[CRITIQUE] : Englouti
Réalisateur : Brian Duffield
Acteurs : Austin Abrams, Josh Brolin, Elizabeth Shue, John Ortiz, Jane Levy,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min.
Synopsis :
Au large de la côte californienne, Jay Gardiner part à la recherche de la dépouille de son père récemment disparu. Alors qu’il sonde les fonds marins, le jeune plongeur se retrouve soudainement avalé par un énorme cachalot. Piégé dans l’estomac de l’animal, il ne lui reste plus qu’une heure d'oxygène. Tandis que le compte à rebours est lancé, Jay prend conscience que les leçons de vie durement transmises par son père pourraient bien être la clé de sa survie…
Ah, le survival Hollywoodien, petit ange à l'incohérence partie trop tôt de l'équation, un genre aussi divertissant que profondément noble dans le forme (placer le spectateur dans des situations plus où moins abracadabrantesques, voire viscéralement réalistes, pour le clouer sur son fauteuil rouge et susciter en lui une empathie/implication - logiquement - immédiate), mais qui a laissé depuis un bon moment le fond prendre le dessus, en bazardant tout concept de « logique humaine » pour embrasser un spectaculaire de plus en plus risible, jouant savamment sur l'absurdité d'une humanité toujours prompt à se mettre dans la panade, souvent pour un shot d'adrénaline éphémère.
Si le pop-corn de la crédulité est souvent difficile à digérer (coucou le diptyque Fall, pour ne citer que), on reste néanmoins fasciné par la propension des producteurs à toujours pousser le bouchon encore un peu plus loin que Maurice le poisson rouge (shame on you si tu n'as pas la référence), avec des concepts où la chance statistique de survivre frôle avec le néant d'une manière proprement insolente.
Englouti (Whalefall en VO, titre moins bateau) de Brian Duffield (l'excellent Traquée) lui, tutoie presque au sublime : un remake 2.0 du calvaire de Pinocchio sauce L'Aventure Intérieure (et adapté du roman éponyme de Daniel Kraus), avec un Austin Abrams à peine échappé de Raccoon City et bouffé par ses daddy issues, qui se fait tout bonnement avaler vivant par un cétacé géant de 60 tonnes, avec une heure d'air pur dans la besace qui fond aussi vite que le respect des gouvernants sur la question écologique.
Sauf qu'il n'y a ni Jack Putter ni Tuck Pendleton à la rescousse, mais les sucs gastriques d'un cachalot pas commode où la seule possibilité de survivre à une digestion amorcée, est à retirer des nombreuses leçons de vie dégainés par le passé par un défunt père abusif (un Josh Brolin un peu trop bien bâti pour le rôle), qui l'a involontairement catapulté dans cette galère (c'est en cherchant sa dépouille en mère, que le pauvre gamin s'est fait bouffé)...
Fort d'une empathie naturelle, moins par la force d'une tendance maladroite à jouer la carte du mélodrame métaphorico-sirupeux, que par la performance poignante d'un Austin Abrams dont le calvaire aux cris étouffés par son scaphandre, est franchement prenant, le film réussit étrangement bien son pari d'incarner un survival original et rugueux au coeur de l'estomac du plus grand des mammifères, où blessures physiques et traumatismes psychologiques s'entremêlent dans un ballet toxique et biblico-claustrophobique aux effets particulièrement saisissants (on a réellement l'impression d'être dans le bidon d'une baleine, avec tout le trouble et la confusion que cela implique), où les sempiternels flash-backs apparaissent moins comme des lourdeurs narratives (même si l'on peine à croire en l'attachement père-fils vendu par la narration) que comme des véritables bouées de sauvetage (même si elle redore un brin, spirituellement tout du moins, le blason d'un paternel horrible).
Dommage alors, que le film triture sa magie d'une survie immédiate par l'acidité de quelques scories dispensables, de sa propension à se perdre dans une sur-exposition superflue (surligner par le dialogue, ce que la mise en scène expose de manière suffisamment limpide), à sa métaphore centrale à la subtilité pachydermique (le gros bidon du cachalot et son processus de digestion est le symbole de l'emprise étouffante de son père, et s'en extirper physiquement revient à surmonter cette relation douloureuse comme le deuil et son lourd héritage émotionnel), comme si Duffield n'avait pas assez confiance en sa caméra comme en son concept, alors qu'il arrive sans peine à nouer l'estomac de son auditoire.
Acteurs : Austin Abrams, Josh Brolin, Elizabeth Shue, John Ortiz, Jane Levy,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min.
