[CRITIQUE] : La Fin d'Oak Street
Réalisateur : David Robert Mitchell
Avec : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella,…
Budget : -
Distributeur : Warner Bros. France
Genre : Action, Aventure, Science-fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h40min
Synopsis :
Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…
À une heure ou la nostalgie des 80s a sensiblement marqué la dernière décennie (et continue encore un peu, même si le feu allumé par Stranger Things s'éteint peu à peu, et pas forcément de ses plus belles étincelles... comme le show des Duffer), et que celle des 90s commence plus où moins fièrement à lui emboiter le pas (quoique, celle des 2000s aussi), il y a quelque chose d'assez réconfortant au fond, même dans l'opportunisme le plus profond qui caractérise ce revival totalement intéressé, dans l'idée de voir le septième art laisser transparaître avec autant d'entrain et de générosité, son amour pour les péloches Amblin qui ont bercés nos enfances à tous - ou presque.
Une période longtemps raillée par la cinéphilie bien pensante (et qui continue toujours un peu, de s'essuyer les pompes dessus), ou les enfants/adolescents apprenaient la dure loi du passage à la vie d'adulte non sans une bonne (grosse) dose de fantastique, se présentant sous des atours aussi divers qu'enthousiasmant (extraterrestre, petite boule de poils attachantes, créatures mythiques, une machine à voyager dans le temps,...).
Cinéaste sous influence (ce n'est pas totalement un défaut, loin de là), sans doute moins certes qu'un J.J. Abrams qui porte ici la casquette de producteur, David Robert Mitchell n'avait pourtant jusqu'ici pas fait preuve d'une révérence marquée aux productions estampillées " tonton Spielberg ", si ce n'est au-delà de quelques saillies " Dante-esques " dans ses précédents efforts, mais La Fin d’Oak Street peut décemment se voir, avec Super 8 d'Abrams justement, comme la plus belle révérence à ses blockbusters d'époque qui défiait la potentielle absurdité de concepts aussi fous que géniaux (dont les intrigues ne se résumaient parfois qu'à des enchaînements de mini-McGuffins plus où moins faciles), pour composer de vraies expériences divertissantes et ludiques totalement tournées vers leur public, et ce sans pour autant sacrifier un vrai propos critique/satirique derrière.
Avec : Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella,…
Budget : -
Distributeur : Warner Bros. France
Genre : Action, Aventure, Science-fiction.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h40min
Synopsis :
Suite à un étrange événement cosmique, le quartier d’Oak Street se retrouve transporté en un lieu mystérieux. Les Platt, qui ne reconnaissent plus leur environnement familier, ne tardent pas à comprendre qu’il leur faut absolument rester unis s’ils veulent s’en sortir…
À une heure ou la nostalgie des 80s a sensiblement marqué la dernière décennie (et continue encore un peu, même si le feu allumé par Stranger Things s'éteint peu à peu, et pas forcément de ses plus belles étincelles... comme le show des Duffer), et que celle des 90s commence plus où moins fièrement à lui emboiter le pas (quoique, celle des 2000s aussi), il y a quelque chose d'assez réconfortant au fond, même dans l'opportunisme le plus profond qui caractérise ce revival totalement intéressé, dans l'idée de voir le septième art laisser transparaître avec autant d'entrain et de générosité, son amour pour les péloches Amblin qui ont bercés nos enfances à tous - ou presque.
Une période longtemps raillée par la cinéphilie bien pensante (et qui continue toujours un peu, de s'essuyer les pompes dessus), ou les enfants/adolescents apprenaient la dure loi du passage à la vie d'adulte non sans une bonne (grosse) dose de fantastique, se présentant sous des atours aussi divers qu'enthousiasmant (extraterrestre, petite boule de poils attachantes, créatures mythiques, une machine à voyager dans le temps,...).
