[CRITIQUE] : Cold Storage
Réalisateur : Jonny Campbell
Avec : Joe Keery, Georgina Campbell, Liam Neeson, Lesley Manville, Sosie Bacon,...
Distributeur : StudioCanal
Budget : -
Genre : Comédie, Science-fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h39min.
Synopsis :
Lorsqu'un microorganisme mutant et hautement contagieux s'échappe d'un confinement en chambre froide en ravageant tout sur son passage, deux jeunes employés - épaulés par un ex-agent de l'anti-bioterrorisme - se retrouvent à lutter pour leur propre survie (et accessoirement celle de l'humanité) au cours d'un service de nuit aussi délirant qu'explosif...
Depuis le succès déjà lointain de Taken, claque brutale et frontale savoureusement régressif pour tout amateur de cinéma burné qui se respecte (peut-être la meilleure production d'une Europa Corp, qui les compte sur les doigts d'une main méchamment amputée), ce bon vieux Liam Neeson est devenu non seulement le nouveau cauchemar des Albanais du septième art, mais avant tout et surtout le plus fier porte étendard des sexagénaires/septuagénaires un chouïa usés mais qui en ont encore dans le chargeur - et dans le pantalon, restons beauf jusqu'au bout -, pour défourailler un max de criminels pas gentils squattant des divertissements qui le sont encore moins.
Un Charles Bronson des temps modernes, en plus expressif (quoique, ça se discute parfois) et attachant mais surtout en mille fois plus dangereux, même quand il n'a plus de flingue en main.
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| Copyright Reiner Bajo |
Reste que ces derniers temps, entre deux, trois DTV de luxe, le bonhomme a une nette - et enthousiasmante - tendance à nous rappeler son solide timing comique (l'excellent - oui - Y'a-t'il un flic pour sauver le monde ? en est la preuve récente la plus probante), et sa propension à ne pas se prendre au sérieux au coeur de bisseries qui certes tachent gentiment, mais valent parfois réellement leur pesant de pop-corn.
Des péloches à l'image du gros fourre-tout matiné d'humour noir Cold Storage de Jonny Campbell, trip King-esque (voire Scooby-Doo-esque) excentrique et - férocement - référencé appelée à larguer tous les allergiques de l'époque VHS mais, pour les autres, aura tout d'une bisserie qui tâche qui a le bon ton de ne jamais péter plus haut que sa pellicule, concoctée par un wannabe cinéaste qui semble réaliser un rêve de gosse en tirant tout ce qu'il peut d'un pitch prétexte et foutraque (écrit par un David Koepp en charantaises), fleurant bon le midnight movie des 80s/90s tout en invraisemblances et en inepties/absurdités scientifiques (deux employés d'entrepôt découvre un dépôt secret d'armes biologiques d'où s'échappe des spores verdâtres et extrêmement dangereuses, avides d'hôtes humains et animals).
Et toute la modeste réussite du long-métrage réside là, dans cette décontraction constante qui transpire autant d'un Joe Keery à la coolitude assumée (le tandem attachant qu'il forme avec la pétillante Georgina Campbell, est clairement le gros point positif du film), que d'un Liam Neeson qui s'amuse de son image d'action man du troisième âge (en vieux bidasse traumatisé devenu un expert en virus qui n'a pas peur de titiller de la bombe nucléaire), autant d'un humour méchamment absurdes que de quelques séquences gores et craspec mi-foirées, mi-burlesques.
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| Copyright Reiner Bajo |
Alors oui, c'est une évidence que les bonnes intentions ne font pas forcément de bons films, mais elles accouchent parfois de péloches amoureusement finies à la bière et à la pizza, suffisamment attachantes pour que l'on passe un chouette moment.
Pas besoin de trop tortiller de la fesse gauche, entre un humoir noir assumé et des bifurcations horrifico-science-fictionnelles sous (bonnes) influences, Cold Storage est clairement de celle-là.
Jonathan Chevrier



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