[CRITIQUE/RESSORTIE] : Cast a Dark Shadow
Réalisateur : Lewis Gilbert
Avec : Kay Walsh, Kathleen Harrison, Dirk Bogarde,...
Distributeur : Les Films de l'Atalante
Budget : -
Genre : Policier
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h22min
Date de sortie : 1 février 1957
Date de ressortie : 22 juillet 2026
Synopsis :
Un jeune homme use de ses charmes pour épouser une femme riche plus âgée. Il maquille son assassinat en accident. Mais lorsqu'il découvre qu'il ne touchera pas l'assurance, il cherche une autre victime…
C'est le tribut d'un été particulièrement dense en ressorties diverses (clairement le genre de programme face auquel on ne pourra JAMAIS se plaindre), qui voit des rétrospectives plus importantes que d'autres, vampiriser un peu plus l'attention, quand bien même elle reste mineure en comparaison de celle allouée aux blockbusters Hollywoodiens : plusieurs séances passent totalement inaperçues, même avec une proposition estivale logiquement moins importante.
Et aux rayons des ressorties pas assez mises en lumières, le triptyque de films noirs composé par Les Films de l'Atalante, truste gentiment la tête - trois séances glaciales pourtant parfaites pour une saison caniculaire.
Passé le génial Sudden Fear aka Le masque arraché de David Miller (où Hitchcock n'est, évidemment, jamais très loin, chronique désenchantée d'une femme qui se sait aimée, découvrant le destin terrible que lui réserve son époux, quand bien même il serait injuste de réduire le film de David Miller qu'au simple statut d'héritier, que ce soit par sa maîtrise absolue des codes du genre, son exigence narrative et formelle mais également sa gestion du rythme savoureusement implacable; le tout porté par un immense trio Joan Crawford, Jack Palance et Gloria Grahame), et le plus mineur Another Man's Poison d'Irving Rapper (pas exempt de quelques maladresses caméra au poing, le bonhomme joue moins la carte d'une intrigue sombre et vénéneuse, que celle d'une ironie et d'un cynisme particulièrement vivaces, pour mieux croquer moins un thriller qu'une comédie noire et verbeuse dont la mécanique pas toujours bien huilée s'irrite à la moindre complication mais qui, inexplicablement, distille un parfum de chaos suffisamment doux et entraînant pour divertir... comme le charme magnétique de Bette Davis), place à l'excellent Cast a Dark Shadow de Lewis Gilbert, qui vient solidement clore les débats.
Polar noir flanqué dans une haute bourgeoisie britannique post-Seconde Guerre mondiale sensiblement sur le déclin, le film s'attache tout autant aux pulsions psychotiques qu'à l'appât du gain coton d'un jeune homme - Edward - qui n'hésite pas à user de ses charmes comme de son arrogance, pour arriver à ses fins : séduire des femmes riches plus âgées pour en heriter, et maquiller leurs assassinats en accident.
Une figure à la fois désespérée et déterminée, tant elle capable du pire avec un détachement glacial, son avidité extrême et impatiente domptant sans mal la moindre étincelle de morale au coeur de son âme pourrie jusqu'à la moelle, une perversité assumée que Gilbert filme avec ce qu'il faut d'ironie pour la rendre fascinante, lancée qu'elle est dans un tango terrible avec une nouvelle conquête qui lui donne plus de fil à retordre qu'il ne l'aurait pensé (logique au fond, pour un homme qui pense la femme comme un objet qu'il peut maîtriser et mépriser), et qui fissure lentement mais sûrement son assurance.
Chronique d'un gigolo pas (du tout) rigolo in fine rattrapé pour ses vices, le film, à la fois solidement charpenté par Lewis Gilbert (dans une inversion du regard féminin habituel chez Hitchcock, mais qui partage avec certains de ses efforts, une prévisibilité pas fondamentalement désagréable) et incarné par un Dirk Bogarde aussi séduisant qu'inquiétant, est un petit bonbon de thriller noir à l'humour noir so british qui vaut décemment sa (re)découverte.
