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[CRITIQUE] : Noise



Réalisateur : Kim Soo-jin
Avec : Lee Sun-bin, Ryu Kyung-soo, Kim Min-seok, Jun Ik-ryoung,…
Distributeur : KMBO
Budget : -
Genre : Thriller, Épouvante-horreur.
Nationalité : Sud-coréen.
Durée : 1h35min

Synopsis :
Ju-young, malentendante, découvre que sa sœur a mystérieusement disparu de son appartement. En cherchant des réponses, elle se heurte à des voisins terrifiés, obsédés par le silence, et à une atmosphère de plus en plus oppressante. La nuit, des bruits inexpliqués résonnent dans l’immeuble déserté, éveillant une présence invisible. Ce qu’elle croyait être une simple disparition devient une plongée terrifiante dans un cauchemar hanté par le silence.





Il y a un mythe, assez récent (pas plus de deux décennies), qu'il est bon de briser tant il est alimenté de manière assez absurde au fil des ans et des productions plus ou moins bien triées sur le volet, pour étayer une hypothétique défense d'opinion : non, le cinéma sud-coréen n'est pas un cinéma qui ne contient que des chefs-d'œuvre en son sein (aucune autre industrie ne peut se vanter de cela non plus, de toute manière).

Fut une époque où, distribution fragile oblige, nous n'avions que des hauts faits ou presque, issus du Pays du matin frais à se mettre sous la dent mais avènement et popularisation de ce dit cinéma aidant, couplé à une explosion des possibilités mises à disposition des spectateurs et cinéphiles (comme les plateformes, Netflix en tête), il est vite devenu évident que tout n'était pas aussi parfait que fantasmer, et que la machine à produire sud-coréenne ne rendait pas forcément les concepts et autres formules familières, plus magiques et digestes passées entre leurs mains (de là à dire qu'il y autant à boire qu'à manger dans cette avalanche de propositions, il n'y a qu'un pas que l'on n'hésite même plus à franchir).

Copyright A2 filmes / KMBO

Place à Noise donc, estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste Kim Soo-jin, dégainé sans tambour ni trompette au coeur d'un mois de juin ciné méchamment écrasé par la chaleur, et qui vient en partie contredire cet avis contrasté au détour d'une séance qui joue à la fois la carte d'une épouvante ronronnante - jusque dans ses sursauts éculés -, et celle d'une gimmick à double tranchant mais original : mettre l'accent sur l'importance crucial du son, au plus près d'une héroïne atteinte de troubles auditifs et lancée à la recherche de sa sœur disparue (qui tentait frénétiquement et désespérément d'insonoriser son appartement des bruits envahissants venus du monde extérieur et de son voisinage).

Où comment partir d'un postulat original (la misophonie comme moteur narratif et technique d'une vraie expérience sensorielle où la peur naît du bruit, existant comme ceux que l'on pense entendre) pour voguer vers une intrigue toute en fausses pistes oscillant entre le thriller psychologique, le drame familialo-intime avec de vraies thématiques contemporaines (les conflits liés aux nuisances sonores entre voisins; la misogynie crasse et décomplexée; la solitude et de l'isolement social qui bouffe toute une nation) et le petit bout de cinéma paranormal à combustion très (trop) lente n'assumant jamais totalement sa révérence aux tropes familiers de la J-horror.

Mais, au-delà de quelques séquences creapys et d'une solide photographie de Jun Hong-kyu (qui tente de tromper le rythme laborieux du récit par une atmosphère oppressante), la balade ne dépasse jamais assez les limites des déséquilibres qu'elle s'impose, narrativement comme du côté de sa mise en scène (sorte de book filmique et expérimental aux transitions brusques), pour pleinement emporter son auditoire et ce malgré un vrai esprit créatif dans sa manière de jouer/triturer le son pour susciter l'effroi.
Une petite déception donc.


Jonathan Chevrier