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[CRITIQUE] : À demain sur la Lune


Réalisateur : Thomas Balmès
Avec : -
Distributeur : Piece of Magic Entertainment France
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h20min.

Synopsis :
À demain sur la Lune est un documentaire poignant et porteur de vie, à la résonance universelle, qui explore l'expérience de la fin de vie au sein de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital de Calais, où un cheval nommé Peyo rend visite aux patients les plus fragiles pour les apaiser dans leurs derniers jours.





On avait laissé le cinéma de Thomas Balmès au détour de la suite directe de son très beau Happiness, Sing Me A Song, exploration bouleversante des ramifications profondes d'une invention en apparence positive - internet -, pervertissant peu à peu une communauté pendant longtemps préservée, toujours flanqué au plus près du jeune Peyangki, étudiant dans un monastère traditionnel au Bhoutan, et aux prises avec la décision d'abandonner son appel spirituel aux valeurs laïques et terrestres, férocement dominées par les progrès technologiques.

Plutôt que de jouer la carte à charge facile contre les méfaits d'Internet et sa puissance aussi enthousiasmante que néfaste, le cinéaste offrait un regard plus intelligent en croquant un récit jamais vraiment à charge, arguant via des observations astucieuses, son impact sur des nécessités modernes et des dispositifs de communication sur les cultures et les écosystèmes.

Cinq ans plus tard, il nous revient avec un projet tout aussi ambitieux et emprunt de spiritualité dans le fond, mais nettement moins subtil dans son exécution : À demain sur la Lune, où il aborde le sujet difficile de la fin de vie et de notre lien avec l'inéluctable (à une heure où la question de l'accompagnement et de la fin de vie volontaire, n'a jamais paru aussi actuelle), l'universalité intime de la mort d'une manière moins méditatif et psychologique que les plus récents efforts de Pedro Almodóvar et Costa-Gavras, en plaçant sa caméra au plus près d'une poignée de patients aux corps déclinants de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital de Calais (principalement la touchante et empathique Amandine, une mère de famille dont la rémission est rattrapée par la maladie), aux côtés desquels s'invite Peyo, un cheval aux capacités exceptionnelles que sa présence est majestueuse et présente.

En résulte un documentaire pudique et infiniment humain, qui cherche certes peut-être parfois un peu trop à surligner son émotion (là où son sujet la convoque pourtant sans effort), mais qui bouleverse dans son évocation digne d'un ultime voyage que chacun sait proche, trop conscient qu'il faut célébrer la vie pendant le peu de temps qu'il leur reste.
Foutu crabe...


Jonathan Chevrier