[ENTRETIEN] : Entretien avec Marco Nguyen et Nicolas Athane (Jim Queen)
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C’est
une petite bombe d’animation à absolument voir en salle : Jim
Queen est drôle, explosif et étonnamment touchant, trouvant dans son
odyssée pour un remède à une maladie rendant hétérosexuel une lettre d’amour au
milieu queer. À l’occasion de sa sortie en Belgique, nous avons eu la chance de
nous entretenir avec ses réalisateurs, Marco Nguyen et Nicolas Athane.
On a voulu rire d'abord de nous-mêmes, de ce milieu, et on a voulu créer une histoire qui parle de nos problématiques de tous les jours. - Marco Nguyen
Attention ! Il est recommandé d’avoir vu le film avant de lire cet entretien !
Une chose qui est passionnante avec Jim Queen, c’est que le film est résolument politique sans jamais s’excuser, assumant totalement ses intentions et son approche du monde gay, surtout au vu de politiques actuelles de plus en plus rétrogrades.
Marco Nguyen : On a voulu rire d'abord de nous-mêmes, de ce milieu, et on a voulu créer une histoire qui parle de nos problématiques de tous les jours. Et on s'est dit, dans l'intrigue, qu'est-ce qui se passerait si on crée une maladie qui va faire disparaître les homosexuels et les queers ? Et en fait, on avait plutôt à l'époque l'idée de faire de ça une blague. Mais ce qui est fou, c'est que la dégradation du monde actuel envers les droits LGBT et les attaques qui se multiplient font qu'il y a une politisation qui a renforcé ce concept-là alors qu'à la base, c'était un truc qui était un peu fantasmé. Je pense que le projet a appris à gagner en force politique parce que le contexte s'est radicalisé un peu. On a écrit le projet en 2018 et la première idée, c'était de parler de ce milieu avec beaucoup d'autodérision et de parler des normes qu'il y avait dedans. On était homosexuel, on existait, on avait besoin de parler d'autres problématiques, en fait. C'est ça le point de départ. Je ne sais pas si tu veux ajouter quelque chose.
Nicolas Athane : Je ne me rappelle plus si tu l’as raconté mais tu es arrivé avec l’idée « On est arrivé à une période où c'est cool d'être gay. Qu'est-ce que ça donnerait si ça disparaissait, en fait ? » Ça, c'est vraiment l'idée. C'est là que vous avez trouvé, avec Simon (Balteaux, coscénariste) car je n'étais pas encore sur le film à ce moment-là, l'idée de l'hétérose, parce que c'était le concept le plus fort. En fait, l'hétéronormativité, c'est une idéologie de l'élimination de la diversité dans la sexualité, dans toutes les cultures que ça construit. C'est ça, c'est vraiment l'éradication, quoi. À la base, c'était de l'imagination, c'était de l'anticipation, et au fur et à mesure du film, ça s'est concrétisé.
C'est un autre point à souligner : la manière dont vous développez tout l'univers. Il y a vraiment cette manière de développer, de parler de tout ça avec une vraie sincérité. Quel a été le travail pour décrire cet aspect-là du milieu queer mais également pour toujours conserver cette sincérité de ton ?
MN : Déjà, on parle d'expérience personnelle sur tous les plans, donc on n'a pas fantasmé les personnages ni les communautés. On les a juste caricaturés, on va dire. Mais il y a toujours une base de vérité, de réel en-dessous. D'ailleurs, les ours sont d'une vraie communauté. Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas encore quand ils voient le film et qui pensent que ça pouvait être fantasmé. Les sœurs de la Perpétuelle Indulgence existent vraiment. On a vraiment des communautés de Gym Queen qui sortent, qui se réunissent en masse et qui ont tous la même tête, le même format et le même volume. Et ça, ça existe vraiment.
NA : Il y a des gens que tu côtoies parce qu'en tant qu'organisateur de soirées, tous les gens qui ont participé au casting, tous les lieux, ce sont des gens qui sont venus aussi par tes soirées. C'est comme si tu faisais un portrait de famille ou tu visites souvent un copain que tu connais bien, dont tu vas tirer le portrait, mais sans concession. Tu vas le mettre en valeur, mais en même temps, lui dire les trucs qui ne vont pas. Et ça, c'était vraiment la volonté de base.
MN : Et puis montrer qu'en fait, le milieu gay est très peu connu. Nous, on le connaît de tous les jours, mais aux yeux des hétéros, le milieu gay semble être une sorte de mixture entre les bi, les trans, tout le monde se mélange ensemble en vivant la même vie, alors que pas du tout. La culture gay a des sous-cultures méconnues, et nous, on a juste extrait ces choses de notre quotidien. Je pense que c'est ça qui fait qu'on est garant de la sincérité. Et on en a fait une fable à la Game of Thrones ou Seigneur des Anneaux en se disant, on va passer à travers ces communautés pour vous faire vivre, comme dans Ulysses et L’Iliade. C'est une odyssée, en fait, et c'était très jouissif de pouvoir mettre en lumière la richesse de cette culture.
