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[CRITIQUE] : Le Grand Phuket


Réalisateur : Liu Yaonan
Avec : Li Rongkun, Yang Xuan, Kang Hang,...
Distributeur : Destiny Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Chinois, Français, Allemand, Belge.
Durée : 1h38min.

Synopsis :
Li Xing, 14 ans, vit dans le sud de la Chine, dans le district de Great Phuket, en pleine reconstruction. Il s'entend mal avec sa mère, qui refuse de quitter la maison familiale vouée à la destruction. Le collège où il étudie ne lui apporte que des ennuis. Un jour, il trouve un refuge souterrain où il peut échapper à sa vie d'adolescent et où d'étranges événements se produisent…





Qu'on se le dise, et même si nous l'usons nous aussi à l'occasion (c'est juste... humain), le jeu des comparaison est, sensiblement, un artifice toujours un poil vulgaire (voire putassier, d'autant plus quand il n'est pas usé avec pertinence et qu'il se base sur de maigres similarités) quand bien même plus d'un cinéaste assume, avant même que leurs œuvres ne soient placés devant le regard critique (plus où moins affûté) du spectateur, des affiliations/références qui poussent, justement, à la comparaison.

Dans ce sens, Liu Yaonan ne pousse peut-être pas aussi loin le bouchon comme pouvait le faire Maurice le poisson rouge (ne nous juges pas, la honte est sur ta poire si tu n'as pas cette géniale référence) avec son premier long-métrage, Le Grand Phuket, mais il est indéniable que le wannabe cinéaste chinois se place volontairement au carrefour de très nombreuses influences facilement reconnaissables - le cinéma béni de Jia Zhangke, Gu Xiaogang où encore Neang Kavich.

Copyright Destiny Films

Abordant le terrain sinueux du coming-of-age movie à hauteur d'adolescent (avec des notes profondément autobiographiques), au plus près d'une figure troublée et rebelle qui peine à trouver sa place dans un monde chaotique en pleine déconstruction/reconstruction (alors qu'il est, lui-même, censé se construire, entre la désolation d'aujourd'hui et l'incertitude de demain), le cinéaste dissèque son passage cru vers la vie d'adulte avec une authenticité brutale (agrémentée de quelques inserts onirico-animés), à travers le regard même sur un district de Great Phuket à la mutation douloureuse, un cadre presque surréaliste dont les recoins sombres offrent une évasion éphémère et déconnecté à une réalité qui lentement consume l'âme.

Chronique dramatico-sociale à combustion lente (un rythme sinueux qui laissera sûrement plus d'un spectateur sur le carreau), enlacé entre une tristesse accablante, une mélancolie blessée et un optimisme sensible, Le Grand Phuket, aurait mérité une écriture plus charnue pour pleinement marquer, mais n'en reste pas moins une belle et authentique curiosité, au sein d'un début d'année ciné particulièrement riche en découvertes.


Jonathan Chevrier