[CRITIQUE] : L'Amour de ta vie
Réalisatrice : Rachel Morrison
Acteurs : Margaret Qualley, Gabriel Basso, Aaron Pierre, Patrick Schwarzenegger, Catherine Keener,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
Maya rencontre Charlie et en tombe follement amoureuse. Lorsque cet avenir radieux est soudainement bouleversé, Maya est propulsée vers une nouvelle vie...
On a beau clamer à longueur de journée que le cinéma Hollywoodien, qui n'est pas un cas isolé évidemment (tu peux taper sur la quasi-intégralité des industries finalement... mais on te voit chier sur la production hexagonale, saches-le), s'enferme grandement et sûrement dans une franchisation à outrance de la moindre production (où figure, coucou les biopics fades et hagiographiques produit à la chaîne) populaire, mais surtout dans un cruel - et volontaire - manque d'originalité, gageons tout de même et ce même si cela est un poil contradictoire (on s'en fout, la vie n'est-elle pas elle-même, qu'une succession de contradictions ? Allez, vous avez quatre heures...), qu'il y a, parfois, un vrai et pur plaisir cinéphile qui peut se dégager d'un solide divertissement familier et dérivé, porté par des talents - à tous les niveaux - au savoir-faire un tant soit peu éprouvé, capables de mettre de côté nos réserves et nous faire passer un bon moment.
D'autant plus lorsque l'on s'arrête sur une production de plateforme, dont les catalogues sont fondamentalement pensés et conçus pour cette raison - à quelques rares propositions près.
Et même s'il ne faut pas juger un livre (film) sur sa couverture (affiche), force est d'admettre qu'il était évident que les serveurs du siège social de chez Amazon MGM Studios ne semblaient pas trop avoir surchauffé en dégainant une popote algorithmique aussi facilement reconnaissable et sans grumeaux que celle qui caractérise Love of your life aka L'Amour de ta vie, estampillé second long-métrage de l'ancienne directrice de la photographie Rachel Morrison (l'excellent The Fire Inside), cousin à peine masqué de P.S. : I Love You qui aborde cela dit avec une sensibilité poignante la thématique douloureuse du deuil et de la lente reconstruction psychologique comme sentimentale qu'il impose, au détour de la tragédie qui abime une infirmière aussi intelligente et dévouée que vulnérable, Maya (Margaret Qualley, peut-être dans sa plus belle performance à ce jour), qui va voir sa jeune existence et son bel avenir tout tracé voler en éclats alors même qu'elle avait tout fait pour se préserver émotionnellement - mais ça, c'était avant de craquer (comme nous) pour le so cute Gabriel Basso.
Foutu asthme et surtout foutu Covid-19...
Pilier vibrant de son histoire (et à laquelle on croit, parce qu'elle est conté avec assurance et cherche continuellement à nous imprégner de son univers, par sa mise en scène et un vrai souci du détail, appuyé par la superbe photographie de Todd Banhazl), Morrison et la scénariste Julia Cox pensent leur romance suffisamment attachante et douce, pour mieux cueillir leur auditoire lorsque la réalité la rattrape, pour mieux lui faire ressentir ce qui a été enlevé à son héroïne (et renforcer, de facto, une empathie pourtant déjà acquise sans effort) et comment celle-ci doit apprendre à survivre à cette perte; moins dans un souci de s'enfermer dans un cercle infernal de rage et d'indignation face à ce qui n'est plus et ne sera plus jamais, mais dans un parcours plus rugueux mais néanmoins magnifique de chérir l'importance des souvenirs comme celle de vivre, coûte que coûte, dans l'espoir que demain sera peut-être meilleur.
Et c'est là toute la force d'une comédie romantique qui, au demeurant, n'a aucune réelle velléité à bousculer une popote familière : un désir d'authenticité sincère et palpable, nourrissant une étude de personnage touchante et nuancée, une transformation tout en larmes et en ressentiments d'une femme brutalement ramenée à ses convictions originelles (être indépendante et ne pas prendre le risque d'aimer et de dépendre de quelqu'un), brutalement confrontée à la vérité que stabilité rime plus souvent avec fragilité que sécurité, et qui va devoir surmonter une douleur qu'elle ne pense pouvoir porter, comme son déracinement émotionnel et psychologique - voire même physique -, à travers ce qu'elle redoute le plus : aimer à nouveau.
Pas exempt de gros raccourcis scénaristiques ni d'une issue résolument convenue, malgré une structure elliptique plutôt intelligente (une reconstitution réaliste, diluée sur plusieurs années), L'Amour de ta vie se fait néanmoins un mélodrame juste et élégant sur une guérison douloureuse et captivante, auprès d'une figure complexe qui n'a jamais pu - et ne pourra jamais - échapper à l'absence de l'homme de sa vie, mais prend lentement mais sûrement conscience que sa vie ne sera peut-être pas si loin de celle qu'elle espérait hier, si elle ouvre son coeur au présent.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Margaret Qualley, Gabriel Basso, Aaron Pierre, Patrick Schwarzenegger, Catherine Keener,...
