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[CRITIQUE] : Deux femmes et quelques hommes


Réalisatrice : Chloé Robichaud
Acteurs : Karine Gontier-Hyndman, Laurence Leboeuf, Félix Moati, Mani Soleymanlou,...
Distributeur : Les Alchimistes
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Canadien.
Durée : 1h50min.

Synopsis :
Violette et Florence sont voisines de palier et s’observent. L’une, en congé maternité, est à fleur de peau ; l’autre, en arrêt de travail, ne ressent plus rien. Leur rencontre bouscule soudain leur quotidien monotone et leur regard sur les hommes…. Et s’il était temps d’envisager une révolution sexuelle ?





Dans Deux femmes et quelques hommes, estampillé quatrième long-métrage de la cinéaste canadienne Chloé Robichaud (l'excellent Sarah préfère la course), tout part d'une rencontre, incongrue mais in fine essentielle, entre deux femmes voisines et mères de famille aux âges légèrement dissemblables, dont les existences sont marqués par une insatisfaction/frustration quotidienne et le désir intime de pleinement renouer avec une part d'elles-mêmes oubliée : Violette, fraîchement confrontée aux défis de la parentalité autant qu'à la souffrance d'un isolement qui se fait le fruit d'un mariage bouffé par la routine (deux tribus d'une maternité qui remet totalement la preservarion son identité en cause), et Florence, las de la mélancolie qui la ronge comme de son incapacité latente à pouvoir raviver la flamme d'un mariage à la passion encore plus endormie que la Belle au bois dormant.

Copyright Les Alchimistes

Deux mariages frappés autant par une libido malade/absente qu'un manque de communication/connexion à l'autre qui va pousser les deux moitiés feminines en conflits à (ré)agir, à se réapproprier leurs vies comme à combler toutes les lacunes affectives qui les fragilisent, d'une manière particulièrement... percutante.

Adaptation par la dramaturge Catherine Léger de sa propre pièce Deux femmes en or, elle-même inspirée du film à succès québécois éponyme, le film trouve intelligemment son groove en swinguant délicatement entre la comédie érotico-décomplexée et la dramédie joliment introspective, à l'esprit justement très 70s dans le ton comme dans sa manière légère et, paradoxalement, sérieuse d'aborder toutes les strates complexes de la vie moderne, flanquée au plus près d'une double renaissance comme d'un double éveil du désir féminin, au plus près de figures décidant de ne plus subir leurs existences mais bien de les transcender, quitte à franchir la frontière de l'infidélité, pour mieux réapprendre - voire même tout simplement apprendre - à se connaître réellement.

Copyright Les Alchimistes

Observation accrue de la vie comme du monde moderne invitant, sans jugement putassier, à repenser la notion d'engagement comme l'aspect traditionnel des rôles conjugaux, tout en sensibilisant subtilement son auditoire masculin sur les (écrasantes) pressions sociales subies par les femmes (vers dans la pomme de la santé mentale comme de la propre estime de soi), le film, porté par un magnifique tandem Karine Gontier-Hyndman et Laurence Leboeuf, est un petit bout de cinéma aussi espiègle que rafraîchissant dans son ludisme affirmé, qui prône l'écoute - de soi et de l'autre - pour mieux voguer vers la voie de l'épanouissement.

LA belle découverte de la semaine.


Jonathan Chevrier