[CRITIQUE] : Colony
Réalisateur : Yeon Sang-ho
Acteurs : Gianna Jun, Kop Kyo-hwan, Ji Chang-Wook,...
Distributeur : ARP Sélection
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur, Action
Nationalité : Sud-Coréen.
Durée : 2h02min.
Synopsis :
Ce film est présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes 2026.
Dans un gratte-ciel du centre de Séoul, une mystérieuse contamination se propage brusquement. L’immeuble est bouclé et toutes les personnes présentes confinées. Au départ, les infectés rampent comme des bêtes. Mais peu à peu, ils évoluent…
La question est certes un brin putassière, mais pas fondamentalement sans pertinence non plus : est-ce qu'il y avait encore quelque chose à attendre d'un film de zombies/infectés chapeauté par le cinéaste sud-coréen Yeon Sang-ho (qui a sensiblement fait son beurre sur le sujet, et n'a rien proposé de bon non plus depuis, que ce soit les séries Hellbound et Parasite : The Grey où le pas fifou Jung_E), passé la catastrophe ambulante qu'incarnait Peninsula ?
Ce serait méchant de dire pas grand chose (même si cela reste proche de la vérité), mais force est d'admettre que le totem d'immunité incarné par son génial Dernier Train pour Busan, commence à méchamment subir les affres du temps et encore plus lorsqu'on se laisse aller à se remémorer le mauvais souvenir de sa suite donc, dénuée de l'oeil racé, de l'action cinétique ou même de l'émotion bouillonnante de son aîné (voire même du méchant Seoul Station), elle qui cassait la dynamique oppressante du huis clos ferroviaire pour voguer vers un prisme plus large et une pantalonnade post-apopo indéfendable, actionner/survival rincé autant dans sa digestion difficile de ses nombreuses références (coucou Mad Max, New York 1997 ou encore Land of The Dead), qu'une incapacité latente à rendre un tant soit peu convaincante son odyssée zombiesque.
Une sorte de cousin sud-coréen du briton Doomsday du jadis honorable Neil Marshall (au demeurant hautement attachant, même dans ses grosses failures), rien de plus qu'un bis dégénéré encore plus foutraque et boursouflé aux CGI mal torchés (une numérisation digne de la PS2), mais qui ne savait jamais réellement distillé une once de fun à son auditoire.
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| Copyright ARP Distribution |
Reste que, nouvelle sélection à Cannes oblige (en Séances de Minuit, parce qu'il ne faut pas trop déconner non plus), on s'est hasardé à laisser une chance à Colony, tentative vaine de renouveler un film de zombies qui a définitivement besoin de plus de radicalité (le diptyque 28 ans plus tard, pourtanr lui aussi bourré jusqu'à la gueule de défauts mais avec une vraie envie de cinéma derrière, qui fait sensiblement la différence) pour entrevoir le bout du tunnel, à travers une variation intéressante mais au traitement superflu (l'idée d'un effet de ruches, avec des infectés apprennant par imitation et reproduisant les comportements humains), frappée des mêmes tares que Peninsula : des personnages caricaturaux, vaguement esquissés et jamais vraiment empathiques, une action frénétique et sur-découpée mais avant tout et surtout, un manque total d'ambition à tous les niveaux, d'une mise en scène sans aspérités à une écriture expurgée de toute connotation sociologique et politique (et qui bazarde ses expositions techniques et scientifiques avant même la fin du premier tiers).
Alors certes, à défaut de lucidité (comme ses références, citant à la louche [REC], Die Hard,...), Yeon Sang-ho y va franco question brutalité (et, en ce sens, c'est évidemment plus divertissant que Peninsula, d'autant que quelques effets pratiques le dispense d'une bouillie numérique irritante) mais puisqu'il n'arrive jamais à impliquer physiquement et émotionnellement son auditoire, sa nouvelle bisserie friquée laisse sensiblement sur le carreau et démontre, douloureusement et sans doute pour de bon cette fois, les limites d'un sympathique et débrouillard faiseur, capable d'un petit miracle avant de lentement se consumer jusqu'à, peut-être, squatter honteusement les recoins sombees de la VOD qui tâche... comme Neil Marshall.
Ils sont loin désormais, les trains qui arrivaient à l'heure pour Busan...
Jonathan Chevrier


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