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[CRITIQUE] : Jumpers


Réalisateur : Daniel Chong
Avec : avec les voix Mallory Wanecque, Piper Curda, Artus,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Comédie, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min.

Synopsis :
Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute (littéralement !) sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite… en se glissant dans la peau d’une adorable femelle castor. Conçu par des scientifiques visionnaires, ce dispositif permet de transférer la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature. Mabel se lance alors dans une aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal.





Il fut une époque pas si lointaine où la firme à la lampe Pixar, pas encore totalement vampirisée par les élans de franchisation à outrance de la maison mère Disney, était caractérisée parce qui était l'essence même de sa nature : une constante prise de risques, souvent contrôlés certes, mais porté par une envie de défier l'adversité comme le tout commun assez exceptionnelle.
Après tout, ils ont été les premiers à produire long-métrage d'animation tout en images de synthèse puis, bien avant leurs concurrents Dreamworks où encore Laïka, les premiers à repousser les limites de leur créativité comme celles émotionnelles de leur auditoire, à travers des histoires aux thématiques difficiles et mâtures - bien loin d'une animation à la fois aux codes (un peu trop) bien établis.

Copyright 2025 Disney/Pixar. All Rights Reserved.

Aujourd'hui, si Disney semble mettre de côté ses tentatives " autres ", en abandonnant les dits projets voire en les laissant un peu trop de loin de salles obscures (pensez SoulTurning Red où encore Luca) méchamment abreuvées à outrance de suites tout aussi peu attendues que créativement opportunistes - Toy Story 5 arrive cet été -, une stratégie qui est encore plus validée par le four se l'excessivement coûteux Elio, qui s'est gentiment ratatiné la caboche l'an dernier au box-office (gageons que même Mickey s'est toujours cassé les dents sur l'idée de divertir en abordant le terrain sinueux de la science-fiction à forte tendance rétro-futuriste, coucou Atlantide : L'Empire perduLa Planète au TrésorBuzz l'Éclair et Avalonia, l'étrange voyage, des flops retentissants à la qualité disparate); il y a un vrai sentiment de " dernière chance " qui émane de l'exploitation en salles du résolument original Jumpers de Daniel Chong (également crédité au scénario) qui a pourtant tout, sur le papier, pour se ramasser.

Flairez plutôt : l'histoire s'attache à Mabel, une adolescente passionnée par la nature et les animaux (un amour qui lui a été transmit par sa grand-mère), profite d'une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite, en transférant la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature.
Et pour cette aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal, la gamine prend l'apparence... d'un castor, pas forcément le costume le plus adéquat mais, définitivement, le plus propice pour être confronté de plein fouet - mais non sans humour - aux ravages d'une humanité absurde qui, pour améliorer son confort, n'a de cesse de détruire la faune et la flore qui l'entoure...

Copyright 2025 Disney/Pixar. All Rights Reserved.

En apparence simpliste dans sa manière - pas si naïve - de prôner intelligemment l'entraide et l'union face à la préservation de l'environnement, d'une coexistence et d'une harmonie de plus en plus menacée par la bêtise de l'homme, Jumpers, a l'image de Soul, fait néanmoins preuve d'une jolie complexité dans l'exécution de son message environnemental essentiel, partant d'un pitch résolument absurde pour mieux renvoyer frontalement l'humanité face à ses erreurs (une urbanisation galopante, qui est ici pointé d'une manière particulièrement crue, mais aussi l'idée d'une résignation totale face à tous les maux accablants), au coeur d'une odyssée à l'énergie furieusement communicative, jonglant habilement entre un humour complice (jamais pesant dans ses clins d'œil à la pop-culture) et une émotion jamais artificielle (même dans son exploration familière, sur la dureté du deuil).

Du Pixar inspiré et inspirant, pétri de douceur et de charme dont l'optimisme exacerbé n'atténue pas pour autant la charge percutante qu'il porte fièrement en lui.
P.S. : gloire au roi George.


Jonathan Chevrier