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[CRITIQUE] : The Furious



Réalisateur : Kenji Tanigaki
Avec : Xie Miao, Joe Taslim, Brian Le, Sahajak Boonthanakit, Yayan Ruhian,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Hong-kongais, Chinois.
Durée : 1h54min 

Synopsis :
Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.





Un père muet, stoïque et expert en arts martiaux, dont la fille a été enlevée par une organisation faisant du trafic d'enfants. Un mari dont la femme, journaliste, a disparu après avoir enquêté sur cette organisation. Des hommes de main impitoyables et ultra violents. C’est tout ce dont a besoin Kenji Tanigaki pour proposer son ride d’action intense. Lui qui était chef cascadeur pour l’excellent City of Darkness de Soi Cheang déploie sa palette de compétences dans The Furious. Et son expertise se ressent à l’écran. 

Le long-métrage est un condensé de tout ce qui plaît dans le cinéma hongkongais. Tanigaki va puiser dans de nombreuses formes d’arts martiaux, mais aussi des styles de combat plus « urbain » et primaire, offrant des scènes de combat époustouflantes. Caractéristique du cinéma d’action asiatique, le réalisateur laisse ces instants d’action respirer, avec un montage parfaitement maîtrisé, dont des plans très longs, et une lisibilité des mouvements. Dès la première séquence, et jusqu’à la dernière, The Furious n’arrête jamais de nous envoyer des shoots d'adrénaline, sans aucun répit, frôlant à chaque fois la limite de l’indigestion, sans jamais y tomber pour autant.

Copyright Edko Films / Capelight Pictures / Metropolitan FilmExport

Par contre, si vous êtes à la recherche d’un scénario subtil ou original, passez votre chemin. Même s’il propose quelques idées intéressantes comme un personnage principal totalement muet, le réduisant à son aspect primaire de machine de guerre, The Furious n’a d’intérêt que dans sa maestria de réalisation d’action. Le film n’échappe pas aux écueils classiques de ce genre de film. Une caractérisation des personnages très basique, des « deus ex machina » à gogo, le long-métrage ressemble plus à une adaptation d’un beat them up. Un objectif est donné, des vagues d’ennemis arrivent, puis le boss final. Et ainsi de suite. 

Mais, en même temps, ce n’est pas ce que l’on attend de ce genre de production. Cependant, cela a pour conséquence que les séquences plus calmes sont beaucoup moins passionnantes, et cassent le rythme, mais permettant à son spectateur d’un peu se reposer. D’autant plus que Kenji Tanigaki fait jouer ses personnages en langue anglaise, et on sent qu’ils sont moins à l’aise. Et dès qu’il joue en mandarin, cela semble beaucoup plus fluide. Il est d’ailleurs marrant de voir que l’un des comédiens qui joue le mieux et celui qui est muet. Ce petit détail, qui semble anodin, a tout de même pour conséquence de sortir le spectateur plusieurs fois du film. 

Copyright Edko Films / Capelight Pictures / Metropolitan FilmExport

The Furious ne brille pas par son scénario, par ses dialogues ou par ses acteurs. Par contre, c’est un vrai bijou d’action. Kenji Tanigaki s’amuse avec ses scènes de combat, convoquant tous les moyens possibles et imaginables pour casser des bouches, et faire mal aux méchants. Pur ride d’art martial d’une grande intensité, on ressort épuisé de sa séance tant le réalisateur ne nous lâche jamais, offrant que de très rares instant de pause. Définitivement l’un des films d’action de l’année. 


Livio Lonardi



Copyright Edko Films / Capelight Pictures / Metropolitan FilmExport



Plus que de placer sur la carte du divertissement burné, une Indonésie dont on ne soupçonnait pas autant d'habileté à nous décoller la mâchoire, le diptyque The Raid a également ramené sur le devant de la scène une conception purement HK de la castagne à la fois racée et entraînante, qui privilégie le spectaculaire au moins autant que la notion d'une action limpide et percutante, préceptes que l'actionner contemporain, dans le bon comme dans le mauvais sens du terme, allait reprendre comme un mantra absolu, au quatre coins du globe - le succès monstre de la saga John Wick aidant beaucoup.

Mais, ironiquement, aucune production n'a réellement su reproduire cette aura si particulière (pas même les héritiers d'Evans en Indonésie, Timo Tjahjanto en tête), si ce n'est le cinéma hongkongais lui-même - coucou City of Darkness de Soi Cheang.
Autant dire donc que l'on ne pouvait qu'accueillir les bras grands ouverts une proposition telle que The Furious, estampillé premier long-métrage du coordinateur de cascades et wannabe cinéaste nippon Kenji Tanigaki, dont la génerosité frénétique vient gentiment contrebalancer l'aspect foncièrement éreintant d'une envie certes louable, de réveiller le cinéma HK avec des bâtons de dynamite sans fondamentalement réussir à rendre totalement satisfaisante sa convocation nostalgique et enthousiasmante d'une production - en partie - révolue.

Copyright Edko Films / Capelight Pictures / Metropolitan FilmExport

L'histoire s'attache, après l'enlèvement de sa fille par un impitoyable réseau criminel et l'inaction de la police corrompue, à Wang Wei, qui n'a aucun autre choix que de la secourir lui-même, quand bien même la mission s'annonce, à son échelle, plus impossible encore que celles menées par Ethan Hunt et sa bande.
Mais dans sa quête de sauvetage comme de justice, il sera accompagné par Navin, lui aussi décidé à rendre la monnaie de sa pièce au réseau, depuis la mystérieuse disparition de sa femme.
Deux hommes déterminés et animés par une soif de vengeance difficilement rassasiable, lancées têtes baissées dans une spirale de violence où il est certain qu'ils n'en ressortiront pas indemne.

Soit le terreau prétexte certes (et qui ne surpassera jamais les limites imposées par son écriture facile, plombé dans sa seconde moitié par quelques disgressions dispensables qui égratignent même un brin son rythme) mais parfait pour un film d'art martiaux sauce polar HK à l'ancienne, privilégiant bien plus la castagne homérique et les sensations primaires à travers une violence débridée et brutale, où chaque coup dégainé est à la fois viscéralement capturé sans être emporté par le chaos qu'il provoque.

Du beat them all régressif donc mais avec du corps et une inventivité sans borne, un cocktail outrancier totalement assumé (jusque dans ses incohérences et autres raccourcis narratifs) faisant fit de ses imperfections comme d'une caractérisation hésitante de ses personnages, pour mieux exciter la rétine de son auditoire en cognant dur et fort à un rythme effréné, articulant sa mise en scène autour du mouvement comme d'un respect sans borne pour les performances martiales et la variété/complexité des enchainements de sa belle galerie de cogneurs (l'incroyablement charismatique Joe Taslim en tête).

Copyright Edko Films / Capelight Pictures / Metropolitan FilmExport

Intense et éprouvant - dans le bon sens du terme -, riche en incroyables scènes de bastons purement viscérales - définitivement les plus exaltantes de récente mémoire, avec celles de City of Darkness -, The Furious n'a pas vocation a bousculer une popote familière mais bien à la célébrer avec enthousiasme et dévotion, ce qui justifie amplement le déplacement dans une salle obscure presque trop petite pour la générosité folle et le plaisir intense que cette séance suscite : on n'en demandait pas forcément plus.


Jonathan Chevrier