[CRITIQUE] : Sham
Réalisateur : Takashi Miike
Acteurs : Kô Shibasaki, Kôji Ohkura, Fumino Kimura,...
Distributeur : Art House
Budget : -
Genre : Drame, Thriller.
Nationalité : Japonais.
Durée : 2h09min.
Synopsis :
Seiichi Yabushita, instituteur respecté, est accusé par une mère d’avoir harcelé et humilié son fils. Très vite, la machine s’emballe. Médias, rumeurs, opinion publique : chacun impose son récit. Yabushita est alors pris dans une spirale où la vérité n’est plus qu’une version parmi d’autres.
D’après une histoire vraie.
Lorsqu’un instituteur est accusé par une mère d’avoir harcelé et humilié son fils, la machine s’emballe. Rumeur, opinion du public, médias : tous ont leur avis sur cette histoire. Une affaire qui va même aller jusqu’au procès. Mais les apparences sont peut-être trompeuses, et la vérité se trouve ailleurs. Ce synopsis vous rappelle quelque chose ? En effet, ça ressemble méchamment à L'Innocence de Kore-eda. Cependant, c’est bien le pitch du nouveau long-métrage de Takashi Miike. Mais les ressemblances s'arrêtent juste au pitch de base, tant Miike va traiter des sujets bien différents.
Acteurs : Kô Shibasaki, Kôji Ohkura, Fumino Kimura,...
Distributeur : Art House
Budget : -
Genre : Drame, Thriller.
Nationalité : Japonais.
Durée : 2h09min.
Synopsis :
Seiichi Yabushita, instituteur respecté, est accusé par une mère d’avoir harcelé et humilié son fils. Très vite, la machine s’emballe. Médias, rumeurs, opinion publique : chacun impose son récit. Yabushita est alors pris dans une spirale où la vérité n’est plus qu’une version parmi d’autres.
D’après une histoire vraie.
Lorsqu’un instituteur est accusé par une mère d’avoir harcelé et humilié son fils, la machine s’emballe. Rumeur, opinion du public, médias : tous ont leur avis sur cette histoire. Une affaire qui va même aller jusqu’au procès. Mais les apparences sont peut-être trompeuses, et la vérité se trouve ailleurs. Ce synopsis vous rappelle quelque chose ? En effet, ça ressemble méchamment à L'Innocence de Kore-eda. Cependant, c’est bien le pitch du nouveau long-métrage de Takashi Miike. Mais les ressemblances s'arrêtent juste au pitch de base, tant Miike va traiter des sujets bien différents.
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Dès le début, le réalisateur japonais aborde une thématique très spécifique : le métissage chez les Japonais, et notamment le métissage nippo-américain. Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon s’est vu être mis sous emprise américaine, avec une vague importante de migration. Cela a conduit à un métissage de la population, mais aussi à une défiance de ces nouveaux arrivants et à une discrimination des Japonais·es qui se sont marié·e·s avec des Américain·e·s. Et c’est le cas pour la famille de l’enfant au centre de l’histoire de Sham. Ainsi, Miike centre le harcèlement du garçon autour de ses origines, pointant du doigt la xénophobie au sein de la société japonaise.
Malheureusement, le réalisateur ne fait finalement que très peu de choses avec ce sujet. Bien qu’il soit au centre de son récit, et notamment des accusations portées à l’encontre de l’instituteur, il les balaie finalement dans son dernier segment en conclusion du procès. Tout ça pour recentrer son histoire autour du « récit » que chaque partie, chaque citoyen se crée lorsqu’une affaire judiciaire est surmédiatisée. Un sujet qui aurait pu être intéressant s’il n’avait pas été dilué dans un film de procès peu palpitant.
Ce qui passionne dans le genre du film de procès, ce sont les révélations et rebondissements, mais surtout la réaction du public et des parties lorsque ces derniers surviennent. Or, Miike les relègue en hors-champ, montrant juste brièvement comment la défense les a découverts. En faisant cela, il supprime tout intérêt pour ce jugement qui semble au final très peu l’intéresser lui-même. À cela s'ajoutent de nombreux flashbacks et dialogues surexplicatifs. Mais tout ça aurait pu être pardonné si le réalisateur nous proposait des personnages intéressants et/ou attachants. Malheureusement, tous sont monocordes, n’ont qu’une seule caractérisation et n’évoluent finalement que très peu. Cela n’est pas forcément un problème en soi. Une belle note est agréable à écouter. Mais répétez cette même note trop de fois, et elle en devient insupportable.
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Et c’est là un des gros problèmes de Sham ; il ne fait que répéter sans cesse les mêmes choses en boucle. Dans L’Innocence, Kore-eda avait adopté la forme dite de Rashomon (c’est-à-dire raconter la même histoire avec des points de vue différents à chaque fois). Donc, automatiquement, on se retrouve avec des répétitions. Mais elles sont légèrement différentes et permettent d’explorer et de travailler un peu plus son sujet. Dans Sham, le récit est plus traditionnel. Il n’essaie pas d’explorer les différents points de vue (ce qui est dommage vu qu’il veut traiter la question des différences de récit dans des affaires judiciaires médiatisées). Résultat : on se retrouve juste avec un film qui ne fait que redire en boucle ce qu’il a déjà traité.
En commençant son récit sur le métissage nippo-américain et la xénophobie au sein de la société japonaise, Sham intrigue dès le début. Mais, très vite, il se transforme en film de procès très peu palpitant, aux rebondissements tous plus ennuyeux les uns que les autres, pour au final balayer ses thématiques de base. Takashi Miike se retrouve à juste se répéter en boucle, réutilisant les mêmes tropes trop de fois.
Livio Lonardi



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