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Le film est très drôle, mais il y a une scène touche beaucoup émotionnellement : cette séquence musicale de Glamydia quand elle fait son dernier show.
MN : En fait, dès le début de l'écriture, c'est-à-dire dès la structure, dès le concept, il y avait la fin non seulement de l'homosexualité et du monde de la culture, mais il y avait la fin des drag queens. Et Glamydia, c'était censé être la dernière drag queen du monde, pour montrer que l'hétérose, au-delà de normaliser, de faire disparaître les homosexuels, faisait disparaître tout un segment culturel. La comédie musicale a toujours été un genre qui a parlé à la communauté gay. Nous, on a été nourris avec des Disney. Nico avait comme référence The Rocky Horror Picture Show, donc c'était un biais d'expression assez naturel. Pour ce qui est de la chanson, j'ai fait pas mal de musique, j'ai vraiment orienté sur le film, donc j’ai dirigé voire composé la musique.
NA : Là, tu as composé trois chansons, notamment la chanson de Lucien, les Gym Queens du début, et celle-là.
MN : Alors, celle-là, j'ai écrit les paroles, j'avais composé une chanson, mais les musiciens l'ont reprise entièrement. Ils ont rechangé l'harmonie, parce que c'était assez classique. Mais en gros, je me suis vraiment investi dans la composition musicale, parce que le film vient à la base d'un court-métrage qui était chanté, composé et écrit par moi. Et le studio d'animation Bobbypills avait aimé ce court-métrage qui s'appelle SLTT Show, le Salut T'es Chaud. C'était un petit clip promotionnel qui parlait de ma vie d'organisateur de soirées aussi.
NA : C'est pour ça aussi que la musique est vachement présente là-dedans, c'est que Marco en fait. Et d'ailleurs, je ne sais pas si tu l'as vu ce clip, mais ce sont les mêmes notes qu' « On est des Gym Queens ». Un truc important, c'est que la drag queen qui chante, Glamydia, c'est une sœur de la perpétuelle indulgence. Et c'est intéressant parce que nous, au début, quand on a commencé à écrire le film, c'était censé être une drag queen, un peu plus comme les drag queens de Drag Race, qui sont dans le show, qui font du spectacle alors que les sœurs de la perpétuelle indulgence ont cet aspect plus associatif. C'est vraiment une association qui existe depuis les années 70 ou 80, et qui était là pour aider pendant l'épidémie de SIDA, de VIH, elles faisaient beaucoup de prévention...
MN : Et même de l'accompagnement, parce qu'elles tendaient la main aux séropositifs alors qu’au sein de la communauté elle-même, il y avait un rejet de la sérophobie. C’étaient les seules qui tendaient la main aux gens qui étaient atteints du VIH.
NA : Et du coup, cette idée de séquence, on l'avait depuis le début, et quand on est passé à mettre les sœurs de la perpétuelle indulgence, elle a pris un niveau émotionnel extrêmement fort, parce que ça fait une référence directe à ça. Quand elle dit « adieu toutes mes sœurs disparues », on fait un lien avec le passé directement, parce qu'elle porte cette charge-là. En plus, ce sont des personnages qui vont aider Jim à prendre conscience qu'il faut agir en se sacrifiant pour lui, donc elles endossent tout ça. Là, je dirais que c'est la partie militante, politique, associative, qui fait que quand tu évolues dans la communauté, enfin, quand t'es gay ou queer, t'es forcément confronté par les discriminations que tu vis. Ces personnes-là endossent l'engagement en fait, et c'est là que Jim switch : il comprend le concept de bienveillance, et là, on arrive vers la fin où il va finir par carrément être sur le char.
MN : Mais sans spoiler ! (rires)
NA : Si tu vois des spoils, tu les coupes, parce que j'ai tendance à spoiler. (rires)
MN : Après, on les voit dans les articles et il y a des gens qui arrivent en disant « Oh putain, le spoil ! »
NA : J'avoue, c'est un super gros spoil, parce que tu te dis jamais, il fait ça en vrai.
Pas de soucis, je mettrai un message pour prévenir des spoilers en préambule ! Quelles ont été les premières intentions par rapport à l'animation ? Elle est hyper vive, on sent quand même quelque chose qui est très dynamique.
MN : On a voulu avoir un truc adulte, déjà. Il y a un langage d'animation adulte. Il faut être sec, aller directement à l’essentiel, être efficace. Ça tombe bien, parce que c'était assez en accord avec notre budget parce qu'on n'avait pas beaucoup d'argent pour faire le film. Mais on est sur un truc de comédie, où les blagues s'enchaînent, et forcément, l'animation doit être rapide et vive, tu vois. Et la couleur, je ne sais pas ce que t'en penses, Nico, mais c'est juste... Déjà, les goûts et les couleurs, c'est un truc personnel. (rires)
NA : Déjà, il faut peut-être parler de Matthieu Saghezchi, parce que c'est lui qui a apporté cette vivacité dans les couleurs et puis ce monde merveilleux.