Cinéaste sous influence (ce n'est pas totalement un défaut, loin de là), sans doute moins certes qu'un J.J. Abrams qui porte ici la casquette de producteur, David Robert Mitchell n'avait pourtant jusqu'ici pas fait preuve d'une révérence marquée aux productions estampillées " tonton Spielberg ", si ce n'est au-delà de quelques saillies " Dante-esques " dans ses précédents efforts, mais La Fin d’Oak Street peut décemment se voir, avec Super 8 d'Abrams justement, comme la plus belle révérence à ses blockbusters d'époque qui défiait la potentielle absurdité de concepts aussi fous que géniaux (dont les intrigues ne se résumaient parfois qu'à des enchaînements de mini-McGuffins plus où moins faciles), pour composer de vraies expériences divertissantes et ludiques totalement tournées vers leur public, et ce sans pour autant sacrifier un vrai propos critique/satirique derrière.
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Le tout en affirmant une personnalité qui lui est propre, gentiment barrée (il nous offre, sans aucun doute, la scène de coït la plus improbable et mémorable de l'année... voire de la décennie) et authentique, tirant le meilleur parti d'un pitch déglingué et excentrique mais néanmoins scolaire (une famille sans histoire mais pas sans heurts, quitte les années 80 pour atterrir avec tout leur quartier, à l'ère jurassique avec ses dinosaures et autres créatures affamées), pour composer une épopée entre la comédie d'aventure familial et le survival SF sous tension aux jolis accents horrifiques (une violence crue qui tranche avec la formule du blockbuster Hollywoodien traditionnel), certes pas exempt de maladresses mais d'une générosité folle et sachant habilement ménager ses rebondissements pour ne pas pleinement se vautrer pellicule la première, avant un dernier virage férocement bordélique (et moralement douteux).
Et une fois encore, difficile de ne pas y déceler l'influence de Joe Dante dans sa manière de s'amuser des tropes du genre pour y faire naître le chaos (mais aussi l'horreur et la tension, distillé par la virtuosité de sa mise en scène), comme dans son regard à la fois lucide et cynique sur l'artificialité des banlieues américaines (dont il transforme tout comme lui, la bienveillance comme la tranquillité apparente en un terrain de jeu angoissé et désopilant, où chacun fait consciemment la sourde oreille aux malheurs des autres) mais surtout sur le vide abyssale des préceptes inhérents à l'American Dream (cette nécessité aveugle de devoir sauver les apparences comme de réussir, les craintes et les défis d'être un père, une mère, un enfant,...), accoudée à une famille désemparée dont le lien émotionnel s'effrite sous le poids des bouleversements multiples (crises adolescentes et existentielles, difficulter à joindre les deux bouts, un manque de communication béant... des maux universels), mais qui va réussir ressouder son socle imparfait au moment même où elle est le plus acculée.
Même s'il n'atteint jamais la puissance dramatique et émotionnelle de ses aînés (dont Super 8, l'héritier - presque - trop parfait), la faute à une volonté de mener tambour battant son odyssée spectaculaire, à défaut de se donner le temps nécessaire pour laisser respirer son histoire et ses personnages (et encore plus quelques pistes narratives qu'il ne se donne même pas la peine de développer), La Fin d’Oak Street n'en reste pas moins un sacré OFNI rafraîchissant dans le paysage Hollywoodien, aux qualités détonnantes, allant d'une Anne Hathaway badass à souhait (qui contrebalance par son jeu nuancée d'une mère déboussolée et en quête d'ailleurs - mais néanmoins véritable pilier de sa famille -, celui affreusement approximatif des plus jeunes), à un Michael Giacchino qui sort son plus beau violon John William-esque (un score bien, bien plus entraînant que celui qu'il a signé pour Spider-Man : Brand New Day).
Sans doute meilleur film Jurassic Park depuis Le Monde Perdu, voire même le meilleur film Jumanji depuis... Jumanji.
Jonathan Chevrier









