[CRITIQUE] : Red Sonja
Réalisatrice : M.J. Bassett
Acteurs : Matilda Lutz, Martyn Ford, Robert Sheehan, Wallis Day,...
Budget : -
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Genre : Action, Aventure, Fantastique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h50min
Synopsis :
Réduite en esclavage par un tyran maléfique qui souhaite détruire son peuple, Sonja la barbare doit réunir un groupe de guerriers improbables afin d'affronter Draygan et son épouse impitoyable, Annisia.
Quoiqu'on en dise, faire un vrai mauvais film est un art froutement difficile qui demande non pas une paresse, mais bien une véritable propension à, parfois au-delà de toute volonté, empiler les mauvais choix dans une sorte de partie bigger than life de Tetris où personne ne gagne réellement, même avec le plus parfait des alignements.
Mais même le plus assumé des nanars, et encore plus pour les amateurs de bisserie à forte tendance Z (où de gros délires Z bien gras, tout court) que nous sommes, arrive cependant à distiller cette petite odeur de souffre qui en fait son charme, et qui nous fait assez souvent supporter la vision d'une péloche qui, pour le commun des spectateurs, est un supplice sans nom.
C'est dire donc la prouesse non négligeable opéré par M.J. Bassett avec son nouvel effort, définition parfaite du cinéma cholestérol, ce supplément cheddar dégoulinant sur des frites déjà trop salées, ce petit rab' de choucroute à la cantoche du bureau, qui est appelé à souiller l'oxygène autour de la machine à café pour tout le reste de la semaine.
Exactement le genre de cinéma peu digeste qui reste englué sur tes poignées d'amour mais que tu ne peux, au fond, totalement renier parce que oui, le "mauvais cinéma" (retiens les guillemets, ils ne sont que pour les deux, trois lecteurs fragiles au fond de la salle) comme la junk food, ça a du bon pour purifier de temps en temps, ton petit cœur de cinéphile vulnérable et nostalgique, tant que tu n'en abuses pas évidemment, mon cochon - ça peut tuer un esprit critique ses machins-là.
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Et question abus - et nostalgie -, Red Sonja n'y va pas par le dos de la louche, concrétisation de quatre décennies de galères pour les fans du comics (les nombreux échecs successifs de succéder au magique - doux euphémisme - bijou Kalidor de Richard Fleischer, qui ont failli nous mener à un projet porté par Rose McGowan et avec Robert Rodriguez à la baguette... damn), odyssée barbaro-numérisée ou une Matilda Lutz physiquement impliquée, tente vainement de masquer les faiblesses abyssale d'un navire cinématographique qui prend l'eau de toute part, d'une mise en scène sans ampleur (boursouflé par des gros plans à outrance pour masquer les décors en carton pâte) à une écriture laborieuse (qui incarne, essentiellement pour tirer large, une exploration des origines du personnage, soit une seule survivante d'une tribu anéantie par le cruel seigneur de guerre, l'empereur Dragan - un Robert Sheehan qui n'en a strictement plus rien à foutre -, et bien décidée de se venger du bonhomme désireux de dominer le monde), en passant par une D.A. aux fraises - mais imputable à un budget riquiqui, certes.
Sorte de sous-Gladiator II (qui était déjà du sous-Gladiator aux relents numériques maladroits) mixé aux affreux films Hercule de Brett Ratner et Renny Harlin, tout en dialogues faisandés, en romance insipide et cruellement pingre en empoignades sanglantes, Red Sonja cuvée 2026 n'en reste pas moins un petit plaisir coupable gentiment déviant, qui titille sans gêne la fragilité primaire du mâle (pauvre Matilda Lutz en mode cosplay bikini-côte de mailles...) autant qu'il comporte quelques combats sympathoches (le fight avec le Cyclope, le bouquet final), qui laisse infuser quelques effluves douloureuses de ce qu'aurait pu être un tel projet avec à la fois plus de budget, mais aussi et surtout plus d'envie.
Bref, ce n'est pas aujourd'hui qu'on laissera de côté nos DVD d'un Schwarzy à perruque et aux muscles saillants, tentant de galocher une future ex-madame Stallone jouant comme un pied.
Ah nostalgie quand tu nous tiens...
Jonathan Chevrier


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