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[CRITIQUE] : Cap Farewell


Réalisatrice : Vanja D'Alcantara
Acteurs : Noée Abita, Pascale Bussières, Olivier Gourmet,...
Distributeur : Destiny Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Belge, Canadien, Hollandais.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Toni, une jeune femme de 24 ans, sort de prison et doit retourner vivre chez sa mère Betty. Déterminée à renouer avec sa fille Anna, elle travaille dans la brasserie de son oncle. De nouveau, elle se retrouve impliquée dans les affaires de contrebande de son amour d’enfance, Max, le père d’Anna. Toni devra faire preuve de combativité pour se libérer de cet environnement toxique…





On avait laissé Noée Abita il y a une poignee de semaines dans les salles, au détour du délicat My Summer With Irene, estampillé second long-métrage du cinéaste italien Carlo Sironi, coming-of-age movie prenant les contours d'une chronique d'une évasion estivale contemplative - presque suspendue dans le temps - et éphémère sensiblement dans l'ombre sauvage du cinéma d'André Téchiné, qui cherchait moins à capturer les souffrances intimes de ses héroïnes (subtilement traités, sans qu'elles n'obscurcissent le récit) qu'à les observer s'ouvrir l'une à l'autre et au monde, dans un mélange de poésie et de retenue.
Une séance imparfaite certes, voire sans doute trop contemplative pour certains, mais une chouette balade néanmoins.

Au crépuscule du mois de juillet, elle nous revient donc avec un nouveau second long-métrage à nouveau, Cap Farewell de la réalisatrice belge Vanja d’Alcantara, au sujet pas forcément plus heureux (mais ou il est question, une nouvelle fois, d'une forme d'enfermement face auquel on ne peut réellement lutter) mais qui lui permet néanmoins d'exposer encore un peu plus, toutes les nuances passionnantes qui caractérisent sa palette de jeu.

Copyright Destiny Films

Drame Dardennien dans le fond comme dans la forme malgré ses velléités à bifurquer d'une manière plus ou moins affirmée vers les codes du néo-noir, le film s'attache à dénuder les fils des limites de la tentative de réinsertion comme de reconstruction d'une jeune femme libérée de prison - enfin, sous liberté conditionnelle -, Antonia/Tony, contrainte de revenir vivre chez sa mère et déterminée à renouer avec sa fille Anna, quand bien même elle n'arrive jamais réellement à s'extirper de ses sentiments comme de l'emprise toxique de son amour d’enfance, Max, petit criminel et père de la chair de sa chair.

Portrait psychologique d'une figure brisée par la culpabilité mais résiliente, qui tente de mériter son pardon comme de retrouver sa place dans le monde et auprès des siens (qui ont appris à vivre avec son absence), sans jamais réellement réussir à dompter la tragédie qui l'assaille, Cap Farewell suit sans trop de remous les lignes d'une mécanique schématique (beaucoup) trop bien huilée pour son bien, une écriture tout en archétypes qui ne laisse pas assez respirer son intrigue, autant qu'elle annihile coton toute l'émotion nichée derrière la performance d'une Noée Abita touchante en jeune mère portée par un désir sincère de seconde chance.
Pas déplaisant pour autant, mais franchement oubliable.


Jonathan Chevrier