Jonathan Chevrier
Avec : Kay Walsh, Kathleen Harrison, Dirk Bogarde,...
Distributeur : Les Films de l'Atalante
Budget : -
Genre : Policier
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h22min
Date de sortie : 1 février 1957
Date de ressortie : 22 juillet 2026
Synopsis :
Un jeune homme use de ses charmes pour épouser une femme riche plus âgée. Il maquille son assassinat en accident. Mais lorsqu'il découvre qu'il ne touchera pas l'assurance, il cherche une autre victime…
C'est le tribut d'un été particulièrement dense en ressorties diverses (clairement le genre de programme face auquel on ne pourra JAMAIS se plaindre), qui voit des rétrospectives plus importantes que d'autres, vampiriser un peu plus l'attention, quand bien même elle reste mineure en comparaison de celle allouée aux blockbusters Hollywoodiens : plusieurs séances passent totalement inaperçues, même avec une proposition estivale logiquement moins importante.
Et aux rayons des ressorties pas assez mises en lumières, le triptyque de films noirs composé par Les Films de l'Atalante, truste gentiment la tête - trois séances glaciales pourtant parfaites pour une saison caniculaire.
Passé le génial Sudden Fear aka Le masque arraché de David Miller (où Hitchcock n'est, évidemment, jamais très loin, chronique désenchantée d'une femme qui se sait aimée, découvrant le destin terrible que lui réserve son époux, quand bien même il serait injuste de réduire le film de David Miller qu'au simple statut d'héritier, que ce soit par sa maîtrise absolue des codes du genre, son exigence narrative et formelle mais également sa gestion du rythme savoureusement implacable; le tout porté par un immense trio Joan Crawford, Jack Palance et Gloria Grahame), et le plus mineur Another Man's Poison d'Irving Rapper (pas exempt de quelques maladresses caméra au poing, le bonhomme joue moins la carte d'une intrigue sombre et vénéneuse, que celle d'une ironie et d'un cynisme particulièrement vivaces, pour mieux croquer moins un thriller qu'une comédie noire et verbeuse dont la mécanique pas toujours bien huilée s'irrite à la moindre complication mais qui, inexplicablement, distille un parfum de chaos suffisamment doux et entraînant pour divertir... comme le charme magnétique de Bette Davis), place à l'excellent Cast a Dark Shadow de Lewis Gilbert, qui vient solidement clore les débats.
Polar noir flanqué dans une haute bourgeoisie britannique post-Seconde Guerre mondiale sensiblement sur le déclin, le film s'attache tout autant aux pulsions psychotiques qu'à l'appât du gain coton d'un jeune homme - Edward - qui n'hésite pas à user de ses charmes comme de son arrogance, pour arriver à ses fins : séduire des femmes riches plus âgées pour en heriter, et maquiller leurs assassinats en accident.
Une figure à la fois désespérée et déterminée, tant elle capable du pire avec un détachement glacial, son avidité extrême et impatiente domptant sans mal la moindre étincelle de morale au coeur de son âme pourrie jusqu'à la moelle, une perversité assumée que Gilbert filme avec ce qu'il faut d'ironie pour la rendre fascinante, lancée qu'elle est dans un tango terrible avec une nouvelle conquête qui lui donne plus de fil à retordre qu'il ne l'aurait pensé (logique au fond, pour un homme qui pense la femme comme un objet qu'il peut maîtriser et mépriser), et qui fissure lentement mais sûrement son assurance.
Chronique d'un gigolo pas (du tout) rigolo in fine rattrapé pour ses vices, le film, à la fois solidement charpenté par Lewis Gilbert (dans une inversion du regard féminin habituel chez Hitchcock, mais qui partage avec certains de ses efforts, une prévisibilité pas fondamentalement désagréable) et incarné par un Dirk Bogarde aussi séduisant qu'inquiétant, est un petit bonbon de thriller noir à l'humour noir so british qui vaut décemment sa (re)découverte.
Jonathan Chevrier








