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[FUCKING SERIES] : One Piece saison 2 : Meilleure que la première ?


(Critique - avec légers spoilers - de la saison 2)


Si une grande majorité des fans de shōnen n'hésitent pas à le considérer comme le meilleur de tous les temps (la bagarre est rude avec Naruto, mais ici on est et l'on restera - malgré GT et Super - une Team DB/DBZ), alors même qu'il ne cesse de défier les lois de la raison en étirant toujours un petit peu plus, son épopée fantastique (113 tomes publiés et adaptés jusqu'à maintenant en 1135 épisodes animés et plusieurs OAV); One Piece était sans aucun doute le plus propice à se voir décliner en prises de vue réelles (même si c'est le bébé d'Akira Toriyama qui a connu plus de tentatives, shame...), ne serait-ce parce qu'il contient en son coeur tout l'esprit des shōnen : de l'exagération géniale et gonzo-esque des affrontements à la manière kitsch/délirante qu'ont les combattants à citer leurs coups/techniques fatales, des personnages fantasques et hauts en couleur à son exacerbation de la notion d'amitié.

Mais enrobé dans la conventionnelle et rigide gelée Netflixienne (qui avait déjà sabotée Cowboy Bebop et Avatar), le plaisir que ces bizarreries convoquent semblait douloureusement atténué, asphyxié, dilué, au sein d'une première saison si ce n'est frustrante, au moins tout autant ennuyé qu'ennuyeuse.
Pourtant, impossible de nier que cette itération n'était pas si loin du combo gagnant, et qu'elle avait tout en elle pour être une magnifique célébration de l'œuvre d'Oda si elle arrivait à s'extirper ne serait-ce qu'un brin, de la formule redondante du N imposant qu'elle avait de tatouée sur sa pellicule.

Copyright Netflix

Autant dire donc que l'on ne pétait pas d'enthousiasme à l'idée de découvrir sa seconde salve d'épisodes, balancée à l'aveugle par la firme au Toudoum (un mardi... pourquoi pas, mais surtout pourquoi), petite erreur de jugement tant si elle est loin d'être parfaite, elle réussit à capturer un peu plus la folie débridée de la narration comme des personnages excentriques d'Oda, dans une sorte de popote pas toujours adroite mais ludique, adoptant une structure plus épisodique qui lui sied mieux que le gros bloc de l'arc d'East Blue de la première saison, enchaînant les escales pour ne jamais perdre ni en rythme, ni en intérêt (le ventre d'une baleine géante, une île préhistorique avec des géants,...), trompant en partie les maladresses inhérentes de sa structure (épisodes toujours trop étirés pour leur bien, budget conséquent mais insuffisant pour ses ambitions, des SFX approximatifs liés à un étalonnage des couleurs parfois douteux,...).

Mais c'est parce qu'elle assume cette fois, pleinement, le côté caricatural et loufoque de ses aventures kitschissimes, qu'elle épouse fidèlement l'excentricité de son matériau d'origine dans une sorte de fusion dissonante mais charmante entre le shōnen cartoonesque et le teen drama à l'américaine, que cette seconde saison fonctionne mieux que la première, véritable renaissance improbable des Hercules et autres Xena la guerrière qui habitaient généreusement de leur singularité folle, nos samedis/dimanches après-midis dans les années 90/2000.
Si l'on peut douter de la viabilité de cet équilibre précaire à l'avenir (des effets spéciaux à l'impressionnante galerie de personnages, qui auront besoin d'être un minimum développés là où le show dénature déjà beaucoup la complexité de certains), profitons-en tant qu'elle ne se ramasse pas la caboche entre deux " Toudoums "...


Jonathan Chevrier