[CRITIQUE] : Scream 7
Réalisateur : Kevin Williamson
Acteurs : Neve Campbell, Isabel May, Courteney Cox, Jasmin Savoy Brown, Mason Gooding, Joel McHale, Anna Camp, Mckenna Grace, Ethan Embry,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Epouvante-horreur, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h54min.
Synopsis :
Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.
Dans la catégorie " firme qui s'auto-saborde comme une grande ", Spyglass Entertainment s'est échiné à enchaîner les masterclass avec la production houleuse de son Scream VII, à tel point que l'on était tous en droit de penser qu'il ne verrait pas le jour avant des lustres.
Passé l'éviction honteuse de sa comédienne vedette, Melissa Barrera, pour son soutien envers la Palestine que la firme a, stupidement, jugé comme antisémite, puis le départ - apparemment prévu avant la grève des acteurs/scénaristes - de Jenna Ortega, sa seconde comédienne vedette (officiellement a cause des prises de vue de la seconde saison de Mercredi, officieusement en soutien à Barrera), puis, cerise sur le gâteau, son incapacité à rappeler Neve Campbell au sein de la franchise, la faute à un chéquier trop longtemps chiche en zéros.
Le clou de ce walk of shame presque anthologique était finalement donné fin décembre 2023, pour Noël, avec le départ de son réalisateur, Christopher Landon.
Mort mais pas encore enterré, le projet n'avait plus vraiment fait de boucan jusqu'à une publication sur les réseaux sociaux de... Neve Campbell, qui avait publié mi-mars 2024 une photo sur Instagram ou elle avait le script en main du prochain film, annonçant finalement son retour - avec un salaire gratiné - mais également celui de Kevin Williamson à la réalisation (qui n'avait plus rien tourné depuis le mitigé - restons poli - Mrs. Tingle en 1999), mais point au scénario, lui qui est la plume à l'origine même de la saga (et celle qui l'a, souvent, permis de rester sur le droit chemin).
![]() |
| Copyright 2025 PARAMOUNT PICTURES. ALL RIGHTS RESERVED. |
Une contradiction suivi d'autres annonces à la fois nébuleuses (une intrigue qui userait mignon de l'IA et du deepfake; l'hypothétique retour de Stu Macher teasé pendant toute la production/promotion) voire incompréhensibles (l'officialisation au casting de Matthew Lillard, David Arquette où même Scott Foley), annihilant lentement mais sûrement le peu d'attentes d'un film qui, au final, aurait sans doute dû rester au fin fond des limbes dans lesquelles il s'est lui-même empêtré.
Car oui, et c'était prévisible, cette septième entrée de la saga est décemment la pire jusqu'à aujourd'hui, plus encore qu'un sixième film pourtant méchamment bancal (mais qui avait au moins les honneurs d'élargir le terrain de jeu de Ghostface, à la Grosse Pomme), catapultant sans ménagement Scream dans le sillage sinueux d'une franchise Halloween qui bien avant elle, a gentiment jouer du flashouilleur mémoriel à la Men in Black, pour corriger la production de suites hasardeuses via des opus qui le sont tout autant si ce n'est plus.
Une comparaison loin d'être anodine tant tout Scream 7 semble s'aligner dans l'ombre du Halloween de David Gordon Green comme du Halloween, 20 ans après il revient de Steve Miner qui, ironie, était un opus anniversaire (20 ans au lieu de 30 ici) louchait comme un sagouin sur Scream premier du nom... avec Kevin Williamson à l'écriture, qui n'avait pas uniquement joué les consultants de luxe sur le script de Matt Greenberg et Robert Zappia (qui se sont inspirés d'un premier jet bouillant du papa de Dawson, qui laissait présager un spectacle plus fou avec un carnage maousse costaud en plein école, du policier flingué en pagaille et un final ou Laurie Strode découpe en deux son cher frère avec la pâle d'un hélico !).
![]() |
| Copyright 2025 PARAMOUNT PICTURES. ALL RIGHTS RESERVED. |
Tout y est où presque : recentrer l'intérêt autour d'une Sidney Prescott transformée en Laurie Strode aussi épuisée que sur-protectrice et badass (parce que brisée par les multiples massacres ayant émaillés son existence), maman d'une adolescente à qui elle ne veut pas transmettre un fardeau qu'elle n'a eu de cesse de fuir (quitte à nouer des rapports tendus avec), mais qui va découvrir à ses dépends qu'elle ne sera jamais tranquille - et sa famille non plus.
Une véritable tragédie grecque, le tout saupoudré d'une ironie méta parfois saignante (l'idée de faire de la maison des Macher, théâtre mythique de la saga - lieu des climax des 1er et 5ème film -, un air bnb nostalgico-opportuniste dans une ouverture particulièrement efficace), mais souvent amorphe (le retour maladroit de la figure de Stu Macher au centre des débats, fragilisé autant par la destruction de sa maison que par les actions de " fans ").
Mais là où les deux Halloween cités réussissaient à croquer des figures un tant soit peu empathiques et plaisantes à suivre, Scream 7 enchaîne les personnages oubliables et fonctions au coeur d'un jeu de massacre certes parfois ludique (quelques mises à mort piquantes) mais surtout méchamment bancal et sans réelle ambition, fruit d'une écriture qui, au-delà de (mal) jouer la carte de la nostalgie et de vouloir raccrocher tous les wagons dans l'urgence, exacerbe toutes les failles d'une franchise qui n'a eu de cesse de s'auto-dévorer avec une dévotion criminelle.
![]() |
| Copyright 2025 PARAMOUNT PICTURES. ALL RIGHTS RESERVED. |
De la surenchère sanglante (qui n'a eu de cesse de grimper crescendo dans la démonstration de force depuis le quatrième film, trahissant encore un peu plus l'héritage de Wes Craven et de sa gestion de la tension comme de l'horreur) à la nature immortelle de ses final girls (devenu un vrai running gag avec le temps), en passant par ses nombreux marqueurs nostalgico-complices peinant de plus en plus à justifier leur pertinence, sans oublier le sempiternel twist final autour du/des tueurs et de leurs motivations (ici catastrophique voire problématique, même si cohérent avec la volonté de ramener Sidney au centre des débats); ce septième opus cristallise tous les travers de la franchise jusqu'à la frustration, nous ramenant aux heures sombres des sagas slasher-esques qui gangbangisaient à outrance ses figures phares dans des productions artificielles et prétextes, sans envie ni ambition autre que de ramasser du billet vert en masse.
Si Scream était jusqu'ici préservée du mal, elle peut désormais se targuer de se retrouver au même point (mort) que celle de tonton Freddy et papy Jason.
Shame on you Spyglass, shame on you...
Jonathan Chevrier




.jpg)