MN : On avait envie de traduire la flamboyance du milieu, en disant que c'est vif, c'est saturé parce que c'est un univers coloré qui est chaleureux et qui est acide aussi. Tout ça, ce sont des choix artistiques qui doivent toujours correspondre aux propos.
NA : Et donc, Mathieu était le chef colo. On avait fait le storyboard et il a pris chaque case. En fait, il a fait tout le film.
MN : Il a même pris le scénario, tu vois. Et il est parti de celui-ci. En gros, chaque séquence, il met une couleur et c'est comme ça qu'on crée aussi le style.
NA : Et donc, tu vois le portrait du film en couleurs. Alors, tu vois les évolutions. Ce qui est aussi intéressant, c'est vu qu'on traverse des communautés, eh bien, chaque communauté a sa couleur, quoi. Les Bears, c’est marron.
MN : C'est leur drapeau, en fait.
NA : Les kiffeurs, ils ont cette couleur-là
MN : C'est la nuitée mystérieuse.
NA : Alors, c'est surtout parce que Michel est dans le cruising.
MN : On a voulu une séquence mystérieuse...
NA : Et féérique, c'est très Miyazaki. C'est la nuit, il y a des lucioles.
MN : Et Glamydia, c'est rose.
NA : Il y a toujours un code qui correspond à une communauté.
MN : Et l'hétérose est verte. Et à chaque fois, dès qu'il y a ce vert acide, ça sera toujours l'hétérose. Donc, quand Jim fait une crise d'hétérose et qu'il voit du football, c’est vert derrière lui. C'est notre langage qui est un peu inconscient.
Je pensais à un tout autre film, mais La Forme de l'eau utilisait justement la couleur verte pour parler d'une société qui renferme tout ce qui est différent dans une norme, et ça résonne avec ce que vous dites.
NA : Après, on n'a rien contre le vert, de base. (rires)
MN : Non, non, il y a ce vert-là, tu sais. Il y a plein de verts dans le film.
On garde le vert de l'amitié. Et je regrette ce jeu de mots immédiatement.
MN et NA : (rires)
MN : Non, t'as le droit. Ça va, t'inquiète.
NA : C'est une safe place pour les jeux de mots. D'ailleurs, ça, c'est marrant parce que ça marche. Je trouve que les jeux de mots marchent super bien, souvent en séance. Nous, on les mettait parce qu'on aime bien. Et souvent, on se disait que c'était plus pour se faire plaisir, nous. Je sais que Brice (Chevillard, coscénariste) est un gros, gros fan de jeux de mots. Et en fait, on est trop contents de voir que ça marche à fond. Je pense que c'est lié aussi au fait que les gens n'ont pas l'habitude de voir ce genre de trucs au cinéma. C'est le genre de blague que tu gardes entre copains et que tu te dis non, on va pas mettre ça sur un grand écran. Et du coup, il y a un contraste entre ce truc d'aventure et ces blagues.
MN : Peu t'importe !
NA : Tous ces petits trucs.
MN : Je sais pas si tu l'as entendu celui-là, quand t'as un personnage qui fait « Mais pourquoi vous voulez aller chez le docteur Ragoult ? » Et là, t'as Lucien qui fait « Peu t'importe ! Nous devrons y aller ! »
J’avoue avoir pensé ici au livreur avec la licorne…
NA : Et ça, c'est pareil. Alors Marco y tenait à fond. Je sais que Brice était hésitant, en disant que c'est quand même vachement niche comme blague. Mais en fait, ça marche trop bien parce que personne s'attend à ce qu'on fasse une blague aussi potache. Tout le monde se dit « C'est trop marrant que ça y soit parce que c'est assumé ». Genre, on se permet des trucs qui vont peut-être mal vieillir. Mais en fait, c'est pas important. L'important, c'est maintenant. On fait cette blague maintenant parce qu'on a ces références maintenant. Et c'est ça qui fait que le truc est vivant aussi. C'est un peu l'humour Chabat aussi.
MN : Ouais, c'est Chabat et les Nuls.
NA : On est ensemble. On parle de trucs qui ont eu lieu hier. C'est pas grave. On veut que ce soit un spectacle d’aujourd'hui, quoi.
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J'en discutais avec Phuong Mai Nguyen, la réalisatrice du film In Waves : ça fait plaisir d'avoir autant de propositions d’animation francophone aussi différentes.
