[CRITIQUE] : Clayface
Réalisateur : James Watkins
Acteurs : Tom Rhys Harries, Naomie Ackie, Max Minghella,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Drame, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
L'ascension fulgurante de Matt Hagen, de gamin des rues de Gotham à star hollywoodienne, est brutalement interrompue lorsqu'un baron du crime le laisse atrocement défiguré. Abandonné de tous et n'ayant plus rien à perdre, Matt se tourne vers un traitement expérimental qui lui rend miraculeusement son apparence… mais altère profondément sa perception de la réalité. Il sombre alors dans une spirale destructrice, consumé par un irrépressible désir de vengeance.
Le succès monstrueux du Joker de Todd Phillips a introduit l'idée saine mais néanmoins complexe qu'un film DC centré sur l'un des vilains du roster monumental de Gotham City (la série The Penguin sur HBO Max, n'a fait que confirmer cette vérité), pouvait tenir debout sans compter la présence de Batman à l'écran (ce qui marche cela dit, bien moins lorsque l'on parle d'univers partagé, comme ici), un mantra que James Gunn suit scrupuleusement, au point de gentiment irrité les fans de Caped Crusader (qui n'est toujours pas introduit dans son nouveau DCU, et la production du film The Brave and the Bold est certainement, en grande partie, mise en retrait parce que celle de The Batman Part II bat son plein, non sans quelques ralentissements certes), en dégainant un film centré sur Gueule d'Argile, à l'initiative d'un Mike Flanagan que l'on aurait bien aimé à la réalisation du bébé, jouant pleinement la carte d'une origin story horrifique sauce body horror et prothèses savamment grotesques.
Le tout cloué aux basques argilesques d'une figure torturée et intimement attachante - même dans ses gros défauts -, dont le rapport avec sa propre chair n'a de cesse de se complexifier.
Un projet intrigant donc qui, mine de rien, tient étonnamment bien la route malgré de grosses maladresses (un Dark Knight pas une seule seconde cité, ce qui commence à clairement tourner au ridicule tant il paraît inconcevable que les psychopathes pullulent à Gotham sans sa surveillance), lui qui dresse avec une violence crue et malaisante la descente aux enfers d'un comédien populaire, Matt Hagen, qui a stupidement joué de ses charmes avec la mauvaise femme, avant d'en payer le prix cher : un visage défiguré, une carrière volant en éclats, des trahisons de toute part et un désir irrépressible de vengeance impossible à assouvir face à la corruption institutionnelle.
Acteurs : Tom Rhys Harries, Naomie Ackie, Max Minghella,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Drame, Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.
Synopsis :
L'ascension fulgurante de Matt Hagen, de gamin des rues de Gotham à star hollywoodienne, est brutalement interrompue lorsqu'un baron du crime le laisse atrocement défiguré. Abandonné de tous et n'ayant plus rien à perdre, Matt se tourne vers un traitement expérimental qui lui rend miraculeusement son apparence… mais altère profondément sa perception de la réalité. Il sombre alors dans une spirale destructrice, consumé par un irrépressible désir de vengeance.
Le succès monstrueux du Joker de Todd Phillips a introduit l'idée saine mais néanmoins complexe qu'un film DC centré sur l'un des vilains du roster monumental de Gotham City (la série The Penguin sur HBO Max, n'a fait que confirmer cette vérité), pouvait tenir debout sans compter la présence de Batman à l'écran (ce qui marche cela dit, bien moins lorsque l'on parle d'univers partagé, comme ici), un mantra que James Gunn suit scrupuleusement, au point de gentiment irrité les fans de Caped Crusader (qui n'est toujours pas introduit dans son nouveau DCU, et la production du film The Brave and the Bold est certainement, en grande partie, mise en retrait parce que celle de The Batman Part II bat son plein, non sans quelques ralentissements certes), en dégainant un film centré sur Gueule d'Argile, à l'initiative d'un Mike Flanagan que l'on aurait bien aimé à la réalisation du bébé, jouant pleinement la carte d'une origin story horrifique sauce body horror et prothèses savamment grotesques.
Le tout cloué aux basques argilesques d'une figure torturée et intimement attachante - même dans ses gros défauts -, dont le rapport avec sa propre chair n'a de cesse de se complexifier.
Un projet intrigant donc qui, mine de rien, tient étonnamment bien la route malgré de grosses maladresses (un Dark Knight pas une seule seconde cité, ce qui commence à clairement tourner au ridicule tant il paraît inconcevable que les psychopathes pullulent à Gotham sans sa surveillance), lui qui dresse avec une violence crue et malaisante la descente aux enfers d'un comédien populaire, Matt Hagen, qui a stupidement joué de ses charmes avec la mauvaise femme, avant d'en payer le prix cher : un visage défiguré, une carrière volant en éclats, des trahisons de toute part et un désir irrépressible de vengeance impossible à assouvir face à la corruption institutionnelle.
Impossible jusqu'à ce qu'il devienne, non sans une certaine insistance, le cobaye des expériences d'une scientifique (fiancée à un flic, pour rajouter un peu de complexité à l'équation par la suite) qui développe une nanotechnologie expérimentale - et encore en gestation - capable de réparer les organes et autres lésions physiques.
