[CRITIQUE] : Street Fighter
Réalisateur : Kitao Sakurai
Avec : Andrew Koji, Noah Centineo, Callina Liang, David Dastmalchian, Roman Reigns, Jason Momoa, Cody Rhodes,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Action, Arts-martiaux.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h00min
Synopsis :
En 1993, Ryu et Ken Masters, deux Street Fighters autrefois inséparables, sont replongés dans l’arène lorsque la mystérieuse Chun-Li les recrute pour le prochain World Warrior Tournament : un affrontement brutal où se mêlent poings, destin et fureur. Mais derrière cette battle royale se cache une conspiration mortelle qui les oblige à s’affronter, tout en faisant face aux démons de leur passé… Et s’ils échouent, c’est GAME OVER.
Pour tous ceux ayant plus où moins poncés leur Super Nintendo avec ce qui est, peut-être, le meilleur jeu de combats de toute l'histoire du jeu vidéo (c'est notre nostalgie qui parle, ne la contredit pas s'il te plaît), Street Fighter 2, la première incursion cinématographique au coeur de Shadaloo laissera toujours une cicatrice amère, une trahison impossible à totalement guérir même sous l'aura glorifiée d'un statut de nanar qu'il ne mérite même pas, malgré tout l'amour que l'on porte à Steven E. de Souza - sans qui plusieurs bisseries qui tâchent des 80s, n'auraient pas les mêmes saveurs.
Catastrophe industrielle risible, deux coudées au-dessus cela dit des cataclysmiques Double Dragons et Super Mario Bros., Street Fighter : Le Film est une pure anomalie toute aussi déglinguée qu'étrangement régressive, sorte de mélange improbable entre le lore d'un jeu vidéo dont elle se contrefout, le film de bastons chiche en castagnes, l'actionner mou de la fesse gauche et le thriller géopolitique plus simpliste qu'un rip-off de chez The Asylum (M. Bison retient des otages dans sa forteresse tandis que les forces des Nations Unies menées par le Colonel Guile, tentent de l'arrêter... et c'est tout).
Le tout plombé par une production chaotique as hell, entre un feu Raul Julia (qui distille une énergie théâtrale pas dégueulasse à son Bison) qui souffrait le martyre - il était atteint d'un cancer de l'estomac en phase terminale -, une Capcom qui imposait un droit de regard absolu sur chaque détail (et la nécessité d'avoir la présence de tout le roster du materiau d'origine, obligeant de Souza a multiplié les pirouettes malades pour les intégrer à la pelleteuse) et une sortie pour les fêtes de fin d'année 1994 (renforçant un planning de tournage déjà limité par un budget siphonné par son duo titre), sans oublier un JCVD sous coke (foutu boisson gazeuse...), incapable de jouer entre deux caprices.
Un spectacle involontairement grotesque et irritant (Blanka, petit ange gangbangisé trop tôt...) mais qui, de manière improbable, reste un passage obligé pour tous les amateurs du cinéma du karatéka belge mais aussi et surtout, pour les fans absolus et sadiques - comme nous - des adaptations de jeux vidéos calamiteuses comme seules les années 90 étaient en capacités de les produire.
Avec : Andrew Koji, Noah Centineo, Callina Liang, David Dastmalchian, Roman Reigns, Jason Momoa, Cody Rhodes,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Action, Arts-martiaux.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h00min
Synopsis :
En 1993, Ryu et Ken Masters, deux Street Fighters autrefois inséparables, sont replongés dans l’arène lorsque la mystérieuse Chun-Li les recrute pour le prochain World Warrior Tournament : un affrontement brutal où se mêlent poings, destin et fureur. Mais derrière cette battle royale se cache une conspiration mortelle qui les oblige à s’affronter, tout en faisant face aux démons de leur passé… Et s’ils échouent, c’est GAME OVER.
Pour tous ceux ayant plus où moins poncés leur Super Nintendo avec ce qui est, peut-être, le meilleur jeu de combats de toute l'histoire du jeu vidéo (c'est notre nostalgie qui parle, ne la contredit pas s'il te plaît), Street Fighter 2, la première incursion cinématographique au coeur de Shadaloo laissera toujours une cicatrice amère, une trahison impossible à totalement guérir même sous l'aura glorifiée d'un statut de nanar qu'il ne mérite même pas, malgré tout l'amour que l'on porte à Steven E. de Souza - sans qui plusieurs bisseries qui tâchent des 80s, n'auraient pas les mêmes saveurs.
Catastrophe industrielle risible, deux coudées au-dessus cela dit des cataclysmiques Double Dragons et Super Mario Bros., Street Fighter : Le Film est une pure anomalie toute aussi déglinguée qu'étrangement régressive, sorte de mélange improbable entre le lore d'un jeu vidéo dont elle se contrefout, le film de bastons chiche en castagnes, l'actionner mou de la fesse gauche et le thriller géopolitique plus simpliste qu'un rip-off de chez The Asylum (M. Bison retient des otages dans sa forteresse tandis que les forces des Nations Unies menées par le Colonel Guile, tentent de l'arrêter... et c'est tout).
Le tout plombé par une production chaotique as hell, entre un feu Raul Julia (qui distille une énergie théâtrale pas dégueulasse à son Bison) qui souffrait le martyre - il était atteint d'un cancer de l'estomac en phase terminale -, une Capcom qui imposait un droit de regard absolu sur chaque détail (et la nécessité d'avoir la présence de tout le roster du materiau d'origine, obligeant de Souza a multiplié les pirouettes malades pour les intégrer à la pelleteuse) et une sortie pour les fêtes de fin d'année 1994 (renforçant un planning de tournage déjà limité par un budget siphonné par son duo titre), sans oublier un JCVD sous coke (foutu boisson gazeuse...), incapable de jouer entre deux caprices.
