[CRITIQUE] : Un Bon Patron
Réalisateur : Philippe de Chauveron
Acteurs : Didier Bourdon, Catherine Frot, Jean-François Cayrey, François Levantal,...
Distributeur : UGC Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h27min.
Synopsis :
En quelques jours seulement, tout semble virer à la catastrophe pour Antoine Blanchet, héritier de l’ancestrale fabrique familiale de balances. Un ex-employé viré qui proteste bruyamment et campe devant l’usine ; Un contremaître qui met en péril la production, parce que sa femme le trompe ; Une stagiaire irrésistible qui fait tourner les têtes… À la veille de recevoir un prix d’excellence censé honorer son usine, il doit, en urgence, sauver l’entreprise et maintenir le calme dans son petit univers bien organisé. Il s’y attelle, à sa manière, paternaliste et autoritaire : en bon patron ?
On se rappelle tous au bon souvenir de l'excellent El Buen Patrón de Fernando León de Aranoa, chronique politico-sociale façon charge à peine masquée contre le capitalisme, qui prenait les contours d'une savoureuse comédie satirique et corrosive s'amusant des artifices de façade que cache le paternalisme d'entreprise et une autorité - faussement - juste.
Le tout vissé sur un Javier Bardem magistral, personnage éminemment Berlanguien et trop " bon " pour être vraiment honnête, un homme d'affaire paternaliste qui se souciait plus où moins sincèrement de la vie privée et des difficultés de ses employés, sans pour autant trembler pour sacrifier, avec une cruauté déshumanisée, quelques têtes pour défendre les intérêts économiques de l'usine de fabrication de balances qu'il a hérité de son papounet.
Un solide moment de cinéma aux personnages savamment taillés à la serpe (une sorte de microcosme malsain au sein duquel tous les archétypes que l'on peut retracer au sein d'un organigramme d'entreprise, sont personnifiés avec malice) et à l'humour aussi simple qu'incisif, éléments essentiels pour enfermer son anti-héros dans une prison de verre tragi-comique où il ne fera que récolter crescendo les fruits/dommages collatéraux de son comportement toxique.
Mais parce que l'on est pas à une production stupide près (en réalité si, à une heure où le gouvernement montre d'une manière on ne peut plus décomplexée, que la culture n'est pas/plus essentielle), cinq ans plus tard, notre chère production nationale s'est lancée dans l'entreprise - évidemment vouée à l'échec - d'un remake bien franchouillard avec pour guide dans cet univers violent et impitoyable de l'entreprise, un Didier Bourdon dont la filmographie récente personnifie à la perfection, tout comme celle de Christian Clavier (qui aurait très bien pu prétendre à ce rôle), le multivers of madness algorithmique qui gangrène une grosse frange de notre comédie hexagonale.
Échouée à un Philippe de Chauveron à la finesse toujours aussi absente, cette déclinaison perd en mordant ce qu'elle gagne en popote paresseuse et gênante, petit théâtre du cabotinage consenti et du propos formaté, où tout le mordant original se voit dévitalisé dans une forme bâtarde de vaudeville vulgaire et grassouillet, où l'hypothètique charge anti-capitaliste est noyé dans un humour
pachydermique décliné sans envie par une distribution à l'enthousiasme éteint.
Inoffensif as hell (en même temps, critiquer le patronnat dans la France d'aujourd'hui, c'est sans doute trop demander), Un Bon Patron est la définition parfaite du remake artificiel qui n'arrive jamais à légitimer son existence - aucune surprise à l'horizon donc.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Didier Bourdon, Catherine Frot, Jean-François Cayrey, François Levantal,...
Distributeur : UGC Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h27min.
Synopsis :
En quelques jours seulement, tout semble virer à la catastrophe pour Antoine Blanchet, héritier de l’ancestrale fabrique familiale de balances. Un ex-employé viré qui proteste bruyamment et campe devant l’usine ; Un contremaître qui met en péril la production, parce que sa femme le trompe ; Une stagiaire irrésistible qui fait tourner les têtes… À la veille de recevoir un prix d’excellence censé honorer son usine, il doit, en urgence, sauver l’entreprise et maintenir le calme dans son petit univers bien organisé. Il s’y attelle, à sa manière, paternaliste et autoritaire : en bon patron ?
On se rappelle tous au bon souvenir de l'excellent El Buen Patrón de Fernando León de Aranoa, chronique politico-sociale façon charge à peine masquée contre le capitalisme, qui prenait les contours d'une savoureuse comédie satirique et corrosive s'amusant des artifices de façade que cache le paternalisme d'entreprise et une autorité - faussement - juste.
Le tout vissé sur un Javier Bardem magistral, personnage éminemment Berlanguien et trop " bon " pour être vraiment honnête, un homme d'affaire paternaliste qui se souciait plus où moins sincèrement de la vie privée et des difficultés de ses employés, sans pour autant trembler pour sacrifier, avec une cruauté déshumanisée, quelques têtes pour défendre les intérêts économiques de l'usine de fabrication de balances qu'il a hérité de son papounet.
Un solide moment de cinéma aux personnages savamment taillés à la serpe (une sorte de microcosme malsain au sein duquel tous les archétypes que l'on peut retracer au sein d'un organigramme d'entreprise, sont personnifiés avec malice) et à l'humour aussi simple qu'incisif, éléments essentiels pour enfermer son anti-héros dans une prison de verre tragi-comique où il ne fera que récolter crescendo les fruits/dommages collatéraux de son comportement toxique.
Mais parce que l'on est pas à une production stupide près (en réalité si, à une heure où le gouvernement montre d'une manière on ne peut plus décomplexée, que la culture n'est pas/plus essentielle), cinq ans plus tard, notre chère production nationale s'est lancée dans l'entreprise - évidemment vouée à l'échec - d'un remake bien franchouillard avec pour guide dans cet univers violent et impitoyable de l'entreprise, un Didier Bourdon dont la filmographie récente personnifie à la perfection, tout comme celle de Christian Clavier (qui aurait très bien pu prétendre à ce rôle), le multivers of madness algorithmique qui gangrène une grosse frange de notre comédie hexagonale.
Échouée à un Philippe de Chauveron à la finesse toujours aussi absente, cette déclinaison perd en mordant ce qu'elle gagne en popote paresseuse et gênante, petit théâtre du cabotinage consenti et du propos formaté, où tout le mordant original se voit dévitalisé dans une forme bâtarde de vaudeville vulgaire et grassouillet, où l'hypothètique charge anti-capitaliste est noyé dans un humour
pachydermique décliné sans envie par une distribution à l'enthousiasme éteint.
Inoffensif as hell (en même temps, critiquer le patronnat dans la France d'aujourd'hui, c'est sans doute trop demander), Un Bon Patron est la définition parfaite du remake artificiel qui n'arrive jamais à légitimer son existence - aucune surprise à l'horizon donc.
Jonathan Chevrier

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