MN : Ce qui est difficile, c'est qu'entre la réjouissance que tu vois de la diversité et la difficulté que ça a été de monter ces projets, il y a un véritable contraste. C'est très compliqué parce que... Je sais pas si tu veux approfondir, Nico, parce que je...
NA : C'est intéressant parce que tout à l'heure, il y a un journaliste qui nous a dit qu’il était au Cartoon Forum et qu’il y avait plein de projets super. Et puis bon, il y a que le nôtre qui est parvenu à se finir. Déjà, c'est même pas être exposé à Cannes. C'est se finir. En fait, nous, c'est un miracle que le film sorte. Jusqu'à quelques mois avant, on se disait qu’on allait devoir rendre les pinceaux, enfin ici les tablettes graphiques.
MN : Donc, on va devoir faire un arrêt de production. On était au milieu de la production. Les producteurs nous disent « Là, s'il n'y a pas de l'argent qui rentre pour finir le budget, on va devoir arrêter la production au minimum un an ».
NA : Mais je trouve qu'on ne devrait pas s'en enorgueillir. Pour moi, on ne devrait pas être fiers d'être dans cette situation parce que ce n'est pas normal. Par rapport à la qualité artistique des gens qu'on a en France, il y a des films qui mériteraient d'exister, qui n'existent pas parce qu'ils ont été extrêmement durs à financer. Parce qu'il n'y a pas assez de guichets ouverts. En France, on n'a pas eu de diffuseurs. Tu sais, en France, les diffuseurs, les chaînes de télé, c'est 50% du budget. Il y a des conditions qui font que la richesse potentielle culturelle qu'on a pourrait être beaucoup plus exploitée.
MN : Et belge, oui. Parce que là, on parle de ce qui s'est passé en France. Heureusement qu'il existe des aides avec le CNC. La RTBF a été présente dès le départ pour la distribution. Et on a eu des fonds européens parce qu'on a travaillé 30% du film en Belgique.
NA : Tu dis qu'on n'a pas eu de diffuseurs, mais si, on a eu la RTBF. En fait, il a fallu aller hors de France pour avoir une chaîne qui n'ait pas peur de se positionner. Et merci, la Belgique. Parce que ça a participé au fait que le film existe.
MN : C'est sûr. Certes, diversité, beaucoup d'idées. Mais les investisseurs... Enfin, il y a très peu de gens qui possèdent les manettes pour décider de la diversité culturelle, au final. Et nous, si on est sortis, comme dit Nico, c'est parce que c'est un miracle et qu'on s'est battus avec beaucoup de persévérance et des moyens différents. On a fait un financement participatif. On a eu des biais différents de financement. Vraiment, si les gens ne soutiennent pas ce genre de création en se déplaçant au cinéma, les gens ne vont pas en faire plus.
Est-ce qu'il y a un point du film sur lequel vous aurez bien voulu clôturer cette interview ?
MN : Tu veux commencer, Nico ?
NA : Il faut toujours terminer sur un point positif, quand même (rires). Je ne sais pas si on l'a évoqué, mais nous, l'idée, c'est qu'on part d'un milieu précis et on veut inviter le plus de monde possible. C'est vraiment quelque chose que je pense : en partant de trucs précis, les récits doivent changer. Les gens qui font les films, c'est important que ce soient les gens qui vivent les choses, les gens qui soient concernés, mais pas qu'eux. On veut aussi inviter tous ceux qui ne connaissent pas ce milieu. Parce que dans le film, les choses dont on parle, ce sont des choses qui concernent tout le monde. Je ne sais pas si je l'ai bien dit, mais au final, l'important, c'est qu'on soit rassemblés et qu'on pense qu'on peut arriver à une société plus juste. Et ça, je trouve qu'on le sent dans la salle. C'est ça qui est ouf. Ce n'est pas quelque chose de théorique, on a un espoir.
MN :
Je suis d'accord avec toi, ça a été un projet qui a été collectivement écrit,
collectivement fait, et j'ai envie qu'on le vive collectivement aussi. Pour moi, je pense que c'est plus qu'un film,
c'est un événement. Les gens qui vont le voir sortent en riant, en ayant
compris le message de bienveillance, de tolérance et de vivre ensemble. Et
c'est important de se dire que c'est un moment qu'on va tous passer ensemble. On
a envie que les gens vivent ce film. Il faut que les gens vivent le film. Et il
faut qu'ils aillent le voir, parce que ce qu'ils vont trouver dans un cinéma,
c'est bien plus qu'un film simple qu'ils vont voir s'ils le regardent sur un
ordinateur. Ils vont voir une salle qui va vibrer avec eux parce que les gens
applaudissent. Les gens viennent avec leurs drapeaux, ils viennent avec leurs
masques de puppies. C'est un film qui se regarde comme si on allait dans une
grande fête.
Merci
à Valérie Depreeuw d’O’Brother Distribution pour cette interview.