Synopsis :
Au large de la côte californienne, Jay Gardiner part à la recherche de la dépouille de son père récemment disparu. Alors qu’il sonde les fonds marins, le jeune plongeur se retrouve soudainement avalé par un énorme cachalot. Piégé dans l’estomac de l’animal, il ne lui reste plus qu’une heure d'oxygène. Tandis que le compte à rebours est lancé, Jay prend conscience que les leçons de vie durement transmises par son père pourraient bien être la clé de sa survie…
Ah, le survival Hollywoodien, petit ange à l'incohérence partie trop tôt de l'équation, un genre aussi divertissant que profondément noble dans le forme (placer le spectateur dans des situations plus où moins abracadabrantesques, voire viscéralement réalistes, pour le clouer sur son fauteuil rouge et susciter en lui une empathie/implication - logiquement - immédiate), mais qui a laissé depuis un bon moment le fond prendre le dessus, en bazardant tout concept de « logique humaine » pour embrasser un spectaculaire de plus en plus risible, jouant savamment sur l'absurdité d'une humanité toujours prompt à se mettre dans la panade, souvent pour un shot d'adrénaline éphémère.
Si le pop-corn de la crédulité est souvent difficile à digérer (coucou le diptyque Fall, pour ne citer que), on reste néanmoins fasciné par la propension des producteurs à toujours pousser le bouchon encore un peu plus loin que Maurice le poisson rouge (shame on you si tu n'as pas la référence), avec des concepts où la chance statistique de survivre frôle avec le néant d'une manière proprement insolente.
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| Copyright 20th Century Studios |
Englouti (Whalefall en VO, titre moins bateau) de Brian Duffield (l'excellent Traquée) lui, tutoie presque au sublime : un remake 2.0 du calvaire de Pinocchio sauce L'Aventure Intérieure (et adapté du roman éponyme de Daniel Kraus), avec un Austin Abrams à peine échappé de Raccoon City et bouffé par ses daddy issues, qui se fait tout bonnement avaler vivant par un cétacé géant de 60 tonnes, avec une heure d'air pur dans la besace qui fond aussi vite que le respect des gouvernants sur la question écologique.
Sauf qu'il n'y a ni Jack Putter ni Tuck Pendleton à la rescousse, mais les sucs gastriques d'un cachalot pas commode où la seule possibilité de survivre à une digestion amorcée, est à retirer des nombreuses leçons de vie dégainés par le passé par un défunt père abusif (un Josh Brolin un peu trop bien bâti pour le rôle), qui l'a involontairement catapulté dans cette galère (c'est en cherchant sa dépouille en mère, que le pauvre gamin s'est fait bouffé)...
Fort d'une empathie naturelle, moins par la force d'une tendance maladroite à jouer la carte du mélodrame métaphorico-sirupeux, que par la performance poignante d'un Austin Abrams dont le calvaire aux cris étouffés par son scaphandre, est franchement prenant, le film réussit étrangement bien son pari d'incarner un survival original et rugueux au coeur de l'estomac du plus grand des mammifères, où blessures physiques et traumatismes psychologiques s'entremêlent dans un ballet toxique et biblico-claustrophobique aux effets particulièrement saisissants (on a réellement l'impression d'être dans le bidon d'une baleine, avec tout le trouble et la confusion que cela implique), où les sempiternels flash-backs apparaissent moins comme des lourdeurs narratives (même si l'on peine à croire en l'attachement père-fils vendu par la narration) que comme des véritables bouées de sauvetage (même si elle redore un brin, spirituellement tout du moins, le blason d'un paternel horrible).
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| Copyright 20th Century Studios |
Dommage alors, que le film triture sa magie d'une survie immédiate par l'acidité de quelques scories dispensables, de sa propension à se perdre dans une sur-exposition superflue (surligner par le dialogue, ce que la mise en scène expose de manière suffisamment limpide), à sa métaphore centrale à la subtilité pachydermique (le gros bidon du cachalot et son processus de digestion est le symbole de l'emprise étouffante de son père, et s'en extirper physiquement revient à surmonter cette relation douloureuse comme le deuil et son lourd héritage émotionnel), comme si Duffield n'avait pas assez confiance en sa caméra comme en son concept, alors qu'il arrive sans peine à nouer l'estomac de son auditoire.
Dilatée, la balade n'en reste pas moins éprouvante - dans le bon sens du terme.
Jonathan Chevrier



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