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[CRITIQUE] : Les K D'or


Réalisateur : Jérémy Ferrari
Acteurs : Jérémy Ferrari, Laura Felpin, Éric Judor, Fred Testot,...
Distributeur : StudioCanal
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français
Durée : 1h36min

Synopsis :
D’après sa mère, Noé serait le fils caché de Kadhafi. Devenu chasseur de trésors, Noé n’a donc plus qu’une obsession, retrouver l’or de son père éparpillé dans le Sahel après sa mort. Pour y arriver il va avoir besoin des connexions de Zoulika (anciennement Louise), aussi attachante qu’incontrôlable et fraîchement sortie d’un centre de réinsertion civique, ainsi que de Ryan, puceau malvoyant de 52 ans participant au « Marathon des sables »… Une parfaite couverture pour passer la frontière discrètement !





Poil à gratter d'une scène française qui a toujours du mal à célébrer ceux qui font de l'humour noir, leur arme la plus aiguisée, Jérémy Ferrari avait fait ses débuts dans la jungle du septième art hexagonal sur la pointe des pieds : troisième couteau d'un délire qui n'aurait jamais dû quitter l'imaginaire du pourtant talentueux (et lui aussi rompu à la scène) Kheiron - Brutus vs César -, et un rôle définitivement plus charnu et glaçant, injustement passé hors des radars cinéphiles - Roqya.

Autant dire donc que le bonhomme va au-delà du stade de simplement brûler les étapes avec Les K D'or, où il brigue les triplés casquettes de réalisateur, co-scénariste et rôle titre, tout en se confrontant de plein fouet au plus ingrat et difficile des genres cinématographiques : la comédie, où il est facile pour tout auditoire (s'en est même un sport, pour les spectateurs les plus bas du front d'entre-nous, et sans même avoir vu les films parce que lolilol) de tirer sur une ambulance sans roues, sans vitres et sans moteur.

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Car s'il est - évidemment - difficile de faire rire tout le monde, ça l'est d'autant plus d'être véritablement drôle, et encore plus (définitivement trop de plus dans cette phrase) à une époque où le politiquement correct se fait de plus en plus despotique.
Sympathique surprise alors de voir que le bonhomme ne bride absolument pas son humour (les habitués de ces spectacles seront en terres conquises) dans cette transition en apparence plus naturelle qu'elle n'y paraît, partant d'un pitch généreusement WTF-esque (le fils caché de Mouammar Kadhafi, décide se lancer dans la recherche de tout son or éparpillé dans le Sahel, accompagné d'une fichée S et d'un malvoyant puceau et réac de 52 ans), pour voguer vers une sorte de revival de la comédie d'aventure sauce Le Boulet satirique à l'abattage féroce, dont la générosité corrosive ne parvient certes que partiellement à masquer l'aspect bancal évidente de son récit à l'intérêt et au rythme inégaux.

Reste que la balade n'en est pas moins plutôt agréable, Ferrari ayant le bon ton de se mettre en retrait face aux débitages géniaux de Laura Felpin et Éric Judor, tout en se démarquant suffisamment de la proposition comique habituelle avec ses potacheries assumées et ses personnages aussi atypiques que finement croqués.
Un bon premier effort donc.


Jonathan Chevrier