Un spectacle involontairement grotesque et irritant (Blanka, petit ange gangbangisé trop tôt...) mais qui, de manière improbable, reste un passage obligé pour tous les amateurs du cinéma du karatéka belge mais aussi et surtout, pour les fans absolus et sadiques - comme nous - des adaptations de jeux vidéos calamiteuses comme seules les années 90 étaient en capacités de les produire.
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| © 2026 Legendary Pictures / Capcom / Paramount Pictures |
Autant dire donc que trois décennies plus tard, et passé un diptyque Mortal Kombat dont on avait la certitude qu'il reproduirait la majorité de ses erreurs, il était difficile d'avoir un minimum d'attente face au nouvel effort assurément fourre-tout de Kitao Sakurai, d'autant qu'il semblait chercher à reproduire le kitsch so 90s de la première adaptation, dans une vibe nostalgico-coolo-complice sauce fan service boulimique dont l'humour comme les combats, chekeraient toutes les chicanes du fun/plaisir de fans.
Bonne pioche (on est fortiche quand-même, non ?), dans le sens où le film se laisse évidemment regarder sans trop de déplaisir, et ce même s'il n'atteint jamais véritablement tout son potentiel de B movie à forte tendance Z dans ses envolées burnées, moins la faute d'une mise en scène plutôt solide dans l'action et d'un montage au découpage - pas toujours - frénétique (le combat Ryu/Honda est peut-être le meilleur affrontement récent, retranscrivant à la perfection l'esprit d'un jeu vidéo de bastons cartoonesque), que d'une narration réduite à peau de chagrin, entre les ellipses brutales mal négociées et une intrigue limitée (presque prétexte) aux enjeux faméliques, qui dresse plus de pistes qu'elle n'en résout.
Mortal Kombat (et encore plus sa suite) était forgé du même fer, de cette idée plus incompréhensible qu'audacieuse de vouloir bâtir une franchise sur des personnages/combattants caricaturaux qui ne sont pas construit (où presque) au-delà de tout attachement nostalgique des initiés (que l'on brosse dans le sens du poil avec quelques passages obligés), véritable calque d'une méthode Marvel qui a tellement façonné le cinéma grand public contemporain, que plus personne ne cherche à déborder de son cadre ni même à avoir une quelconque illusion de grandeur/originalité.
Mais là où le film de McQuoid embrassait un sérieux résolument plus pastoral, celui de Sakurai pousse sensiblement les potards du côté du grotesque involontaire (mais volontaire ici... t'as capté) du film de de Souza, tout en collant au plus près du lore de Street Fighter II, cloué aux basques d'un duo Ryu/Ken à la fraternité perdue (mais aussi d'une Chun-Li en quête de vengeance), renouant leurs liens pour le tournoi maousse costaud d'un M. Bison cherchant à devenir l'homme le plus puissant du monde, en volant l'énergie de Ryu...
Pas de gros Hadouken narratif des familles à l'horizon donc (et tant mieux, puisqu'on partait de loin) et, comme dit plus haut, les ellipses/incohérences temporelles viennent encore plus kicker l'affaire (même si les flashbacks animés sont une belle surprise) jusqu'à un dernier acte déglingué qui dresse mollement quelques pistes pour la suite, mais l'intérêt de Sakurai est ailleurs, dans un désir de flatter - excessivement - le fan absolu à coups de (grosses) références sans trop larguer les non-initiés, comme de renouer dangereusement avec le divertissement populaire des 90s, quitte à embrasser son humour turbo-beauf et sa légèreté régressive.
Un combo globalement éreintant qui dédramatise ses moindres saillies tendues/sérieuses autant qu'il ramène encore plus les personnages - et leurs interprétations - à leurs statuts de caricatures faciles (quand bien même il était évident, vu l'importance du roster, que certains ne dépasseraient jamais le stade de quelques coups de crayons), au point que l'on voit trop vite les carences de la prestation loin d'être toujours juste de Noah Centineo - même dans le feu de l'action -, où de l'interprétation trop théâtrale de M. Bison (par un David Dastmalchian qui fait du Raul Julia... en moins bien), là où le jeu tout en physicalité d'Andrew Koji fait des merveilles (pas vraiment surprenant, on est d'accord).
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| © 2026 Legendary Pictures / Capcom / Paramount Pictures |
Sorte de fusion folle entre l'univers de Street Fighter et le cinéma des frères Farrelly (et pas dans son versant le plus glorieux), techniquement soigné (chorégraphies, effets spéciaux, colorimétrie, photo : tout reste soigné, même si le montage n'est pas toujours au rendez-vous) tout autant qu'il cherche inexplicablement à dégainer moins de coups percutants que de vannes oubliables; Street Fighter s'inscrit presque dans une continuité cohérente au film de 1995, dont l'esprit parodique était totalement involontaire, petit OFNI qui ratisse large dans son catalogue de castagnes en règle, au moins autant qu'il se tire lui même vers le bas, sans arc de cercle sur les flèches directionnelles, par la fragilité de son humour et de sa propension à ne jamais pousser sa narration plus loin qu'un bras de Dhalsim.
Mais le fun, absurde et assumé, est bien là donc avouons que c'est déjà pas (si) mal.
Jonathan Chevrier



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