[CRITIQUE] : Christy
Réalisateur : David Michōd
Acteurs : Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever, Katy O'Brian,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Biopic, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h15min.
Synopsis :
Inspiré d'une histoire vraie, Christy retrace l'ascension tumultueuse de la boxeuse Christy Martin, qui est passée de l'anonymat à la célébrité. La légendaire ténacité de Christy sur le ring cache en réalité des combats plus intimes avec sa famille, son identité et une relation toxique qui pourrait bien se transformer en une question de vie ou de mort.
Dans un paysage cinématographique populaire - mais pas que, certes - majoritairement dominé/gangrenné par des projets simplistes (pour être poli) usant inlassablement de la même formule établie et éprouvée, le biopic estampillé moderne peut apparaître parfois (comprendre souvent) comme la proposition la plus cheap et déclinable du marché et, paradoxalement, la plus usée parce qu'elle est, justement, l'incarnation parfaite de la facilité, pour peu que la figure choisie comme sujet ait une existence un minimum remplie (quoique, c'est un élément qui se discute également).
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| Copyright Black Bear Pictures / Metropolitan FilmExport |
Rares sont alors les cinéastes à essayer un tant soit peu de se démarquer de cette popote familière et redondante de l'hagiographie Wikipedia-esque, avec des histoires ambitieuses, pensées autant pour divertir que pour instruire leur auditoire; le biopic sportif s'adjugeant même un petit supplément Nutella/glucose inspirant, pour toucher la corde sensible d'une manière encore plus opportuniste.
D'opportunisme, Christy d'un David Michōd au mojo perdu, semblait en être gavé comme ce n'est pas permis, tant le film avait tout d'un véhicule in fine vain (un four si retentissant au box-office, qu'il a tout d'un véritable cas d'école) pour asseoir le statut de next Big thing Hollywoodienne de Sydney Sweeney, dans ce qui avait tout d'une simili-fusion entre Rocky et I, Tonya, flairant le bon filon avec l'histoire vraie inspirante et fantastique de Christy Martin, boxeuse au talent inné pour le noble art, dont les combats les plus compliqués n'étaient pas toujours gants aux poings.
Et sur le papier comme à l'écran, si le film est exactement le type de biopic formaté qui est voué à ne jamais dépasser le compte de 10 (peut-être, aussi, parce qu'il n'a jamais vraiment l'intention d'être aussi ambitieux que peut l'être son sujet), il s'avère néanmoins joliment maintenu en respect par son mood à toute épreuve, et sa manière aussi appliquée que respectueuse de retranscrire toutes les embûches et défis rencontrés par cette jeune femme à la résilience exceptionnelle (quitte à les exposer frontalement, pour éprouver sans ménagement son auditoire), dont la détermination extraordinaire lui a permis de vaincre l'adversité (mari toxique - et le mot est faible -, problèmes familiaux - entre rejet, manipulation et exploitation -, précarité et difficultés financières, misogynie décomplexée du monde de la boxe professionnelle, préjugés sur son homosexualité, ...), et de vite devenir l'une des figures les plus emblématiques de l'histoire de la boxe féminine - Rocky n'est jamais loin des cordes donc, Million Dollar Baby non plus.
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Tant pis donc, s'il est d'une prévisibilité un poil accablante (l'apanage de tout biopic, après tout, et encore plus de tout drame sportif un brin générique vissé sur un/une outsider) et que sa mise en scène pas assez punchy (mais crédible dans le feu de l'action), ne vient jamais assez relever les performances impliquées aussi bien de Sydney Sweeney (son meilleur rôle à ce jour, peut-être aussi parce qu'il est son premier réellement charpenté, terrain propice pour repousser ses limites physiques comme émotionnelles) et Ben Foster (rarement aussi repoussant), Christy fait gentiment le café, entre le biopic sportif didactico-traditionnel et le drame intime abordant justement quelques thématiques complexes (les violences domestiques en tête).
Pas mémorable donc, mais prenant.
Jonathan Chevrier



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