[CRITIQUE] : Ghost in The Cell
Réalisateur : Joko Anwar
Acteurs : Abimana Aryasatya, Bront Palarae, Dhimas,...
Distributeur : Shadowz
Budget : -
Genre : Comédie, Épouvante-horreur.
Nationalité : Indonésien.
Durée : 1h46min.
Synopsis :
Un détenu arrive dans une prison indonésienne, hantée par une entité surnaturelle qui tue ceux dont l’aura est la plus sombre. Alors que les prisonniers s’efforcent d’accomplir de bonnes actions pour survivre, ils réalisent que l’unité est leur seule chance de ne pas être éliminés un par un.
Il n'y a, fondamentalement, pas de petites réjouissances au cœur d'un festival tant ou est censé n'être que découverte et/où redécouverte qui titille gentiment - où non - notre intérêt, mais gageons qu'il y en a quand-même au moins l'esprit, qui s'en dégage lorsqu'une sélection se place un poil en-dessous de nos attentes (où, n'ayons pas peur des mots, s'avère méchamment décevante), et que le retour aux affaires d'un où d'une cinéaste que l'on affectionne, pointe le bout de sa caméra.
Et au sein d'une cuvée 2026 d'un Étrange Festival étrangement chiche en séances mémorables (tout juste retenons-nous, hors séance de patrimoine, deux efforts venus d'Outre-Atlantique, Buddy de Casper Kelly et Leviticus d'Adrian Chiarella, soit on se fait aigris, soit la popote annuelle est plutôt maigre, voire excessivement rachitique), l'idée d'une séance tout droit issue du cerveau énervé et talentueux que celui du cinéaste indonésien Joko Anwar, avait potentiellement tout d'une oasis au milieu du désert.
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D'autant que le bonhomme s'était lancé le défi de quitter sa zone de confort pour voguer vers un mélange des genres qui promettait d'être particulièrement corsé : le film carcéral sauce comédie fantastico-grotesque et sanglante, sous d'entité maléfique et de critique sociale affirmée - avec même un doigt de film d'art martiaux et de musical.
Tout un (beau) programme incarné par Ghost in The Cell (oui, tu as la référence...) donc, qui tient plutôt bien ses promesses quand bien même l'humour indonésien n'est pas forcément le plus subtil et délicat (et le mot est faible), belle bisserie qui tâche qui ne s'embarasse jamais véritablement du superflu (pas même d'une écriture un tant soit peu charnue, qui taille ses personnages à la serpe et relègue ses enjeux dramatiques au strict minimum), et tirant pleinement le parti pris d'un pitch à la lisière du prétexte (un journaliste, emprisonné pour le meurtre sauvage de son boss qu'il n'a pas commis, débarque dans une prison indonésienne de haute sécurité, hantée par une entité surnaturelle qui s'amuse à tuer tous ceux dont l’aura est la plus sombre, poussant alors les prisonniers à accomplir de bonnes actions pour survivre, mais également à s'unir pour ne pas être décimé chacun son tour), pour voguer vers un pendant plus heurté et métaphorique, ou l'univers carcéral incarne moins un cadre viscéral à la violence arbitraire, qu'une incarnation symbolique des contradictions d'une société indonésienne dont Anwar fustige les inégalités, entre corruption et exploitation aveugle des ressources naturelles, tout en tapant mignon sur la religion - pas uniquement musulmane.
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Comédie satirique au dynamisme anarchique, fusion macabre entre Prison on Fire de Ringo Lam et Prison de Renny Harlin, un brin bouffé par un rythme en dents de scie et une horreur un peu chiche (quelques mises à mort spectaculaire et un gore exacerbé - voire un poil scato -, mais rien de plus, à l'image d'une mise en scène sans ampleur ni éclat), mais fier d'une esthétique camp assumée, Ghost in The Cell n'en reste pas moins un chouette délire régressif et généreux, toujours marqué par les obsessions de son cinéaste (qui met un point d'honneur à ne jamais dissocier divertissement et propos politiques et sociaux), mais dont on aurait néanmoins aimé qu'il mette plus l'accent sur l'horreur, et moins sur l'absurdité...
Jonathan Chevrier



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