[FUCKING SERIES] : Nobody Wants This, saison 3 : Le grand plongeon de Joanne
(Critique - avec spoilers - de la saison 3)
Comme beaucoup de spectateurs (et surtout de spectatrices - soyons honnêtes), j'ai globalement été séduite par la première saison de Nobody Wants This, apparue sur Netflix en 2024. La série est plus ou moins tirée de la véritable histoire de la co-créatrice de la série, Erin Foster, une actrice de seconde zone (qui apparaît dans l'épisode « Le Mariage de Brian » dans le rôle d'une fan du podcast) et surtout entrepreneuse – elle a notamment co-créé l'application de rencontres Bumble ainsi que plusieurs podcasts en compagnie de sa sœur Sara. Le point de départ de la série tourne autour de sa rencontre avec son mari Simon Tikhman (qui fait un caméo vocal dans cette saison), issu d'une famille juive traditionnelle alors qu'elle a grandi dans la foi chrétienne. Cela la conduira à sa conversion au judaïsme réformé. Ici, le double fictionnel d'Erin est Joanne (Kristen Bell), agnostique, qui co-anime un podcast autour de l'amour et de la sexualité en compagnie de sa sœur Morgan (Justine Lupe). Elle tombe amoureuse de Noah (Adam Brody), rabbin (et homme presque parfait). Cette saison 3, apparue sur la plateforme en octobre dernier, est-elle réussie ?
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| Courtesy of Netflix |
On va commencer par s'intéresser aux points positifs. Tout d'abord, l'intrigue principale avance enfin pour de bon ! Joanne et Noah ont arrêté de se séparer encore et encore pour mieux se remettre ensemble. Ils s'affirment davantage en tant que couple. La famille de Noah, et en particulier l'envahissante matriarche Bina, a enfin accepté Joanne, qui se lance pour de bon dans un processus de conversion. Joanne et Noah apprennent à vivre ensemble sous un même toit. Quant à la séparation survenue (annoncée en fin de saison 2) entre Sasha et Esther, elle permet également d'ouvrir d'autres perspectives, que ce soit dans les relations entre les personnages secondaires (la relation entre Sasha et Morgan s'intensifie) ou dans leur vie professionnelle (Sasha prend les devants dans l'entreprise familiale, Esther devient agent immobilier et Morgan développe un concept de développement personnel). Enfin, la série reste indéniablement divertissante : les dix épisodes, qui durent toujours entre vingt et trente minutes, sont toujours aussi rythmés, notamment grâce à la gestion des dialogues, qui se veulent toujours mordants.
Pourtant, malgré quelques nouveautés bienvenues, Nobody Wants This commence sérieusement à s'épuiser voire même à agacer. Attention aux spoilers !
Tout d'abord, la série nous promettait au départ de suivre un couple face aux barrières culturelles et surtout une femme qui s'intéresse au judaïsme, que ce soit dans sa vision sociale et culturelle ou dans la foi. C'était initialement ce qui était intéressant, même si, dès le départ, la série n'évitait pas certains clichés, notamment sur la représentation des femmes juives, perçue comme négative par de nombreux spectateurs – et cette critique n'est pas volée. Mais cette question religieuse était toutefois bien présente au départ. On avait espoir que les différents épisodes continuent d'explorer ces différentes interrogations, notamment en démarrant cette saison 3 par les cours de conversion de Joanne auprès de la rabbine Eden (Sarah Silverman).
Mais en réalité, malgré quelques relents par-ci par-là (notamment en fin de saison) comme pour rappeler aux spectateurs pourquoi ils sont encore devant leur écran, elle balaie de plus en plus ces questions qui sont pourtant toujours fondamentales dans la construction du couple, mais aussi dans la construction personnelle de Joanne. Et ce d'autant plus que le couple phare de la série se lance dans la grande aventure du mariage ! Or, on sait qu'un mariage entre un religieux et une personne à l'origine non religieuse peut être source de tensions des deux côtés, même lorsque l'amour triomphe. Ces conflits réapparaissent de manière assez superficielle à la fin de la saison, et ce n'est même pas forcément lié aux questions de pratique religieuse. Par ailleurs, puisqu'on évoque la conversion de Joanne, pour des spectateurs ne connaissant pas le processus du mikvé (le bain traditionnel juif), il aurait été intéressant de l'expliquer davantage. Toutefois, on doit admettre que la scène tant attendue de ce processus de conversion est plutôt réussie : elle montre une Joanne qui comprend réellement ce qu'implique cet acte, surtout pour elle et, par extension, pour son futur foyer.
Mais en réalité, malgré quelques relents par-ci par-là (notamment en fin de saison) comme pour rappeler aux spectateurs pourquoi ils sont encore devant leur écran, elle balaie de plus en plus ces questions qui sont pourtant toujours fondamentales dans la construction du couple, mais aussi dans la construction personnelle de Joanne. Et ce d'autant plus que le couple phare de la série se lance dans la grande aventure du mariage ! Or, on sait qu'un mariage entre un religieux et une personne à l'origine non religieuse peut être source de tensions des deux côtés, même lorsque l'amour triomphe. Ces conflits réapparaissent de manière assez superficielle à la fin de la saison, et ce n'est même pas forcément lié aux questions de pratique religieuse. Par ailleurs, puisqu'on évoque la conversion de Joanne, pour des spectateurs ne connaissant pas le processus du mikvé (le bain traditionnel juif), il aurait été intéressant de l'expliquer davantage. Toutefois, on doit admettre que la scène tant attendue de ce processus de conversion est plutôt réussie : elle montre une Joanne qui comprend réellement ce qu'implique cet acte, surtout pour elle et, par extension, pour son futur foyer.