Le traitement fonctionne un temps mais, trop pressé d'annoncer son retour, Matt précipite les choses et son corps commence à montrer des réactions/transformations inquiétantes, que ce soit une propension à être excessivement malléable, où la capacité de pouvoir prendre l'apparence d'autres (un comble pour un acteur)...
Respectant au pied de la lettre l'esprit du Batman-verse (même en refondant les origines du personnage et son histoire, d'autant n'y a aucun protoplasme radioactif à l'horizon), bardé de figures moins maléfiques que lancées sur la voie du mal par une adversité exceptionnelle, Clayface s'attache donc à faire de son Matt Hagen moins un vilain pur et dur qu'un anti-héros mutilé, trahi et privé de justice qui voit le destin lui offrir une chance de renverser tragiquement la balance, au détour d'une narration cousue de fil blanc (voire un chouïa caricaturale dans son portrait facile de la jungle Hollywoodienne) et frustrante (sa vision d'un Gotham impersonnel où, comme dit plus haut, la criminalité à toute la latitude rêvée pour s'exprimer, qui semble totalement déconnectée d'un univers certes naissant, laissant planer l'idée que le DCU de Gunn semble incapable de la traiter sans la possibilité de la surcharger de références familières), mais qui tire tout son intérêt d'une propension à s'amuser du grotesque comme du trouble, de la situation de son personnage central metamorphe : un homme désespéré et névrosé dont le visage, signe essentiel d'humanité, n'est plus permanent et dont le corps défie les normes physiques et comportementales.
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| Copyright Warner Bros. |
Du pain béni pour une vision particulièrement kitsch et macabre du body horror (mais qui aurait pu pousser le bouchon bien plus loin dans sa folie débridée), fort de séquences particulièrement obsédantes - voire même traumatisantes et dérangeantes - au travail prothésiste admirable, qui retranscrit joliment la moralité vascillante d'un homme décidé à remodeler son destin par la force de sa propre chair/glaise.
Dommage cela dit, que la mise en scène de James Watkins, solide dans l'horreur mais fonctionnelle lorsqu'elle est en stand-by, plombe le dynamisme d'un ride qui détonne et qui, comme Lanterns, démontre que le DCU en a plus dans les tripes que ses faux pas (Supergirl) le laissent penser.
Jonathan Chevrier
Quand on parle de films sur un vilain de comics, on pense tout de suite au Sony-verse et à ses immondices à la Venom, Morbius et autre tentative affreuse. Mais, depuis quelque temps, DC Comics s’est aventuré dans ce domaine, notamment avec l’excellente série The Penguin. Une œuvre qui prenait racine à la suite de The Batman, bien loin des questionnements de développement d’un univers étendu. L'arrivée du DCU de James Gunn est aussi l’occasion d’explorer cette galerie de vilains complexes et passionnants. Pour l’instant, le réalisateur et producteur s’est déjà aventuré sur ce terrain deux fois avec les très bons The Suicide Squad et Creature Commando. Mais les deux projets avaient comme point commun que ces « méchants » étaient plus des héros dans leurs histoires.
Alors, quand fut annoncé un film centré sur Clayface, méchant très intéressant et connu de Batman, écrit par Mike Flanagan, et sur un ton de film d’horreur, on ne pouvait qu’être intrigué. Mais une inquiétude persistait : l’introduction d’un méchant sans le super-héros qui lui est associé. Un pari risqué, surtout vu l’intérêt que porte le public aux projets sortant des carcans classiques des adaptations de comics. D’autant plus que l’annonce du synopsis a réveillé tous les fans de body horror, faisant aussi écho à The Substance, sorti très peu de temps avant l’annonce. Une chose que l’on peut dire après le visionnage du troisième film du DCU, c’est que le pari est remporté.
Flanagan s'empare du personnage de Clayface, reprenant quelques éléments des comics, mais surtout de la série Batman: The Animated Series. Il y ajoute cependant sa propre vision, accentuant notamment son aspect schizophrénique. Ainsi, Matt Hagen, acteur à succès, se voit défiguré après avoir fricoté avec la mauvaise demoiselle, copine d’un parrain de la mafia. Il se tourne vers une scientifique ayant développé une technologie de reconstruction des tissus basée sur des cellules intelligentes. Hagen parvient à retrouver sa beauté, mais l’expérience dégénère.
La forme diffère aussi énormément. Clayface est loin du body horror annoncé. Oui, il y a bien quelques scènes crados, mais le film reste relativement sage dans son traitement du gore. Ce qui est quand même un peu dommage. Il aurait gagné à aller plus loin dans le trash. On a, par instant, l’impression que l'œuvre a peur de montrer frontalement l’horreur. Mais là où il perd en tripaille, il le gagne dans son thriller. Finalement, Clayface semble se tourner plus vers l’hommage au film noir. Il prend sa place dans un Gotham sombre et mystérieux, que l’on a terriblement envie de mieux connaître (très bientôt, on l’espère, car il serait temps d’introduire son héros maintenant).
