[CRITIQUE] : Où vont les âmes
Réalisatrice : Brigitte Poupart
Acteurs : Sara Montpetit, Monia Chokri, Julianne Côté, Sylvie Testud,...
Distributeur : Wayna Pitch
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Canadien.
Durée : 2h01min.
Synopsis :
Anna, 18 ans, demande l’aide médicale à mourir. Elle décide de se laisser quinze jours pour accomplir son souhait de revoir ses demi-sœurs avant de s’éteindre. Séparées par le procès de leur père quatre ans auparavant, les trois sœurs révèlent leurs forces individuelles et collectives à travers ces ultimes moments de sororité où leurs vies s'entremêlent.
Quand bien même sa présence en salles où sur nos - petits - écrans, ne se fait pas forcément des plus évidentes (pas plus d'une poignée de séances par an, et la fourchette est large), le cinéma canadien - et par extension, son pendant québécois - réussit néanmoins à régulièrement transpercer la (très) riche proposition annuelle pour nous dégainer quelques séances hautement recommandables.
Prenons pour preuve le chouette vrai/faux biopic délicat et humaniste Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles de Lyne Charlebois, la romance toute en douceur et en délicatesse Amour Apocalypse de Anne Émond, l'exploration douloureuse des cicatrices d'une enfance marquée par la violence La Femme cachée de Bachir Bensaddek où encore Vil & Misérable de Jean-François Leblanc, et les animés La Nuit au Zoo de Ricardo Curtis et Rodrigo Perez-Castro (prévisible mais à l'énergie gentiment communicative) et L'Odyssée de Céleste aka Space Cadet de Kid Koala/DJ Eric San (petit bonbon d'une douceur folle).
À cette belle petite liste, il faudra décemment ajouté l'audacieux - et un poil perfectible - Où vont les âmes, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste montréaltaise habituée des planches de théâtre Brigitte Poupart, drame domestique au contexte familial costaud, qui se donne pour pari de swinguer sur deux thématiques particulièrement difficiles : le traumatisme des violences sexuelles intrafamiliales - et la honte que les victimes s'imposent -, et l'aide médicale à mourir auprès d'une jeune figure n'ayant même pas encore goûté a sa vie d'adulte, atteinte d'un cancer incurable.
Le tout noué autour de la relation entre quatre femmes intimement liées et profondément affectées par les actes d'un seul et même homme (un père/mari toxique), et de la nécessité d'accepter comme de comprendre l'inconcevable - dans une définition plurielle et nuancée.
Une gymnastique complexe à laquelle on ne pourra nier que Poupart survole un brin ses sujets, comme sa propension pas toujours adroite à vouloir un peu trop titiller la corde sensible de son auditoire (quitte à se vautrer un brin dans le pathos), mais la popote s'avère néanmoins solidement mis en scène (on oense, instinctivement, au cinéma de Xavier Dolan) et résolument touchante dans sa manière de nouer une célébration de la poésie - souvent rugueuse - de l'existence et une acceptation sereine de l'inéluctable, pour être prenante, d'autant que son imposant quatuor d'actrices y livre une prestation chorale d'exception - Sara Montpetit, Monia Chokri, Julianne Côté et Sylvie Testud.
Imparfait donc, mais touchant.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Sara Montpetit, Monia Chokri, Julianne Côté, Sylvie Testud,...
Distributeur : Wayna Pitch
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Canadien.
Durée : 2h01min.
Synopsis :
Anna, 18 ans, demande l’aide médicale à mourir. Elle décide de se laisser quinze jours pour accomplir son souhait de revoir ses demi-sœurs avant de s’éteindre. Séparées par le procès de leur père quatre ans auparavant, les trois sœurs révèlent leurs forces individuelles et collectives à travers ces ultimes moments de sororité où leurs vies s'entremêlent.
Quand bien même sa présence en salles où sur nos - petits - écrans, ne se fait pas forcément des plus évidentes (pas plus d'une poignée de séances par an, et la fourchette est large), le cinéma canadien - et par extension, son pendant québécois - réussit néanmoins à régulièrement transpercer la (très) riche proposition annuelle pour nous dégainer quelques séances hautement recommandables.
Prenons pour preuve le chouette vrai/faux biopic délicat et humaniste Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles de Lyne Charlebois, la romance toute en douceur et en délicatesse Amour Apocalypse de Anne Émond, l'exploration douloureuse des cicatrices d'une enfance marquée par la violence La Femme cachée de Bachir Bensaddek où encore Vil & Misérable de Jean-François Leblanc, et les animés La Nuit au Zoo de Ricardo Curtis et Rodrigo Perez-Castro (prévisible mais à l'énergie gentiment communicative) et L'Odyssée de Céleste aka Space Cadet de Kid Koala/DJ Eric San (petit bonbon d'une douceur folle).
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| Copyright Wayna Pitch |
À cette belle petite liste, il faudra décemment ajouté l'audacieux - et un poil perfectible - Où vont les âmes, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste montréaltaise habituée des planches de théâtre Brigitte Poupart, drame domestique au contexte familial costaud, qui se donne pour pari de swinguer sur deux thématiques particulièrement difficiles : le traumatisme des violences sexuelles intrafamiliales - et la honte que les victimes s'imposent -, et l'aide médicale à mourir auprès d'une jeune figure n'ayant même pas encore goûté a sa vie d'adulte, atteinte d'un cancer incurable.
Le tout noué autour de la relation entre quatre femmes intimement liées et profondément affectées par les actes d'un seul et même homme (un père/mari toxique), et de la nécessité d'accepter comme de comprendre l'inconcevable - dans une définition plurielle et nuancée.
Une gymnastique complexe à laquelle on ne pourra nier que Poupart survole un brin ses sujets, comme sa propension pas toujours adroite à vouloir un peu trop titiller la corde sensible de son auditoire (quitte à se vautrer un brin dans le pathos), mais la popote s'avère néanmoins solidement mis en scène (on oense, instinctivement, au cinéma de Xavier Dolan) et résolument touchante dans sa manière de nouer une célébration de la poésie - souvent rugueuse - de l'existence et une acceptation sereine de l'inéluctable, pour être prenante, d'autant que son imposant quatuor d'actrices y livre une prestation chorale d'exception - Sara Montpetit, Monia Chokri, Julianne Côté et Sylvie Testud.
Imparfait donc, mais touchant.
Jonathan Chevrier


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