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| Courtesy of Netflix |
Par ailleurs, on sera étonnés que ces mêmes questions ne reviennent pas pour Esther, désormais séparée de Sasha et prête à rencontrer de nouveaux hommes (juifs ou non ? Patatra on n'en saura pas plus), ni entre Sasha et Morgan (oui, ça y est, ils se pécho, il était temps – et c'est à la fois mignon et cringe puisqu'on rappellera que Sasha est le frère de Noah et Morgan la sœur de Joanne) qui reproduisent pourtant initialement la même situation que leurs aînés. Finalement, Nobody Wants This devient une romcom comme les autres, avec des personnages déconnectés du monde réel – une manière polie pour dire qu'ils ont des problèmes de riches (et ce n'est pas une expression vu comment ils vivent tous dans de somptueuses villas et donnent l'impression de ne pas vraiment bosser).
Enfin, on a beau être attachés aux personnages depuis la première saison, il est difficile de faire abstraction de certains points les concernant. Si les dialogues se veulent incisifs pour créer une forme d'humour et de légèreté, on a aussi l'impression que les personnages en font parfois des tonnes pour créer quelque chose d'amusant à l'écran, quitte à se comporter comme des adolescents. De plus, les relations entre personnages deviennent de plus en plus étranges, juste pour qu'il y ait un minimum d'interaction entre eux. Impossible de ne pas revenir sur le cas de Sasha et Morgan, auxquels on a consacré tout un épisode à New York jouant à fond sur les codes de la comédie romantique (certes, l'épisode fonctionne assez bien – même si la robe de Morgan qui fait fondre Sasha est juste horrible). Même si la tension entre eux existe depuis la première saison, on a l'impression finalement que le développement de leurs sentiments sert surtout à créer artificiellement de nouveaux conflits.
On a aussi, par exemple, un autre cas assez déroutant : la relation entre Sasha et la mère de Morgan et de Joanne. Celle-ci se mêle de la relation potentiellement romantique entre sa fille Morgan et Sasha, et surtout en parlant directement à Sasha plutôt qu'à sa propre fille, ce qui rend le résultat gênant, sans que le scénario ne le pointe réellement du doigt. Enfin, parmi les nouveaux personnages secondaires, la relation entre Joanne et Sebastien (Andrew Rannells – toujours excellent) est vraiment frustrante car les scénaristes n'ont pas su explorer son réel potentiel. Les deux protagonistes sont dans la même situation, c'est-à-dire en pleine conversion : c'était sur le papier pertinent de voir d'autres personnages traversant les mêmes problématiques et interrogations que Joanne mais d'une autre façon. Finalement, on préfère se concentrer sur un pseudo conflit pas très intéressant qui prend fin assez rapidement, sans qu'on comprenne vraiment le cheminement.
On a aussi, par exemple, un autre cas assez déroutant : la relation entre Sasha et la mère de Morgan et de Joanne. Celle-ci se mêle de la relation potentiellement romantique entre sa fille Morgan et Sasha, et surtout en parlant directement à Sasha plutôt qu'à sa propre fille, ce qui rend le résultat gênant, sans que le scénario ne le pointe réellement du doigt. Enfin, parmi les nouveaux personnages secondaires, la relation entre Joanne et Sebastien (Andrew Rannells – toujours excellent) est vraiment frustrante car les scénaristes n'ont pas su explorer son réel potentiel. Les deux protagonistes sont dans la même situation, c'est-à-dire en pleine conversion : c'était sur le papier pertinent de voir d'autres personnages traversant les mêmes problématiques et interrogations que Joanne mais d'une autre façon. Finalement, on préfère se concentrer sur un pseudo conflit pas très intéressant qui prend fin assez rapidement, sans qu'on comprenne vraiment le cheminement.
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| Courtesy of Netflix |
En résumé, cette troisième saison de Nobody Wants This est certes plutôt plaisante si l'on n'est pas trop exigeant, et plus réussie que la précédente. Mais si l'on prend le temps de se poser, la série ne parvient pas à explorer pleinement son sujet, ce qui est frustrant voire même décevant sur certains points. Toutefois, une saison 4 (pas encore annoncée au moment de la publication) est justifiée. D'abord parce que Joanne est convertie, ce qui constitue en soi un grand pas dans l'évolution de ce personnage. On devine aussi aisément la prochaine étape de la série : fonder une famille, avec tous les codes du judaïsme à intégrer. La série se termine évidemment sur le mariage de Joanne et Noah, qui se réalise dans un cadre intime (là encore, une belle scène, on peut le reconnaître), sans en informer les familles : comment vont-ils réagir ? On imagine là encore de nouvelles tensions surgir. Enfin, il y a aussi, entre autres, ce triangle amoureux explosif (Sasha, Morgan, Esther) qui devrait être au cœur de la prochaine saison à explorer – en espérant que ça ne tourne pas en rond.
Tinalakiller




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