ombre d'elle-même, que la brutalité du réel est peut-être plus trouble et étrange encore que les simulations du virtuel où tout est possible, surtout le pire.
Tout le vertige est là, derrière cette plaisanterie inattendue faussement limité sur un " bienvenue dans la Matrice sauce franchouillarde " : et si le reflet cinématographico-existentiel et ironique de notre monde par un cinéaste imprévisible et absurde, l'était finalement moins que la réalité elle-même ?
Vous avez trois heures, Dupieux y répond en moins de soixante-dix minutes...
Jonathan Chevrier
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| Copyright Diaphana Distribution |
Il faut dire, voilà déjà vingt-cinq printemps que le bonhomme, dont la dynamique/frénésie créative Mocky-esque est venue complètement corriger son statut de faiseur simili-punk de la comédie hexagonale, pour en faire un trublion décemment plus institutionnel et abonné régulier des festivals, qui hante et anime le septième art hexagonal par son génie absurde.
Un édifice démarré tout en nuances avec Nonfilm - tout est dans le titre -, sorte de mise en abyme où le film, tout comme Dupieux, réfléchissait - encore - à son propre processus de création.
Il y a des réminiscences de cet esprit qui se dégage du bien nommé Le Vertige, même s'il ne renouvelle absolument pas sa popote si familière, à ceci près que ses questionnements philosophiques sont sensiblement plus prononcés : partir d'une idée complètement abstraite mais fascinante pour mieux disséquer les interactions complexes comme les maux humains, au coeur d'une fable sociétalo-absurde.
L'idée abstraite ? Poussez la perception d'une réalité figée dans ses apparences en faisant du monde une immense simulation (sorte de Sims saccadé et rudimentaire sauce GTA : Vice City sur PS2), où l'artificialité n'est plus qu'un simple effet, une curieuse et intime impression mais bien une vraie condition existentielle ou chaque personnage, piégé sans réellement l'être, est totalement vidé de toute substance : l'humanité n'y est plus elle-même, elle est caricaturé, absente, presque sous pilotage automatique.
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Et c'est là tout le sel, au-delà d'une avalanche de séquences délirantes et de gags plutôt bien sentis (couplé aux prestations géniales du trio Alain Chabat, Jonathan Cohen et Anaïs Demoustier), du parti pris du cinéaste qui masque son pessimisme coton derrière une bonne couche de burlesque, à savoir pointer comment la société contemporaine n'est plus que l'ombre d'elle-même, que la brutalité du réel est peut-être plus trouble et étrange encore que les simulations du virtuel où tout est possible, surtout le pire.
Tout le vertige est là, derrière cette plaisanterie inattendue faussement limité sur un " bienvenue dans la Matrice sauce franchouillarde " : et si le reflet cinématographico-existentiel et ironique de notre monde par un cinéaste imprévisible et absurde, l'était finalement moins que la réalité elle-même ?
Vous avez trois heures, Dupieux y répond en moins de soixante-dix minutes...
Jonathan Chevrier









