[CRITIQUE] : N121 - Bus de nuit
Réalisateur : Morade Aïssaoui
Avec : Riadh Belaïche, Bakary Diombera, Gaspard Gevin-Hié, Paola Locatelli,...
Distributeur : Wild Bunch Distribution
Budget : -
Genre : Drame, Thriller.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h35min
Synopsis :
Oscar, Simon et Aïssa, trois amis d’enfance, vont à Paris pour fêter une bonne nouvelle. Mais dans le bus de nuit qui les ramène chez eux, le N121, un échange entre passagers dégénère et la situation dérape.
Il fut un temps pas si lointain où pour tout comédien/comédienne, passé du petit au grand écran était un véritable parcours du combattant, le chemin inverse étant même presque totalement vu comme une régression dont il était tout aussi complexe de se relever - et pas uniquement à Hollywood.
Mais en cette époque où tous les petits écrans, pas uniquement télévisés, ont pris une place prépondérante pour ne pas dire omniprésente, dans nos quotidiens, la transition se fait nettement plus naturellement, à tel point qu'elle est de plus en plus souvent opérée par des personnalités dont les capacités de jeu (talent, n'ayons pas peur des mots) ne saute pas fondamentalement à la rétine dès le premier regard.
Dans la veine d'un (excellent) Mister V, des Deguns où encore du tandem McFly & Carlito, l'influenceur Just Riadh/Riadh Belaïche s'était essayé sans trop pedaler dans les choux aux premiers rôles avec À la Belle Étoile du wannabe cinéaste Sébastien Tulard, comédie dramatico-positif sauce récit mi-itiatique, mi-résilient qui, même s'il était gentiment convenu, était suffisamment doux et empathique pour divertir.
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Passé les oubliables 3 jours max et GTMax sur Netflix, il fait son retour en salles en tant que lead du thriller N121 - Bus de nuit, estampillé premier long-métrage de Morade Aïssaoui qui, sous ses faux airs de The We and I de Michel Gondry sauce Europa Corp de la grande époque, n'est pas aussi générique qu'il n'en a l'air.
Partant d'un pitch taillé à la serpe qui vire à l'aventure noctilienne plus où (surtout) moins vraisemblable (une soirée parisienne vire au drame pour plusieurs amis, alors qu'ils prennent un bus de nuit pour rentrer chez eux et qu'un échange entre plus passagers dégénère), Aïssaoui évite consciemment les affres de la sociologie superficielle - non sans quelques clichetons, certes - au coeur d'un petit bout de thriller qui ne brade jamais la profondeur de ses personnages ni de son propos (une auscultation un poil maladroite des ravages de la fracture sociale et d'une discrimination devenue arme politique), sous l'autel d'une tension plutôt bien amené.
Alors certes, si toutes les pièces de son puzzle ambitieux ne s'embrigue pas totalement, et que sa direction d'acteurs ne brille pas toujours, difficile pourtant de ne pas se laisser emporter par les bonnes intentions d'un divertissement prévisible et imparfait mais formellement solide et prenant, qui vaut gentiment son pesant de pop-corn dans un septième art hexagonal de moins en moins en manque d'efforts qui fleure bon le bitume.
Jonathan Chevrier


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