[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #194. Cocoon

Copyright 20th Century Fox / Zanuck/Brown Productions / St. Petersburg Clearwater Film Commission
Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !
#194. Cocoon de Ron Howard (1985)
La genèse du projet repose sur l’intérêt de Ron Howard pour des récits qui mêlent fantastique et humanisme. Le scénario, écrit par Tom Benedek et basé sur une idée originale, combine science-fiction et drame intime : il ne s’agit pas seulement de créatures extraterrestres, mais d’un catalyseur permettant d’interroger la vie et la vieillesse. Howard souhaitait créer un film où la technologie ou le surnaturel serve de miroir à l’expérience humaine, offrant à ses personnages une seconde chance et une redéfinition de leur rapport à la vie, à l’amour et à la communauté.
Le casting renforce la dimension émotionnelle du récit. Don Ameche, Wilford Brimley et Hume Cronyn incarnent les retraités qui découvrent les cocons et se confrontent aux transformations physiques et émotionnelles que ceux-ci entraînent. Chacun apporte une humanité et une sensibilité qui rendent crédible la métamorphose intérieure et extérieure des personnages. La dimension féminine est représentée par Jessica Tandy et Maureen Stapleton, qui, tout en incarnant des personnages attachants, reflètent également les questionnements affectifs et sociaux autour de la vieillesse, de l’amour et de la solidarité.
Sur le plan technique, Howard exploite un mélange de photographie lumineuse et d’effets spéciaux sobres mais efficaces. Les cocons extraterrestres, l’eau lumineuse et les séquences de revitalisation sont intégrés avec fluidité, sans jamais nuire à l’émotion ni à la crédibilité dramatique. Le montage équilibre moments contemplatifs et scènes de comédie ou de suspense, permettant de maintenir un rythme doux mais constant, où l’émerveillement et l’émotion coexistent harmonieusement. La musique de James Horner souligne l’émerveillement et la tendresse, renforçant l’impression de magie discrète et poétique qui traverse le récit.
Le film développe plusieurs sous-textes. La revitalisation des retraités agit comme une métaphore de la seconde chance, mais également comme une réflexion sur le rapport au temps, à la mortalité et à la vitalité. Le surnaturel sert de projection à la condition humaine : il révèle les désirs, les regrets et les peurs de chaque personnage, tout en valorisant l’importance des relations, de la communauté et de l’amour. La cohabitation avec les extraterrestres, bien que secondaire, offre également une réflexion sur l’altérité et la tolérance, soulignant que le contact avec l’inconnu peut enrichir et transformer l’expérience humaine.
Enfin, Cocoon illustre la capacité de Ron Howard à transformer une intrigue fantastique en une méditation douce sur la vie et la vieillesse pour créer une œuvre optimiste et universelle. Les cocons deviennent alors plus qu’un simple élément de science-fiction : ils sont le symbole de de la possibilité, à tout âge, de renouer avec la curiosité, offrant au spectateur une expérience à la fois magique et profondément humaine. Un film doudou de mon enfance que j’ai toujours autant plaisir à revoir.
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