[FUCKING SERIES] : Below : Terreur kitsch à Terre-Neuve
(Critique - avec spoilers - de la mini-série)
Jadis next big thing d'Hollywood (où pas si loin) à la belle gueule ravageuse, ayant multiplié les choix audacieux mais rarement payant sur le circuit indépendant, avant une renaissance par la petite porte du cable US dans feu la sublime Penny Dreadful, Josh Hartnett est peut-être - sans doute - l'un des talents prometteurs les plus gâchés du cinéma américain des années 2000, mais également l'un des comédiens qui nous manque le plus sur grand écran (nostalgie oblige, Halloween H20, The Faculty et Black Hawk Down à jamais dans nos coeurs).
Alors qu'il amorce lentement mais sûrement son come-back depuis quelques années, bien aidé notamment par Guy Ritchie, Christopher Nolan, M. Night Shyamalan et même Michael Showalter (aussi risibles fussent-il, Trap et Verity ont été et sont de jolis succès en salles), le voilà qu'il joue les têtes d'affiche de la série horrifique Bellow, créée par Jesse « The Umbrella Academy » McKeown, également showrunner du bébé - et adaptée de la bande dessinée canadienne éponyme de Jesse McKeown -, qui tente de donner du peps à une spooky season made in Netflix qui fait pâle figure en comparaison des années précédentes (un seul Mike Flanagan vous manque, et tout est fade et inintéressant), tout en chargeant sa barque mignon : thriller écologique sauce crise économico-climatique (la fonte des glaces) à forte tendance surnaturel (avec accents gothiques pas totalement assumés), corruption politique et difficultés de la classe ouvrière, drame familial et dépeuplement rural.

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Une sacrée popote donc, pas toujours droite dans sa barque (six épisodes au compteur, c'est léger avec autant d'ambition narrative) ni même exempt de gros coups de mou mais qui reste néanmoins d'une générosité chaleureuse, flanquée dans une petite communauté isolée et sauvage de Snook's Arm à Terre-Neuve, et clouée aux basques d'un père célibataire pêcheur tout en frustrations qui peine à joindre les deux bouts, traumatisé depuis môme par la mort étrange d'un père qui semble avoir littéralement été englouti par la mer - où un monstre gigantesque cachée sous ses eaux sombres et troubles.
Pas de bol, la dite bestiole fait son retour au moment même où toute sa famille - aux envies d'ailleurs marquées - rentre au bercail, et que certains villageois commencent à souffrir de symptômes physiques étranges comme de visions inquiétantes...
Pas si éloignée dans la forme, des totems Midnight Mass et Widow's Bay dans sa manière de composer une atmosphère aussi immersive que profondément étrange et mélancolique, auprès d'une communauté à l'authenticité rare (un cadre qui transpire le vrai, rare pour une production Netflixienne), là où le fond pèche un poil plus à tenir la distance (avec un monstre - un poulpe géant - se fait moins une figure terrifiante et incontrôlable que le symbole d'un capitalisme dévorant, la terreur de surface auquel il est réellement impossible de réchapper), la faute autant à une structure sensiblement scindée en deux parties (et à l'intérêt fluctuant, la première incarnant la meilleure du show) qu'à se perdre dans quelques sous-intrigues dispensables, Below n'en reste pas moins une sympathique et kitsch bisserie de luxe solidement incarnée (Josh Hartnett et Mackenzie Davis sont excellents), qui ne correspond pas forcément aux belles promesses qu'elle distille dans son - brillant - premier épisode, mais vaut décemment son pesant de pop-corn, après le binge-watching intense de la série Carrie par... Mike Flanagan.
Jonathan Chevrier

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