Tandis que Flanagan propose une vision intéressante de ce personnage, Watkins, lui, brille dans ses idées de mise en scène. Le réalisateur britannique utilise les pouvoirs de l’homme d’argile pour offrir des mises à mort d’une grande ingéniosité et des scènes d’affrontement dingues (même si on peut regretter une certaine platitude hors des scènes d’horreur). Le tout est mis en valeur par le montage particulièrement soigné de Jon Harris, qui avait déjà travaillé avec Watkins sur Eden Lake et La Dame en noir. Harris était aussi aux manettes sur plusieurs films de Matthew Vaughn (Kick-Ass), Danny Boyle (127 heures ou Yesterday), mais aussi avec Snatch de Guy Ritchie. Un CV plutôt convaincant pour de l’action ou des montages très énergiques. Des talents particulièrement bien utilisés avec Clayface.
Clayface n’est pas le grand film de body-horror tant attendu, tant il reste gentillet sur ce niveau, mais il brille sur d'autres aspects. Plus proche du film noir, Mike Flanagan passionne dans l’écriture de son personnage au début attachant et humain, puis tombant très vite dans la folie et l’horreur à cause des injustices de son monde. James Watkins réussit à mettre en image ce récit en proposant des idées de mise en scène toutes plus folles les unes que les autres. Clayface offre des séquences innovantes et passionnantes.
Livio Lonardi
Alors, quand fut annoncé un film centré sur Clayface, méchant très intéressant et connu de Batman, écrit par Mike Flanagan, et sur un ton de film d’horreur, on ne pouvait qu’être intrigué. Mais une inquiétude persistait : l’introduction d’un méchant sans le super-héros qui lui est associé. Un pari risqué, surtout vu l’intérêt que porte le public aux projets sortant des carcans classiques des adaptations de comics. D’autant plus que l’annonce du synopsis a réveillé tous les fans de body horror, faisant aussi écho à The Substance, sorti très peu de temps avant l’annonce. Une chose que l’on peut dire après le visionnage du troisième film du DCU, c’est que le pari est remporté.
Flanagan s'empare du personnage de Clayface, reprenant quelques éléments des comics, mais surtout de la série Batman: The Animated Series. Il y ajoute cependant sa propre vision, accentuant notamment son aspect schizophrénique. Ainsi, Matt Hagen, acteur à succès, se voit défiguré après avoir fricoté avec la mauvaise demoiselle, copine d’un parrain de la mafia. Il se tourne vers une scientifique ayant développé une technologie de reconstruction des tissus basée sur des cellules intelligentes. Hagen parvient à retrouver sa beauté, mais l’expérience dégénère.
Difficile de ne pas faire de rapprochement avec The Substance dans le synopsis. Mais, mis à part les grandes lignes, les deux œuvres sont bien différentes. Là où Coralie Fargeat traitait le regard féminin et le monde du spectacle, Flanagan et James Watkins (le réalisateur) s'intéressent plus à l’humain. À la manière dont ce dernier peut se perdre, et perdre son identité dans la douleur et les drames.
La forme diffère aussi énormément. Clayface est loin du body horror annoncé. Oui, il y a bien quelques scènes crados, mais le film reste relativement sage dans son traitement du gore. Ce qui est quand même un peu dommage. Il aurait gagné à aller plus loin dans le trash. On a, par instant, l’impression que l'œuvre a peur de montrer frontalement l’horreur. Mais là où il perd en tripaille, il le gagne dans son thriller. Finalement, Clayface semble se tourner plus vers l’hommage au film noir. Il prend sa place dans un Gotham sombre et mystérieux, que l’on a terriblement envie de mieux connaître (très bientôt, on l’espère, car il serait temps d’introduire son héros maintenant).
Tandis que Flanagan propose une vision intéressante de ce personnage, Watkins, lui, brille dans ses idées de mise en scène. Le réalisateur britannique utilise les pouvoirs de l’homme d’argile pour offrir des mises à mort d’une grande ingéniosité et des scènes d’affrontement dingues (même si on peut regretter une certaine platitude hors des scènes d’horreur). Le tout est mis en valeur par le montage particulièrement soigné de Jon Harris, qui avait déjà travaillé avec Watkins sur Eden Lake et La Dame en noir. Harris était aussi aux manettes sur plusieurs films de Matthew Vaughn (Kick-Ass), Danny Boyle (127 heures ou Yesterday), mais aussi avec Snatch de Guy Ritchie. Un CV plutôt convaincant pour de l’action ou des montages très énergiques. Des talents particulièrement bien utilisés avec Clayface.
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| Copyright Warner Bros. |
Clayface n’est pas le grand film de body-horror tant attendu, tant il reste gentillet sur ce niveau, mais il brille sur d'autres aspects. Plus proche du film noir, Mike Flanagan passionne dans l’écriture de son personnage au début attachant et humain, puis tombant très vite dans la folie et l’horreur à cause des injustices de son monde. James Watkins réussit à mettre en image ce récit en proposant des idées de mise en scène toutes plus folles les unes que les autres. Clayface offre des séquences innovantes et passionnantes.
Livio Lonardi



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