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Drame, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
Maya rencontre Charlie et en tombe follement amoureuse. Lorsque cet avenir radieux est soudainement bouleversé, Maya est propulsée vers une nouvelle vie...
On a beau clamer à longueur de journée que le cinéma Hollywoodien, qui n'est pas un cas isolé évidemment (tu peux taper sur la quasi-intégralité des industries finalement... mais on te voit chier sur la production hexagonale, saches-le), s'enferme grandement et sûrement dans une franchisation à outrance de la moindre production (où figure, coucou les biopics fades et hagiographiques produit à la chaîne) populaire, mais surtout dans un cruel - et volontaire - manque d'originalité, gageons tout de même et ce même si cela est un poil contradictoire (on s'en fout, la vie n'est-elle pas elle-même, qu'une succession de contradictions ? Allez, vous avez quatre heures...), qu'il y a, parfois, un vrai et pur plaisir cinéphile qui peut se dégager d'un solide divertissement familier et dérivé, porté par des talents - à tous les niveaux - au savoir-faire un tant soit peu éprouvé, capables de mettre de côté nos réserves et nous faire passer un bon moment.
D'autant plus lorsque l'on s'arrête sur une production de plateforme, dont les catalogues sont fondamentalement pensés et conçus pour cette raison - à quelques rares propositions près.
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| Copyright Amazon MGM |
Et même s'il ne faut pas juger un livre (film) sur sa couverture (affiche), force est d'admettre qu'il était évident que les serveurs du siège social de chez Amazon MGM Studios ne semblaient pas trop avoir surchauffé en dégainant une popote algorithmique aussi facilement reconnaissable et sans grumeaux que celle qui caractérise Love of your life aka L'Amour de ta vie, estampillé second long-métrage de l'ancienne directrice de la photographie Rachel Morrison (l'excellent The Fire Inside), cousin à peine masqué de P.S. : I Love You qui aborde cela dit avec une sensibilité poignante la thématique douloureuse du deuil et de la lente reconstruction psychologique comme sentimentale qu'il impose, au détour de la tragédie qui abime une infirmière aussi intelligente et dévouée que vulnérable, Maya (Margaret Qualley, peut-être dans sa plus belle performance à ce jour), qui va voir sa jeune existence et son bel avenir tout tracé voler en éclats alors même qu'elle avait tout fait pour se préserver émotionnellement - mais ça, c'était avant de craquer (comme nous) pour le so cute Gabriel Basso.
Foutu asthme et surtout foutu Covid-19...
Pilier vibrant de son histoire (et à laquelle on croit, parce qu'elle est conté avec assurance et cherche continuellement à nous imprégner de son univers, par sa mise en scène et un vrai souci du détail, appuyé par la superbe photographie de Todd Banhazl), Morrison et la scénariste Julia Cox pensent leur romance suffisamment attachante et douce, pour mieux cueillir leur auditoire lorsque la réalité la rattrape, pour mieux lui faire ressentir ce qui a été enlevé à son héroïne (et renforcer, de facto, une empathie pourtant déjà acquise sans effort) et comment celle-ci doit apprendre à survivre à cette perte; moins dans un souci de s'enfermer dans un cercle infernal de rage et d'indignation face à ce qui n'est plus et ne sera plus jamais, mais dans un parcours plus rugueux mais néanmoins magnifique de chérir l'importance des souvenirs comme celle de vivre, coûte que coûte, dans l'espoir que demain sera peut-être meilleur.
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| Copyright Amazon MGM |
Et c'est là toute la force d'une comédie romantique qui, au demeurant, n'a aucune réelle velléité à bousculer une popote familière : un désir d'authenticité sincère et palpable, nourrissant une étude de personnage touchante et nuancée, une transformation tout en larmes et en ressentiments d'une femme brutalement ramenée à ses convictions originelles (être indépendante et ne pas prendre le risque d'aimer et de dépendre de quelqu'un), brutalement confrontée à la vérité que stabilité rime plus souvent avec fragilité que sécurité, et qui va devoir surmonter une douleur qu'elle ne pense pouvoir porter, comme son déracinement émotionnel et psychologique - voire même physique -, à travers ce qu'elle redoute le plus : aimer à nouveau.
Pas exempt de gros raccourcis scénaristiques ni d'une issue résolument convenue, malgré une structure elliptique plutôt intelligente (une reconstitution réaliste, diluée sur plusieurs années), L'Amour de ta vie se fait néanmoins un mélodrame juste et élégant sur une guérison douloureuse et captivante, auprès d'une figure complexe qui n'a jamais pu - et ne pourra jamais - échapper à l'absence de l'homme de sa vie, mais prend lentement mais sûrement conscience que sa vie ne sera peut-être pas si loin de celle qu'elle espérait hier, si elle ouvre son coeur au présent.
Jonathan Chevrier










